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La Suisse dans la course au traitement anti-Covid

© AP Photo/Elise Amendola
© AP Photo/Elise Amendola

La Suisse lance un projet destiné à soutenir le développement de quatre médicaments anti-Covid avec des entreprises biopharmaceutiques suisses. Le ministère de la Santé de la Confédération a signé ce 13 décembre des contrats pour un montant total de 25.9 millions d’euros.

La Suisse va-t-elle rattraper le retard de son industrie pharmaceutique ? Les laboratoires suisses n’avaient pas encore de traitements à proposer pour soulager les malades du Covid alors que les deux géants américains du médicament Merck et Pfizer attendent l’autorisation de la FDA, l’autorité américaine, d'ici la fin du mois pour lancer les leurs.

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La Confédération annonce ce 13 décembre avoir signé des contrats avec quatre entreprises biopharmaceutiques pour un montant total de 27 millions de francs suisses (25,9 millions d'euros).

Des anticorps monoclonaux

Un premier projet porte sur le développement d'un anticorps monoclonal pour soigner le Covid long avec la société genevoise GeNeuro.

Le deuxième projet se fonde sur une association médicamenteuse orale à activité antivirale et anti-inflammatoire pour les aspects sévères de l'infection avec l'entreprise bâloise Kinarus.

Le troisième projet va développer un anticorps monoclonal, administrable par inhalation ou intraveineuse, pour les patients susceptibles de développer une forme sévère de l'infection. Il est porté par l'entreprise zurichoise Memo Therapeutics AG.

Des traitements pour fin 2022

Le quatrième projet concerne un vasodilatateur pulmonaire oral destiné à prévenir l'insuffisance respiratoire et réduire le besoin de ventilation mécanique en cas d'hospitalisation. Il sera produit par la société biopharmaceutique bâloise Noorik Biopharmaceuticals.

Les médicaments devraient être disponibles d'ici la fin de l'année 2022, précise le communiqué de l'Office fédéral de la santé publique.

Ces projets sont un espoir pour l’industrie pharmaceutique suisse qui récemment avait essuyé quelques échecs.

L'échec de Roche

Mi-novembre, le géant Suisse Roche avait interrompu la collaboration avec son partenaire américain Atea Pharmaceutical. Son antiviral oral contre une forme de Covid-19 n’avait pas passé la phase 2 des essais cliniques. Le géant pharmaceutique bâlois s’était associé au laboratoire américain il y a un an, avec un paiement initial de 317 millions de francs.

Molecular Partners à Zürich connait un échec au même moment. Le comité de surveillance et de suivi (DSMB) de l’étude clinique de phase 3 du traitement "ensovibep" a recommandé d’arrêter le recrutement de patients atteints du Covid-19. Pourtant en juin 2021, l’Autorité américaine des médicaments avait encouragé son développement en lui décernant un statut de "procédure rapide". Cet échec est aussi celui de Novartis, le groupe bâlois, qui s’était associé avec Molecular Partners dans ce projet.

Le Molnupiravir de Merck approuvé

Pendant ce temps, le Molnupiravir de Merck a été approuvé début novembre au Royaume-Uni. Aux États-Unis, alors même qu’il est en attente d’autorisation, le Département de la santé a déjà conclu une précommande de 1,2 milliard de dollars pour acquérir 1,7 million de doses.

La société genevoise Relief Therapeutics était en bonne voie. L’une des molécules dont elle est propriétaire était pressentie comme efficace contre la détresse respiratoire provoquée par le coronavirus. Depuis l’été, elle a rompu avec son partenaire, l’américain Nrx avec qui elle est désormais en procès comme nous l'apprend le quotidien suisse Le Temps. Elle lui reproche de refuser de lui délivrer toutes les données issues de ses tests outre-Atlantique. Le Nrx s’est vu refuser l’autorisation d’urgence pour son remède par la FDA.

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Relief Therapeutics a tout de même enregistré un succès d’étape. Elle a revendiqué le 17 novembre des données intermédiaires concluantes pour le spray nasal Sentinox développé par sa filiale tessinoise Applied Pharma Research contre le Covid-19 selon le quotidien suisse Le Temps.

La pharmacie est un des piliers de l'économie suisse. Si les entreprises les plus connues sont les géants Novartis et Roche, l'économie s'appuie aussi des nombreux laboratoires de plus petite taille. 

L'an passé, les exportations du secteur de la chimie et de la pharmacie se montaient à 116 milliards de francs suisses, les médicaments représentant à eux seuls 20% des exportations du pays alpin.