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Le Canada inaugure une banque d’ADN de la faune et de la flore du monde entier

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© TV5MONDE / Catherine François

Le musée canadien de la Nature a inauguré, en septembre dernier, une cryobanque. Une banque de données cryogéniques comprenant des dizaines de milliers d'échantillons d’ADN d’espèces végétales et animales que l'on trouve au Canada mais aussi ailleurs dans le monde. Une banque de données essentielle pour la science, l’étude de la biodiversité et sa préservation. 

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Cette cryobanque a été aménagée dans les locaux de recherche du musée canadien de la Nature, situé à Gatineau, au Québec, juste en face d’Ottawa, la capitale canadienne.

Dans une petite salle, six congélateurs à la technologie de pointe ont été installés, fabriqués aux Etats-Unis. Ils permettent de préserver des échantillons d’ADN à des températures de 170 degrés celsius. 

 
Les six congélateurs qui contiennent les échantillons sont de fabrication américaine. Ils contiennent actuellement 22 000 échantillons mais ils peuvent en contenir jusqu'à 200 000 au total. 
Les six congélateurs qui contiennent les échantillons sont de fabrication américaine. Ils contiennent actuellement 22 000 échantillons mais ils peuvent en contenir jusqu'à 200 000 au total. 
© TV5MONDE / Catherine François

« Ce sont des échantillons de tissus, des tissus des animaux et de plantes, qu'on peut utiliser comme source d'ADN pour faire des analyses génétiques », explique Roger Bull, directeur des opérations de la cryobanque et instigateur de ce projet, il y a une dizaine d’années. 

Pour l’instant, la banque contient 22 000 échantillons mais sa capacité maximale est de 200 000 échantillons. 7000 de ces échantillons ont été fournis par Parcs Canada, le reste provient d’autres agences gouvernementales, d’universités, de projets de recherches au Canada et à l'étranger. Cette cryobanque est d’ailleurs ouverte aux scientifiques du monde entier. 

Des chercheurs du monde entier

L’installation de cette banque de données cryogéniques a pu se faire grâce à un don privé fait au musée par la famille Ross Beaty en février 2017. Dans cette aventure cryogénique, il n’y a donc pas d’investissement public ce qui enthousiasme les deux scientifiques du musée.
 

Le but est de préserver les échantillons mais aussi d'avoir des chercheurs autour du monde qui vont utiliser les collections pour faire des recherches d'ADN qui peuvent nous donner des idées de comment conserver les espèces.

Roger Bull, directeur des opérations de la cryobanque.

Kamal Khidas, conservateur des collections des vertébrés du musée, est ravi que le musée se soit doter de ce nouvel outil, « avec cette banque, ce qu'il y a de particulier, c'est que nous allons préserver des échantillons frais, et avec des échantillons frais nous avons de l'ADN de très grande qualité. L'ADN nous fournit des informations capitales pour comprendre l'évolution des espèces et comprendre aussi les relations qu'il y a entre les différentes espèces, les relations de parenté, de filiation. C'est absolument fabuleux parce qu'on se donne des moyens pour aller plus en profondeur pour comprendre ces mécanismes de l'évolution et découvrir de nouvelles espèces ». 
 

Quelques exemples de spécimens végétaux cueillis dans l'Arctique canadien.
Quelques exemples de spécimens végétaux cueillis dans l'Arctique canadien.
© TV5MONDE / Catherine François

Le conservateur du musée compte enrichir la collection d’échantillons en prélevant de l’ADN dans les os, les peaux et les follicules de poils des spécimens de la collection des vertébrés du musée. 

Cette cryobanque est donc un nouvel outil pour la communauté scientifiques canadienne et du monde entier qui va aussi permettre de préserver des échantillons d’ADN d’espèces menacées de disparition.