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La jeune danseuse et influenceuse Jeny Bonsenge victime de violences conjugales

La jeune danseuse et influenceuse Jeny Bonsenge, avec à droite de la photo, l'image de son visage telle que publiée sur son compte Instagram.  
La jeune danseuse et influenceuse Jeny Bonsenge, avec à droite de la photo, l'image de son visage telle que publiée sur son compte Instagram.  
© Instagram Jeny Bsg

Ce dimanche, la jeune danseuse et influenceuse belge d’origine congolaise, Jeny Bonsenge, a publié sur son compte Instagram, une photo montrant les conséquences des violences que son ex-fiancé lui aurait infligées. Aujourd’hui âgée de 27 ans, Jeny Bonsenge s’est fait connaître en 2019, grâce à la vidéo de sa chorégraphie de la chanson congolaise « La Katangaise », réalisée avec la jeune Belge Anaé qui avait alors 9 ans. Un buzz quasi planétaire qui l’a propulsée la même année sur le plateau de la célèbre animatrice américaine Ellen DeGeneres.
 

La jeune danseuse, chorégraphe et influenceuse bruxelloise Jennifer Mboyo Bonsenge, plus connue sous son nom d’artiste Jeny Bosenge, ou encore Jeny Bsg, a posté ce dimanche sur son compte Instagram, une photo de son visage tuméfié, avec un œil bien mal en point.

"JE N’AI PLUS PEUR DE PARLER !"

Dans un long message qui accompagne cette photo, la jeune femme affirme avoir été battue par son ex-fiancé dont elle serait séparée depuis peu. « JE N’AI PLUS PEUR DE PARLER ! Subir différentes formes de violences tout le long d’une relation et rester sous silence. Pardonner, accepter, supporter, et retomber amoureuse, penser que tout ira mieux... Avoir peur de parler, avoir peur de la réaction des gens. Avoir peur des menaces. Avoir peur de sortir. Avoir peur de nuire à quelqu’un et à sa carrière.  Avoir peur de mourir si l’on parle. », a-t-elle écrit.

Le coup que j’ai reçu c’était le DERNIER ! C’était le coup de TROP.

Jeny Bonsenge, danseuse et influenceuse

A la lecture de la suite du texte publié par Jeny Bonsenge, l’on comprend qu’elle n’en était pas à ses premières violences de la part de son ex-fiancé. Et voici ce qu’elle dit : « Le coup que j’ai reçu c’était le DERNIER ! C’était le coup de TROP. Et c’est celui qui m’a permis de me réveiller et sortir de cette emprise. Ma vie ne s’arrête pas là. Ma vie ne s’arrête pas au mariage j’ai tellement de talent, tellement d’autres choses beaucoup plus positives et ambitieuses à partager avec vous. PLUS JAMAIS ÇA. »

Avec plus d’un million d’abonnés sur Instagram, la publication de Jeny Bonsenge a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant majoritairement des réactions indignées. Activiste culturelle et programmatrice de l’Afropolitan Festival au Palais des Beaux-Arts (Bozar), à Bruxelles, où elle a invité Jeny Bonsenge il y a quelques mois, la franco-togolaise Ayoko Mensah se dit choquée par cette histoire.
En plus de son soutien, elle tient à saluer le courage de Jeny Bonsenge : « Avec sa popularité, si elle décide de parler, malgré la peur, les menaces de son mari… c’est la preuve que ces problèmes de violences conjugales existent partout, dans toutes les sociétés et à tous les âges. »

Le soutien des associations féministes belges

Même son de cloche de la part de Mireille-Tsheusi Robert, présidente de l’association belge Bamko, centre féministe de réflexion et d’action sur le racisme anti-Noir.e.s : « La célébrité, le succès, la visibilité que peuvent acquérir les femmes ne les protègent en rien de leurs potentiels bourreaux. Elles sont parfois plus exposées que les autres, parce que les positions de pouvoir d’une femme peuvent parfois déstabiliser la masculinité de certains hommes. »


Les violences faites aux femmes restent largement banalisées et invisibilisées, comme si elles étaient exceptionnelles, alors qu'elles gangrènent toute la société et que toutes les femmes sont concernées. 

Céline Caudron, coordinatrice nationale de l’association féministe belge Vie Féminine

Par ailleurs, Mireile-Tsheusi Robert tient à saluer le courage de Jeny Bonsenge qui, en rendant publiques les violences conjugales auxquelles elle est confrontée, pourrait aider d’autres femmes à libérer leur parole.
Une position que partage Céline Caudron, coordinatrice nationale de l’association féministe belge Vie Féminine : « Il n'est jamais évident de dénoncer des violences conjugales qu'on vit, et encore moins de le faire en public, notamment parce qu'on s'expose ainsi à de nouvelles violences venant de celles et ceux qui ne nous croient pas. Les violences faites aux femmes restent largement banalisées et invisibilisées, comme si elles étaient exceptionnelles, alors qu'elles gangrènent toute la société et que toutes les femmes sont concernées. » 

Le message posté par le compagnon de Jeny Bonsenge sur Instagram. 
Le message posté par le compagnon de Jeny Bonsenge sur Instagram. 
© Capture d'écran

L'ex-fiancé de Jeny Bonsenge, un comédien connu en Belgique sous le nom de « docteur idéologie », a lui aussi publié un message sur son compte Instagram, niant toute violence à l’encontre de Jeny. Cette dernière précise dans le texte qui accompagne sa photo, qu’elle n’a qu’un souhait à présent : se libérer de l’emprise de son ex-fiancé.