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Le commandant de Barkhane accuse le groupe russe Wagner de "prédation" au Mali

Des soldats français de la force Barkhane, ayant achevé une mission de quatre mois au Sahel, quittent leur base à Gao au Mali, le 9 juin 2021. 
Des soldats français de la force Barkhane, ayant achevé une mission de quatre mois au Sahel, quittent leur base à Gao au Mali, le 9 juin 2021. 
AP Photo/Jerome Delay,File

Le commandant de la force française Barkhane, le général Laurent Michon accuse le groupe paramilitaire russe Wagner de "prédation"au Mali. Le général compare le groupe à un "dealer" de drogue dans sa façon d'agir lors d'une conférence de presse à Ouagadougou ce jeudi 21 juillet. 

"Le code minier au Mali a changé et désormais (...) un certain nombre de dispositions ont été prises pour exploiter trois sites d'or par Wagner. Cela s'appelle de la prédation sonnante et trébuchante" déclare le général Michon lors d'une conférence de presse. 

Il va falloir "commencer à payer 

Selon le commandant de la force Barkhane le général Michon, le changement du code minier au Mali "veut dire que, désormais, il va falloir commencer à payer" les mercenaires russes du groupe. Les effectifs de Wagner sont estimés "à un peu plus d'un millier d'hommes, déployés en six mois au fur et à mesure au centre du Mali et à l'est". 

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Le général Michon affirme que le groupe utilise le "principe du dealer" de drogue "en offrant une première dose gratuite au Mali: une protection contre les méchants Français [...] et des résultats rapides". "Dans le centre du Mali, ils ont fait 200 prisonniers, tous exécutés dans la foulée. C'est du résultat rapide de mercenaires"ajoute-il. 

Un soutien français "à la carte" 

Concernant la décision de retirer Barkhane du Mali, le général Michon soutient qu'elle n'était "pas liée à l'arrivée de Wagner, mais à la fuite en avant de Bamako, aux expressions de nous voir partir sans délai". "L'intention de rester en soutien (des forces locales) demeure selon des schémas différents, à géométrie variable, mais toujours en coordination avec les armées des pays qui en font la demande", rappelle le général. 

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Il s'agit désormais d'offrir "un soutien à la carte, en s'adaptant avec souplesse aux intentions de tel ou tel pays, différentes selon les capitales. Nous saurons nous adapter à cela" affirme Laurent Michon. Selon lui, le format et le dispositif à venir de Barkhane étaient toujours en cours d'élaboration.

Barkhane vers l'allié nigérien ?

La force Barkhane est poussée hors du Mali par la junte militaire au pouvoir à Bamako depuis 2020. Elle finalise actuellement l'évacuation de ses matériels dont une partie transite par le nord-ouest du Niger proche de la frontière malienne.

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Seuls 2 500 militaires français devraient rester au Sahel à l'issue de ce repli. De nouvelles phases de coopérations renforcées souvrent avec les autres pays de la région, en particulier avec le Niger. L'Etat-major fait savoir que ces coopérations s'effectueront en fonction des besoins de ces pays. 

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