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Le Dakar-2020 s'élance sur les pistes controversées de l'Arabie saoudite

Le Français Stéphane Peterhansel et son copilote portugais, Paulo Fiuza, à bord de leur Mini lors de la première étape du Dakar. Entre Jeddah et Al Wajh, Arabie saoudite, 5 janvier 2020.
Le Français Stéphane Peterhansel et son copilote portugais, Paulo Fiuza, à bord de leur Mini lors de la première étape du Dakar. Entre Jeddah et Al Wajh, Arabie saoudite, 5 janvier 2020.
© AP / Bernat Armangue

La 42ème édition du célèbre rallye raid du Dakar a débuté ce dimanche 5 janvier en Arabie saoudite. Une destination polémique en raison des manquements du pays sur la question des droits de l'homme.

 

Le royaume wahhabite est régulièrement pointé du doigt pour ses atteintes aux droits humains malgré les récentes réformes initiées par le prince Mohammed ben Salmane.

Des ONG redoutent que l'organisation du Dakar n'offre à l'Arabie saoudite une vitrine publicitaire au moment où le royaume ultra-conservateur, toujours associé à l'affaire Khashoggi, cherche à changer son image pour attirer les touristes internationaux.

L'association Human Rights Watch (HRW) s'est par exemple élevée contre une "opération de communication et de diversion visant à faire oublier les crimes du régime".

Vendredi 3 janvier, l'association, associée à d'autres ONG comme la Fédération internationale des ligues des droits humains (FIDH), a une nouvelle fois interpellé ASO, France Télévisions, et plus largement l'ensemble des pilotes et spectateurs du Dakar, leur demandant de ne pas "se laisser aveugler par le spectacle sportif".
 

"S'ouvrir sur le monde"

Les conditions contractuelles de ce Dakar en Arabie saoudite ne sont pas connues dans le détail. Mais, s'ils sont conscients du caractère controversé de leur choix, les organisateurs préfèrent louer la "volonté d'ouverture" de Ryad.

Le sentiment est le même pour le pilote Stéphane Peterhansel, vainqueur du Dakar à treize reprises. "Forcément il y aura des critiques", a-t-il reconnu lors d'une conférence de presse. "Mais d'un autre côté, c'est une façon de s'ouvrir sur le monde."

Les autorités saoudiennes comptent en tout cas sur l'événement pour faire évoluer l'image de l'Arabie saoudite sur la scène internationale. "Si vous voulez que les gens voient qui vous êtes vraiment, vous les invitez chez vous", a déclaré le Prince Khalid bin Sultan Al-Faisal, président de la Fédération saoudienne de sports automobiles.

Malgré la polémique qui accompagne le rallye, la course attire toujours autant de concurrents. Ils seront 351 équipages au départ de la course dimanche à Jeddah. Des rives de la Mer Rouge, en passant par les grandioses rochers d'Al-Ula et les dunes immaculées du "quart vide", la plus grande mer de sable au monde, les plus chanceux rallieront l'arrivée à Al-Qiddiah après 7.800 km et 12 spéciales.

Après l'Afrique et l'Amérique du Sud, c'est la première fois que la course a lieu au Moyen-Orient. Le Dakar compte rester en Arabie saoudite au moins cinq ans.