Info

Le loup reste une espèce menacée en France pour l'UICN

Photo de loups
Photo de loups
afp.com - RAYMOND ROIG

Le loup, dont la population a dépassé les 500 adultes en France, reste "une espèce menacée" dans ce pays, a indiqué mercredi le directeur du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dont la liste rouge des espèces menacées fait référence.

"Le loup est, selon la liste rouge que nous établissons en France, une espèce menacée sur le territoire", a déclaré Sébastien Moncorps à l'AFP, à l'occasion du congrès français de la nature à Marseille. Le loup gris est classé "vulnérable" sur la liste rouge de l'UICN pour la France métropolitaine.

"Il y a une dynamique de recolonisation du territoire, qui est toujours en expansion et évidemment il faut trouver des solutions de cohabitation qui marchent entre le monde de l'élevage et la population de loups", a-t-il poursuivi.

La population de "canis lupus" vient d'être estimée à 530 adultes dans l'Hexagone. Le plan loup adopté en 2018 par le gouvernement prévoyait que le "seuil de viabilité démographique" fixé à 500, qui représente l'aptitude d'une population à moyen terme (100 ans) "à résister au risque d'extinction", ne serait atteint qu'en 2023.

Face à une augmentation des attaques de troupeaux, le gouvernement a annoncé que plus de loups pourront être tués à titre dérogatoire, alors que l'espèce est protégée par la convention de Berne et une directive européenne.

"Nous considérons que le loup n'est plus une espèce en voie de disparition, ce qui est une bonne chose pour la biodiversité", avait fait valoir le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, réclamant "plus de flexibilité pour la gestion du prédateur dans notre pays".

Le loup avait été éradiqué en France dans les années 1930 et est revenu naturellement par l'Italie.

Concernant l'ours brun, il est "dans une situation particulièrement préoccupante en France: l'espèce est classée dans le plus haut niveau de menace, en danger critique d'extinction", a rappelé Sébastien Moncorps.

"Il ne faut pas penser qu'avec une quarantaine d'individus, on a une population viable dans les Pyrénées", a-t-il poursuivi, alors que le gouvernement a décidé de ne pas réintroduire de nouveaux ours, après deux femelles venues de Slovénie en 2018.