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"Le bon espoir" de rouvrir pour des magasins de jouets de Rennes

La vitrine d'un magasin de jouets à Paris, le 10 novembre 2020
La vitrine d'un magasin de jouets à Paris, le 10 novembre 2020
afp.com - JOEL SAGET
Le Premier ministre Jean Castex a évoqué une réouverture des commerces "autour du 1er décembre" siles indicateurs sanitaires s'améliorent
Le Premier ministre Jean Castex a évoqué une réouverture des commerces "autour du 1er décembre" siles indicateurs sanitaires s'améliorent
afp.com - JOEL SAGET
Dans un magasin de jouets à Paris, le 16 décembre 2019
Dans un magasin de jouets à Paris, le 16 décembre 2019
afp.com - Aurore MESENGE

A un mois de Noël, Amélie Raud, cogérante d'un magasin de jouets à Rennes, a "bon espoir de rouvrir" le 1er décembre. Elle sait qu'elle "ne rattrapera pas" le chiffre d'affaires perdu mais est impatiente de renouer avec "ce qui lui manque", le contact des clients.

Auprès de l'AFP, elle se dit "stressée, angoissée" mais "continue de croire que les commerces vont rouvrir" avec l'amélioration de la situation sanitaire.

Son confrère Aymeric Leconte, à la tête d'une "institution" familiale du jouet fondée il y a plusieurs générations, estime lui aussi que "pour sauver Noël, il faut ouvrir le plus vite possible".

Vendredi le Premier ministre Jean Castex a évoqué une réouverture des commerces "autour du 1er décembre". Cette date, "c'est le minimum syndical", estime M. Leconte.

Car malgré le click and collect, "les messages de sympathie", le soutien de "clients militants", les chiffres sont là. "Noël c’est 30% du chiffre d'affaires annuel et le 20 novembre on est à peine à 12%", explique Mme Raud. Les six employés de son magasin La Courte échelle, dans le centre-ville, travaillent aujourd'hui à temps partiel.

Dans les trois magasins gérés par M. Leconte, adhérent au groupement d'achats JouéClub, "Noël représente 50% du chiffre d'affaires annuel". "Avec le click and collect, on fait 35%, c’est insuffisant", dit-il. Il a dû mettre "70% de ses salariés" au chômage partiel.

Et même si l'ouverture est autorisée le 1er décembre, Amélie Raud est formelle: "il sera impossible de rattraper" ce qui aura été perdu en novembre.

Si le click and collect permet de tenir, il a aussi ses exigences: journées plus longues, conseils au téléphone, mise en valeur des produits sur les sites et les réseaux sociaux, manutention importante...

Dans le vaste magasin d'Aymeric Leconte, près de Rennes, cinq personnes dont lui-même, s'activent à préparer les commandes, faire les paquets cadeaux "avec le prénom de l'enfant", parcourir, le téléphone à l’oreille, les rayons des 1.600 m2 du site.

- "la survie de certains emplois en jeu" -

Il leur faut slalomer entre les cadeaux empaquetés qui s'amoncèlent sur le sol. "Impressionnant mais trompeur", dit le patron. "En réalité, ici vous avez l'équivalent d'une centaine de commandes, quand habituellement vous faites à peu près 300 clients par jour".

La commande en ligne, "cela fait trois ans qu’on en fait mais il a fallu gérer cet afflux de commandes", dit M. Leconte.

Pour Mme Raud, cela a été plus compliqué. Pour répondre à la demande grandissante des clients, elle a appris à poster régulièrement des photos de ses produits sur les réseaux sociaux. Mais cela ne fait pas tout. "Le rapport direct nous manque énormément, c’est frustrant", dit-elle.

"Je suis vendeuse, j’aime conseiller, j’aime vendre, j’ai hâte que le magasin rouvre. Noël, c’est une très bonne période, même si elle fatigante", confie aussi Françoise, salariée de longue date dans l’entreprise Leconte.

Pour une ouverture le 1er décembre, ces commerçants assurent qu'ils sont prêts. Amélie Raud promet même que l'on pourra "toucher les doudous" à condition bien sûr de porter le masque et d'avoir nettoyé ses mains à l'entrée. Et les paquets cadeaux se feront dans la cour extérieure.

"On a suffisamment d'espace, on est suffisamment équipés... on est capable même de protéger encore un peu plus les rayons pour éviter que les gens touchent les boites un maximum.", promet Aymeric Leconte.

Reste l'inquiétude face à l'avenir.

"Même si nous sommes une vieille société rennaise, on est fragile", reconnait Aymeric Leconte, qui entend solliciter un prêt garanti par l’État. "On est dans un état d'esprit de survie".

Quant à Amélie Raud, elle confie qu'elle "ne dort pas très bien". "La survie de l’entreprise n’est pas menacée mais c'est la survie de certains emplois qui est en jeu et c’est un crève cœur pour un chef d’entreprise".