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Le Canada veut un accord "gagnant-gagnant" avec les États-Unis

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Les négociations entre le Canada et les États-Unis pour moderniser le traité de libre-échange nord-américain (ALENA) ont été brutalement interrompues vendredi, mais les négociateurs des deux pays sont convenus de reprendre leurs tractations dès mercredi prochain.

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Les discussions semblaient sur le point de déboucher sur un accord quand Donald Trump a jeté un pavé dans la mare en affichant une ligne intransigeante envers Ottawa.

Selon le quotidien canadien Toronto Star, le président républicain a confié à ses interlocuteurs que l'administration entend ne faire aucun compromis avec le Canada et qu'un accord potentiel se fera « uniquement à nos conditions ». Donald Trump souligne qu'il s'abstient de le dire publiquement, car « ce serait si insultant qu'ils ne pourront pas trouver d'accord ». Le président américain avait confirmé plus tôt dans un tweet des propos très durs tenus à l'égard de son principal partenaire commercial ayant fuité, malgré lui, dans la presse.
Le locataire de la Maison-Blanche s'est indigné que ses propos tenus en toute confidence devant des journalistes aient été publiés, mais « au moins, le Canada sait à quoi s'en tenir! », a-t-il dit.
 

Pas de concession du côté du Canada

« Le Canada est un pays habile pour trouver des compromis gagnant-gagnant. Ceci étant dit, dans une négociation, nous nous battons toujours dans l'intérêt national », avait déclaré dans la matinée Chrystia Freeland la ministre canadienne des Affaires étrangères.

Pas d'accord est mieux qu'un mauvais accord.Justin Trudeau, Premier ministre Canadien

Son ton tranchait déjà très nettement avec celui de la veille, quand elle parlait d'« optimisme » et soulignait la bonne volonté des deux parties pour arriver à un accord. De son côté, le premier ministre canadien Justin Trudeau a estimé qu'il était toujours « très possible d'avoir un accord qui fonctionne pour tout le monde ».

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Échéance politique

Le président américain avait imposé comme date butoir vendredi pour trouver un compromis. Vendredi est une échéance butoir à double titre: d'une part, un nouveau texte doit être soumis au Congrès américain pour respecter un délai de 90 jours donnant la possibilité d'une approbation d'un nouveau texte par la majorité actuelle.

Les grandes lignes d'un nouvel ALENA comprennent de nouvelles dispositions sur le commerce de l'automobile, avec un pourcentage plus élevé de composants produits localement, des protections plus strictes pour les travailleurs et une disposition permettant de revoir l'accord tous les six ans. Chrystia Freeland avait révélé que le Canada et les États-Unis étaient déjà arrivés « à un accord de haut niveau » concernant l'automobile au printemps.

Sur le front politique, l'équation est à haut risque pour le chef du gouvernement canadien Justin Trudeau. Des élections doivent avoir lieu dans un an et il lui faut éviter d'apparaître comme capitulant devant le président américain.