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Les abeilles, ces insectes indispensables à nos vies

Une abeille en pleine recherche de pollen, à Belgrade, en Serbie, le 8 avril 2022.
Une abeille en pleine recherche de pollen, à Belgrade, en Serbie, le 8 avril 2022.
AP/Darko Vojinovic

Les abeilles sont des pollinisateurs, c’est-à-dire qu’elles garantissent la reproduction de nombreuses espèces végétales dans le monde entier. Elles sont cependant menacées d’extinction. En France, près de 25% des abeilles ont été retrouvées mortes dans leurs ruches au printemps 2021.

Pourquoi les abeilles sont indispensables ?

L’une des activités des abeilles consiste à transporter le pollen d’un végétal à un autre. Le pollen est une sorte de poussière protéinée qui assure la reproduction des plantes. Cette étape est donc essentielle dans le cycle de vie des végétaux.

Ce transport peut se faire de différentes façons : par le vent, l’eau ou les animaux. La pollinisation par les insectes concerne cependant 90 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde. Grâce à ce travail, l’abeille permet donc aux fruits et aux légumes de pousser dans la nature, dans les potagers et les jardins. 

Une abeille atterrit sur une azalée, le 8 avril 2022, aux États-Unis.
Une abeille atterrit sur une azalée, le 8 avril 2022, aux États-Unis.
AP/David J. Phillip

84% des espèces cultivées en Europe dépendent directement des pollinisateurs et plus particulièrement des abeilles selon l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF). Sur les 100 espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, 70% dépendent des abeilles pour leur pollinisation.

La valeur de l'activité des pollinisateurs dans le monde a même été estimée en 2017 à 178,6 milliards d’euros, selon l’UNAF. Malheureuseuement aujourd’hui, 40% des pollinisateurs invertébrés - abeilles et papillons en particulier- sont menacés d'extinction à l'échelle mondiale.

Qu’est ce qui menace les abeilles ?

— Les pesticides : La première et principale menace à l’existence des abeilles est l’épandage de pesticides, notamment les néonicotinoïdes qui sont les insecticides les plus utilisés dans le monde. Ils ont pour effet néfaste d’agir sur le système nerveux des abeilles.

L’Union européenne avait cependant interdit depuis 2018 l'usage en plein champ, pour toutes les cultures, de trois d’entre eux (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride), des pesticides accusés de contribuer au déclin massif des colonies de pollinisateurs.

<p>Un apiculteur pointe la reine de l'essaim le 5 mars 2022 en Inde. </p>

Un apiculteur pointe la reine de l'essaim le 5 mars 2022 en Inde. 

AP/ Channi Anand

Mais depuis, onze Etats membres ont adopté des "autorisations d'urgence" (17 au total à travers l'UE) pour permettre aux agriculteurs de recourir à nouveau à des produits contenant ces substances. 

La France a notamment approuvé en août 2020 une dérogation temporaire pour les planteurs de betteraves, confrontés à une prolifération de pucerons verts porteurs de la jaunisse virale. Allemagne, Belgique, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, Lituanie, Pologne, Roumanie et Slovaquie ont fait de même face à des menaces sur leurs rendements.

— Le frelon asiatique : Le frelon asiatique, Vespas velutina, est un tueur d'abeilles qui sévit dans plus de 50% des départements français. Entré en France en 2004 dans des poteries venues d'Asie, il a été reconnu espèce invasive par l'Union européenne. L'espèce se reproduit très facilement et compte peu de prédateurs en Europe. Il cause aussi des dégâts importants dans les vergers en dévorant les fruits.

Le déclin des abeilles, dans une proportion moindre est due à la perte d'habitat, à des agents pathogènes, au changement climatique et à d'autres insecticides.

Voir aussi : Suisse : vers une interdiction des pesticides de synthèse ?

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À quoi ressemblerait un monde sans abeilles ?

Les pollinisateurs garantissent la reproduction de nombreuses espèces végétales et un tiers de l’alimentation mondiale dépend de cette pollinisation. Le déclin global des pollinisateurs, qui sont essentiellement des abeilles et d'autres insectes, pourrait donc provoquer jusqu'à 1,4 million de morts supplémentaires par an, soit une augmentation de la mortalité mondiale de près de 3%.

Une baisse de 100% des "services de pollinisation" pourrait réduire les approvisionnements mondiaux en fruits de 22,9%, en légumes de 16,3%, et de 22,9% en noix et graines, mais avec des disparités selon les pays.

Voir aussi : Environnement : peut-on éviter le pire ?

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Une raréfaction des légumes entrainerait un accroissement de mortalité notamment en raison d'une augmentation des carences en vitamine A et en folates (vitamine B9 ou acide folique), vitales pour les femmes enceintes et les enfants.

Leurs carences causeraient aussi une incidence accrue des maladies non transmissibles comme les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et certains cancers. Tels sont les phénomènes que provoqueraient, par le biais de modifications alimentaires, un effondrement de la population des pollinisateurs.

Selon un scénario d'élimination complète des pollinisateurs, 71 millions de personnes dans les pays à faibles revenus pourraient se retrouver carencées en vitamine A. Par ailleurs, 2,2 milliards de personnes, qui ont déjà une consommation insuffisante, verraient leurs apports se réduire encore.

Aux États-Unis, des mini-drones sont venus remplacer les pollinisateurs naturels. Créé par des chercheurs japonais, un mini drone équipé d'un gel spécial permet désormais de polliniser des fleurs. Reste à savoir si ces techniques sont amenés à venir en aide aux abeilles qui disparaissent, ou à les remplacer.