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La scolarité des étudiants africains menacée par la hausse des frais universitaires en France

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©P.Randrianarimanana

La nouvelle en début de semaine a fait l'effet d'un choc auprès des étudiants africains. Les droits d'inscription universitaires vont être multipliés par dix pour les non européens, et ce dès la rentrée 2019. Les étudiants africains représentent près de la moitié des étudiants étrangers en France. Témoignages. 

Tout comme sa colocataire et amie Faguey, Aminata poursuit son idéal à des milliers de kilomètres de chez elle à la Cité universitaire internationale de Paris. Mention très bien au bac à Dakar, bourse d'excellence du Sénégal, elle peut subvenir aux 650 euros de loyer et finir sa licence de sciences sociales et politiques. Sportive, impliquée dans la vie de sa résidence, Aminata se destine aux métiers de l'humanitaire. Un rêve peut-être compromis par l'augmentation des droits d'inscription pour les étudiants non européens, multipliés par dix voire quinze dès l'année prochaine.
 

Comme je compte faire un Master, je vais être directement concernée. Et ça risque d'être compliqué. Je comptais aller au Sénégal, je faisais des petites économies pour pouvoir me payer le billet. Donc, tout va être remis en question. C'est vraiment un chamboulement. 

Aminata Niang, étudiante sénégalaise à l'Université Paris Sciences et Lettres
Anicet connaît cette résidence comme sa poche, il a vécu quatre ans ici, au coeur de ce creuset parisien d'étudiants étrangers, issus de 140 nationalités. Depuis la fin de sa bourse, ce doctorant ivoirien travaille, en même temps il termine sa thèse de communication politique à la Sorbonne. Il échappe donc à la hausse des frais d'inscription, mais il dénonce vigoureusement une mesure discriminatoire.
 
Pour les étudiants africains, ça va de plus en plus nous précariser. Nous étions déjà dans une situation compliquée en ce qui concerne les procédures administratives.

Anicet Marahoua, Doctorant ivoirien à La Sorbonne

Près de la moitié des 300 000 étudiants étrangers en France sont africains. Officiellement le gouvernement français veut attirer les étudiants d'Inde, de Chine ou de Russie. Pour Aminata, Anicet et les autres, c'est un désavoeu brutal.