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Le Canada isolé dans son bras de fer avec l'Arabie saoudite

Le Canada de Justin Trudeau semble être "lâché" par ses alliés dans la crise diplomatique qu'il subit face aux Saoudiens.
Le Canada de Justin Trudeau semble être "lâché" par ses alliés dans la crise diplomatique qu'il subit face aux Saoudiens.
AP/ Charles Krupa

La crise diplomatique entre le Canada et l’Arabie saoudite s’envenime. Ryad annonce de nouvelle mesures de rétorsion contre le Canada. Les alliés traditionnels d'Ottawa gardent un silence assourdissant.

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La crise diplomatique entre le Canada et l’Arabie saoudite s’envenime : les Saoudiens ont en rajouté en déclarant qu’une médiation était inutile pour résoudre le contentieux parce que c’était au Canada de « rectifier son énorme erreur ». Le gouvernement Trudeau, de son côté, maintient qu’il va continuer à défendre clairement et fermement les droits humains dans le monde, mais il semble prêcher dans le désert, car le silence de ses alliés est, disons, assourdissant…
   

D’autres mesures de rétorsions à venir ?

 « Le Canada sait ce qu'il doit faire. C'est le Canada qui a commencé  tout ça et c'est à lui de trouver une issue. Une erreur a été faite et elle doit être corrigée. C'est très simple, ce n'est pas un cas de médiation » a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères. Ryad parle de mesures de rétorsion supplémentaires à venir contre le Canada – le régime saoudien a déjà expulsé l’ambassadeur canadien, rappelé le sien, gelé toute transaction commerciale et mis fin aux programmes d’échanges d’étudiants avec le Canada. La compagnie aérienne Saudia a aussi suspendu ses vols sur Toronto, le régime saoudien va même jusqu’à réclamer le transfert de tous les patients saoudiens traités dans les hôpitaux canadiens. 
Ensaf Haidar présente un portrait de son mari Raif Badawi, bloggeur soaoudien persécuté par le régime. Le Canada a pris également la défense de sa soeur, privée de liberté.
Ensaf Haidar présente un portrait de son mari Raif Badawi, bloggeur soaoudien persécuté par le régime. Le Canada a pris également la défense de sa soeur, privée de liberté.
AP/Christian Lutz
 

Le Canada persiste… et signe

« Le Canada va toujours parler fermement et clairement en faveur des droits humains, en privé et en public, a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau. Les Canadiens s’attendent à ce que leur gouvernement parle clairement, fermement et poliment au niveau des droits humains et du respect des droits humains dans le monde et nous allons continuer à le faire ».

Justin Trudeau a précisé que son gouvernement poursuivait les discussions avec le régime saoudien pour régler ce différend diplomatique : « on continue à parler avec les autorités saoudiennes, on ne veut pas avoir de mauvaises relations avec l’Arabie saoudite, qui est un pays qui a une certaine importance et qui fait des progrès, mais nous allons continuer à souligner les défis là où il y en a ».

De son côté, la ministre canadienne des Affaires étrangères a répété lundi : « Le Canada défendra toujours les droits humains au Canada et ailleurs dans le monde. Et les droits des femmes sont des droits humain ».
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Radio-Canada


Silence des capitales occidentales

Les Saoudiens ont reçu le soutien de Moscou dans leur bras-de-fer avec les Canadiens. Une porte-parole du ministre russe des Affaires étrangères a déclaré : « Nous avons toujours dit que la politisation de la question des droits de l’Homme était inacceptable. Ce dont on a besoin dans cette situation est de conseils constructifs et  d’assistance et non de critique d’un supérieur moral ».

Par contre, silence radio dans les capitales occidentales, Paris, Londres, Washington : les alliés du Canada ne se bousculent pas au portillon pour lui apporter leur soutien, laissant ainsi Justin Trudeau et sa ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland isolés sur la scène internationale. Invité à commenter ce silence, notamment des États-Unis, Justin Trudeau s’est montré prudent et diplomate, en invoquant le droit à chaque pays de commenter ou non telle ou telle situation.

Le Canada va-t-il manquer de médecins ?

Près de 800 médecins résidents saoudiens du Canada, dont 225 dans le réseau de l'Université McGill, vont quitter le territoire. Le royaume wahhabite a demandé le retour au pays de tous ses étudiants étrangers. Il y aurait actuellement au Canada 796 médecins résidents saoudiens qui effectuent leurs études postdoctorales, notamment dans les hôpitaux universitaires, selon les estimations du Répertoire canadien sur l’éducation post-Master Degree (RCEP).

Conséquences des mesures saoudiennes

Notre correspondante Catherine François revient sur les conséquences au Canada de ces mesures saoudiennes :