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Les Palestiniens commémorent la Nakba, après le meurtre de Shireen Abu Akleh

Des Palestiniens se sont rassemblés notamment devant les bureaux de l'UNESCO à Gaza. AP/ Adel Hana.
Des Palestiniens se sont rassemblés notamment devant les bureaux de l'UNESCO à Gaza. AP/ Adel Hana.

Chaque année, des manifestations sont organisées le 15 mai en Palestine pour commémorer la Nakba. Cette fois, elles se déroulent dans le contexte violent qui suit le meurtre de la journaliste Shireen Abu Akleh mercredi 11. 

Des Palestiniens se sont rassemblés dimanche 15 mai pour marquer la "Nakba", ou "catastrophe", 74 ans après la création de l'Etat d'Israël. La Nakba avait contraint plus de 700.000 d'entre eux à l'exode.

Contexte tendu après le meurtre de Shireen Abu Akleh

Des manifestations sont organisées chaque année le 15 mai à travers la Cisjordanie, territoire palestinien occupée depuis 1967 par Israël, Jérusalem-Est annexée par l'Etat hébreu, et à l'intérieur d'Israël. Elles se sont déroulées cette année dans un contexte de fortes tensions et de violences israéliennes après le meurtre de la journaliste d'Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, à l'âge de 51 ans.

Cette Américaine d'origine palestinienne a été tuée mercredi 11 d'une balle dans la tête lors d'une intervention de l'armée israélienne à Jénine, un point chaud dans le nord de la Cisjordanie occupée. Elle portait un gilet pare-balles siglé "presse" et un casque de reportage.

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La police israélienne a promis d'enquêter. Vendredi 13, des images diffusées dans le monde entier ont montré les porteurs de son cercueil luttant pour l'empêcher de tomber, tandis que des policiers armés de matraques s'abattaient sur eux et arrachaient des drapeaux palestiniens.

Ces violences ont été largement condamnées par la communauté internationale, notamment par Washington, l'Union européenne et les Nations unies.

"Démonstration choquante de brutalité"

Des commentateurs locaux ont également dénoncé l'intervention israélienne, alors que le cercueil d'Abu Akleh sortait de l'hôpital Saint-Joseph de Jérusalem. "Les images de vendredi montrent une démonstration choquante de brutalité et de violence débridées", écrit Oded Shalom dans le grand quotidien israélien Yediot Aharonot.

"La police du district de Jérusalem a décidé de réprimer sévèrement quiconque ose brandir un drapeau palestinien", écrit Shalom. "Comme si le fait de brandir un drapeau - un simple morceau de tissu, pour l'amour de Dieu - lors d'une procession funéraire pendant une heure ou deux pouvait avoir un quelconque impact" sur les revendications israéliennes de contrôle de Jérusalem. Israël réprime en effet les expositions publiques de drapeaux palestiniens dans la ville. 

Le Premier ministre, Naftali Bennett, n'a pas encore réagi, évitant la controverse avant la réunion hebdomadaire de son cabinet dimanche 15.

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L'armée israélienne a déclaré qu'une enquête préliminaire n'avait pas permis de déterminer qui avait tiré la balle fatale à la journaliste. Elle affirme que des tirs palestiniens parasites ou des tirs de snipers israéliens visant des militants étaient tous deux possibles. Le ministère public palestinien a lui affirmé qu'une enquête initiale avait montré que "la seule origine de la fusillade était les forces d'occupation israéliennes". 

A l'université de Tel-Aviv dimanche 15, trois Arabes israéliens ont été arrêtés "pour avoir attaqué des manifestants et des policiers, et perturbé l'ordre public sur le site", selon un communiqué de la police. 

Im Tirtzu, un mouvement israélien de droite, avait organisé une manifestation pour contrer le rassemblement palestinien marquant la "Nakba". Selon Im Tirtzu, les trois suspects ont attaqué des membres de leur mouvement.

Reportage sur l'exode de la Nakba

Al Jazeera a diffusé dimanche 15 à titre posthume un reportage réalisé par Abu Akleh sur la "Nakba". Il retrace le destin du peuple palestinien en mettant l'accent sur les réfugiés et déplacés, après la déclaration d'indépendance d'Israël en 1948. Plus de 700.000 Palestiniens ont fui ou ont été contraints de quitter leur foyer pendant le conflit qui a entouré la création de l'Etat hébreu.

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Aujourd'hui, quelque 5,7 millions de réfugiés palestiniens sont répartis entre la Cisjordanie, la bande de Gaza, la Jordanie, le Liban et la Syrie, selon l'ONU. Le Bureau central palestinien des statistiques estime la population palestinienne à 13,8 millions.