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Les rebelles du Tigré se disent prêts à continuer d'avancer dans le nord de l'Éthiopie

Soldats tigréens ayant pris le contrôle de la ville de Mekele dans la région du Tigré au Nord de l'Éthiopie, le mardi 29 juin 2021. 
Soldats tigréens ayant pris le contrôle de la ville de Mekele dans la région du Tigré au Nord de l'Éthiopie, le mardi 29 juin 2021. 
AP Photo

Ce mardi 30 août, les rebelles de la région du Tigré affirment rester ouverts aux négociations avec les forces éthiopiennes. Ils se disent toutefois déterminer à continuer d'avancer pour "neutraliser" les renforts militaires envoyés "menacer" leur région depuis la reprise des combats. 

Le 24 août dernier les combats ont repris, après cinq mois de trêve, autour de la pointe sud-est du Tigré. Les troupes pro-gouvernementales (armée fédérale, forces régionales et milices alliées) affrontent les rebelles tigréens. Chacun des deux camps accuse l’autre d’être à l’origine des hostilités. 

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"Nous menons une guerre défensive" et "nous restons ouverts à toute négociation", affirme Getachew Reda porte-parole des autorités rebelles du Tigré. Dans le cadre d’un point presse diffusé sur internet, le porte-parole accuse à nouveau le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed d'avoir rompu la trêve respectée depuis fin mars.

De son côté, le gouvernement éthiopien rappelle ses "efforts en faveur de la paix et les mesures concrètes prises" en ce sens. Dans un échange avec l’AFP ce mardi 28 août, les autorités se disent "à nouveau déterminé à résoudre pacifiquement le conflit déclenché une nouvelle fois" par les rebelles "terroristes" du Tigré.

Ces derniers soutiennent avoir d’abord "défendu (leurs) positions" avant de lancer une contre-offensive au-delà de leurs frontières.

Retrait du gouvernement éthiopien de la ville de Kobo

Ce samedi 27 août, le gouvernement annonçait le retrait de l’armée de la ville de Kobo dans la région d’Amhara située à une quinzaine de kilomètres au sud du Tigré. Il justifiait ce retrait par une volonté d’"éviter des pertes massives" parmi les civils face à une attaque menée "de plusieurs directions" par les rebelles.

Les populations locales fuient la région d’Amhara en proie aux combats

Ces derniers jours, des sources diplomatiques, des humanitaires et des habitants font état d'une avancée des rebelles d'une cinquantaine de kilomètres vers le sud. Ils progresseraient ainsi à l'intérieur de la région d'Amhara, ainsi qu'au sud-est dans la région d'Afar.

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L’APDA, une ONG active en Afar recense 18.000 déplacés dans la région en raison de la reprise des combats. Les membres de l’ONG s’inquiètent également d'une avancée des rebelles tigréens de l'Afar vers la région d'Amhara qui "va encore augmenter le nombre de déplacés".

Les routes "sont embouteillées par des gens qui fuient" l'avancée des rebelles indique l’APDA sur Twitter. Ils se déplacent "vers la localité de Keliwan", que ses habitants "évacuent", précise le communiqué. 

Les journalistes n'ont pas accès au nord de l'Ethiopie, rendant impossible toute vérification indépendante. Le réseau mobile et internet y est également aléatoire et la situation sur le terrain difficile à apprécier.

Les rebelles avancent toujours plus vers le Sud 

 
Nous continuerons à prendre les mesures appropriées pour neutraliser [les forces éthiopiennes]. Cela déterminera où nous nous arrêterons. 
Getachew Reda, porte-parole des rebelles du Tigrée. 
Le porte-parole des rebelles tigréens, Getachew Reda estimé que "Abiy [Abiy Ahmed, premier ministre éthiopien] continue de faire mauvais calcul après mauvais calcul en continuant d'envoyer des renforts". Il affirme :"nous allons continuer à les neutraliser, ce qui nous conduira probablement de plus en plus à l'intérieur de la région Amhara". "Nous ne sommes pas particulièrement intéressés par le contrôle de cette zone, mais tant que les forces lâchées contre nous continuent de menacer la sécurité de notre peuple, nous continuerons à prendre les mesures appropriées pour les neutraliser". "Cela déterminera où nous nous arrêterons", menace-t-il. 

En novembre 2020 le premier ministre Abiy Ahmed ordonnait à l’armée éthiopienne de déloger l'exécutif tigréen. Il reprochait alors aux rebelles de contester son autorité et d'être résponsable d'attaques visant des bases militaires.

Rapidement défaits dans un premier temps, les rebelles tigréens ont repris mi-2021 la quasi-totalité de la région à la faveur d'une contre-offensive au cours de laquelle il menacèrent jusqu’à Addis Abeba. 

Ils se sont ensuite repliés vers le Tigré, accusant depuis le gouvernement "d'assiéger" la région, ce que ce dernier dément.

La communauté internationale appelle à cesser les hostilités

La communauté internationale a multiplié ces derniers jours les appels à la cessation des hostilités et au dialogue. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est notamment entretenu le 25 août avec Abiy Ahmed, puis avec le chef des autorités rebelles tigréennes Debretsion Gebremichael.
 
[Le premier ministre Abiy Ahmed] a envoûté la communauté internationale pour qu'elle croie à son sérieux au sujet de la paix.
Getachew Reda, porte-parole des rebelles du Tigrée. 
Getachew Reda accuse le premier ministre éthiopien d’avoir "envoûté la communauté internationale pour qu'elle croie à son sérieux au sujet de la paix". "Il semble évident qu'on ne peut pas compter sur la communauté internationale pour retenir Abiy Ahmed (...) Nous devons toujours dépendre de nos forces".

Depuis juin, les deux parties avaient répété être disposées à négocier, sans jamais cesser de s'opposer sur les modalités des futures discussions.

La trêve avait permis la reprise de l'acheminement par la route de l'aide humanitaire vers le Tigré, interrompu alors depuis trois mois et qui semble de nouveau menacé par la reprise des combats.

Le bilan de cette guerre meurtrière reste inconnu à ce jour. Mais les combats ont déplacé plus de deux millions de personnes et plongé des centaines de milliers d’Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.

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