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Les cigarettes réservées aux centenaires à Hawaï en 2024 ?

Photo d'illustration de cigrattes prise en 2017 à Koweït
Photo d'illustration de cigrattes prise en 2017 à Koweït
afp.com - Yasser Al-Zayyat

Faudra-t-il être centenaire pour pouvoir fumer à Hawaï en 2024 ? C'est le voeu d'un député de l'archipel américain qui a soumis au Parlement local une proposition de loi visant à augmenter progressivement l'âge minimum pour acheter du tabac.

Le but de Richard Creagan, élu démocrate, est bien qu'Hawaï devienne le premier Etat américain à interdire de fait sur son territoire toute vente de cigarettes, "l'invention la plus mortelle de toute l'histoire de l'humanité", selon la proposition de loi qu'il a rédigée.

"En gros, nous avons des gens qui sont sévèrement dépendants, de mon point de vue réduits en esclavage par une industrie incroyablement néfaste, qui les a faits prisonniers en concevant une cigarette hautement addictive, en sachant pertinemment qu'elle est extrêmement toxique", a déclaré au journal Hawaii Tribune Herald M. Creagan, médecin de profession.

En 2016, Hawaï est devenu le premier Etat américain à avoir fait passer de 18 à 21 ans l'âge légal pour acheter des cigarettes, comme pour l'alcool.

La proposition de loi de Richard Creagan prévoit de le faire passer à 30 ans en 2020, à 40 ans dès 2021, puis à 50 ans en 2022 et 60 ans en 2023. A partir de 2024, il faudrait avoir au moins 100 ans.

Selon le député, cette façon de procéder permettrait à Hawaï d'interdire virtuellement toute vente de cigarettes sur son sol sans tomber sous le coup de recours en justice du lobby du tabac.

"L'Etat est obligé de protéger la santé du public", assure M. Creagan, qui reconnaît avoir lui-même fumé pour rester éveillé durant ses gardes alors qu'il était interne en médecine.

"Nous ne laissons pas les gens accéder librement aux opiacés par exemple, ou à un autre médicament sur ordonnance", plaide l'élu. La cigarette "est plus mortelle, plus dangereuse que n'importe quel médicament sur ordonnance, et elle est plus addictive", ajoute-t-il.

"En tant que législateurs, il est de notre devoir d'agir pour sauver des vies. Si nous n'interdisons pas les cigarettes, nous tuons des gens", affirme Richard Creagan.