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Laïcité : comment est-elle appliquée en France, Belgique, Suisse, Québec ?

La question du voile et de la laïcité agite à nouveau la France. La laïcité s'oppose à la reconnaissance d'une religion d'État. Toutefois, le principe de séparation entre l'État et les cultes peut trouver des applications différentes selon les pays. Tour d'horizon en France, Belgique, Suisse et au Québec.

La laïcité "à la française" étonne souvent vue de l'étranger. Elle est régi par trois grands principes : la neutralité de l'Etat, qui ne reconnaît aucune religion, la liberté de conscience et le pluralisme religieux.

Dans les faits, les autorités doivent assurer l'égalité à tous leurs citoyens quelle que soit leur croyance ou absence de croyance. Les services publics et leurs agents ont interdiction d'arborer un signe religieux. Cela ne concerne pas les usagers. A une exception : les élèves d'écoles, collèges et lycées ont interdiction de manifester leur appartenance à un culte. 

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En Belgique, six religions sont reconnues officiellement. Les prêtres, pasteurs, imams et rabins perçoivent un salaire de l'Etat fédéral. Les édifices religieux peuvent être financés par les pouvoirs publics.

En Suisse, la Constitution fédérale impose l'égalité de traitement. Mais chaque canton applique une politique différente. Pour le canton de Genève, on parle, par exemple, de "laïcité d'abstention". Le culte n'est ni encouragé ni découragé. Le port de signes extérieurs religieux est interdit aux fonctionnaires en contact avec le public. D'autres cantons en revanche donnent un traitement préférentiel à une religion.

>>> Les invités de TV5MONDE : Yasser Louati, directeur du Comité Justice & Libertés Pour Tous, M'jid El Guerrab, député des Français du Maghreb et d'Afrique de l'Ouest et Pierre Bosset, professeur de droit public au Département des sciences juridiques de l'Université du Québec à Montréal : 

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Au Canada, l'Etat n'est pas laïc, il reconnaît toutes les religions et se place en arbitre neutre. Une position dont s'est départi le Québec il y a quelques mois. Le province francophone a voté la loi 21 en juin 2019. Elle interdit les signes religieux à certains fonctionnaires en position d'autorité, comme les policiers, les juges ou les enseignants. Une loi contestée au niveau fédéral, notamment par l'actuel Premier ministre Justin Trudeau.