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Le grand retour du Canada à la Coupe du monde

Les joueurs canadiens fêtent un but marqué lors d'un match amical contre le Japon, Dubaï, 17 novembre 2022. 
Les joueurs canadiens fêtent un but marqué lors d'un match amical contre le Japon, Dubaï, 17 novembre 2022. 
(AP Photo/Christopher Pike)

Enfin. Après 36 ans d’attente, le Canada est de retour à la Coupe du monde. Certains diront que le simple fait d’y être relève de l'exploit. Et si le Canada causait la surprise ?

Comme l’a si bien dit Ismaël Koné, « il ne faut pas penser que nous sommes juste des joueurs de hockey ».

J’ai toujours dit que le Canada était un pays avec un grand talent footballistique. En se qualifiant pour la Coupe du monde, on l’a montré et je pense qu’on mérite le respect, a dit le joueur du CF Montréal et de l'équipe canadienne.

Koné et ses coéquipiers ont confiance. Ils y croient depuis que John Herdman est arrivé en 2018 et leur a répété que l’impossible est possible. Depuis que le sélectionneur leur a dit qu'ils se qualifieraient pour la Coupe du monde en 2022.

Les intentions des joueurs canadiens sont louables, mais il faut reconnaître que sur papier, le duel entre le Canada et la Belgique paraît inégal. On parle ici du 2e pays au classement de la FIFA, tandis que le Canada, malgré une progression fulgurante au cours des dernières années, est toujours au 41e échelon mondial.

Mais il y a le papier, et il y a la réalité.

Plusieurs disent qu'il s'agit de la Coupe du monde de la dernière chance pour cette génération dorée belge. Depuis une décennie, la Belgique figure parmi les nations favorites, sans jamais avoir réussi à remporter les grands honneurs.

À une certaine époque, on croyait qu’Eden Hazard était ce talent qui mènerait au triomphe. Il n’a jamais connu la carrière attendue, et à 31 ans, il est difficile de croire qu’il pourra mener cette équipe vers la victoire.

Les Diables rouges devront se débrouiller sans leur attaquant vedette Romelu Lukaku, blessé. Ils pourront néanmoins compter sur Thibault Courtois, gardien de but du Real Madrid qui demeure l’un des meilleurs à sa position.

Et il y a Kevin De Bruyne, qui est présentement l’un, si ce n’est pas le meilleur milieu de terrain au monde. C’est justement le nom qui est sorti à répétition lorsqu’on a demandé aux joueurs du CF Montréal qui ils rêvaient d’affronter.

Encore faut-il qu’il ait quelqu’un à qui distribuer le ballon. Aussi extraordinaire soit-il, De Bruyne ne pourra pas tout faire seul.

L'équipe de Belgique lors de son départ pour le Koweït depuis l'aéroport de Bruxelles, 15 novembre 2022. 
L'équipe de Belgique lors de son départ pour le Koweït depuis l'aéroport de Bruxelles, 15 novembre 2022. 
(AP Photo/Olivier Matthys)

On a même l’impression que certains Belges ont lancé la serviette avant même le début du tournoi. Il n’aura fallu qu’une défaite en match préparatoire contre l’Égypte pour contrarier la presse locale.

L'inquiétude est palpable. Malgré tout, la Belgique devrait l’emporter. Sur papier, encore.

Le Canada tentera de faire mieux qu’au Mondial de 1986, où il n’avait pas réussi à marquer un seul but. Mais les comparaisons avec l’édition de 1986 s’arrêtent ici. À l’époque, on pouvait compter sur les doigts d’une main les joueurs évoluant dans un championnat majeur.

Aujourd'hui, le Canada n’a pas seulement de bons joueurs, certains font aussi partie de l’élite. Des joueurs, comme Jonathan David et Alphonso Davies, capables de rivaliser avec les meilleurs au monde.

John Herdman et la sélection canadienne ont accédé au Mondial de 2022 avec une victoire de 4-0 contre la Jamaïque.

Le sélectionneur de l'équipe du Canada John Herdman lors d'un match amical entre son équipe et celle du Japon à Dubaï, le 17 novembre 2022.
Le sélectionneur de l'équipe du Canada John Herdman lors d'un match amical entre son équipe et celle du Japon à Dubaï, le 17 novembre 2022.
(AP Photo/Christopher Pike, File)

Le sélectionneur John Herdman a cependant semé le doute dans l’esprit des amateurs canadiens plus tôt cette semaine. Il a dit ne pas pouvoir garantir la présence de Stephen Eustaquio, d’Alphonso Davies et du gardien de but Milan Borjan. Si Herdman nous a toujours habitués à une transparence irréprochable, il est permis de se demander s’il n’y a pas, dans ces déclarations, une certaine joute psychologique.

Les Belges savent que, logiquement, ils sont favoris pour ce match. Et, si en plus, ils savaient que le Canada était privé d’éléments importants, il serait facile pour eux de soudainement prendre le Canada un peu – trop – à la légère.

Heureusement, à la veille de ce duel tant attendu, John Herdman s’est voulu rassurant. Les trois joueurs seront finalement disponibles pour le premier match. Alphonso Davies est en forme. Il est prêt à jouer. Il volait sur le terrain hier à l’entraînement.

Contrairement à bien d’autres nations, le Canada n’aura donc pas l’excuse des blessures en cas de mauvais résultat. Contre la Belgique, ce sera le meilleur onze partant de l’histoire du pays.

Les Rouges sont imposants en attaque, mais il y a la défense, celle du CF Montréal en quelque sorte, qui demeure un point d’interrogation. Comment ces joueurs évoluant en MLS réagiront-ils face aux plus grandes puissances offensives?

Les joueurs de l'unifolié sont gonflés à bloc. L’impossible est soudainement devenu possible. Et à l’image de ce début de Coupe du monde, on ne peut s’empêcher de croire en leurs chances.

Sur papier, la Belgique devrait l’emporter.

Mais l’Arabie saoudite vient de battre l’Argentine de Lionel Messi. En 2018, la Corée du Sud a vaincu l’Allemagne 2-0. Les États-Unis ont défait l’Angleterre en 1950. Et je vous rappelle que la Grèce a déjà remporté l’Euro.

Alors, pourquoi pas?