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Liban : double explosion meurtrière à Beyrouth

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Après les deux puissantes explosions qui ont secoué Beyrouth mardi 4 août, au moins 158 personnes seraient mortes et plus de 6 000 autres blessées. Le gouverneur de Beyrouth estime à plus de trois milliards de dollars les dommages. Plusieurs quartiers de la capitale libanaise ont été dévastés après l'explosion d'un stock de nitrate d'ammonium, selon le gouvernement. Jusqu'à 300 000 personnes se trouveraient sans domicile.

Le dernier bilan humain de la double explosion qui a secoué Beyrouth a continué de grimper. Selon le ministère de la Santé, 158 personnes sont mortes et plus de 6 000 autres blessées.

Le ministère de la Santé a affirmé qu'au moins 120 des plus de 5.000 personnes blessées par l'explosion, étaient toujours dans un état critique.

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"Une visite ferme et symbolique" selon le correspondant de TV5MONDE à Beyrouth


Sur place au moment de l'explosion, le correspondant de TV5MONDE, Wissam Charaf, est encore sous le choc. Projeté contre sa vitre alors qu'il se trouvait sur terrasse avec sa femme et sa fille, il s'interroge sur la "folie furieuse qui a pu conduire les responsables à entreposer 2700 tonnes de matières explosives en plein coeur d'une capitale".

Selon lui, le président Macron a "voulu faire une visite ferme et extrêmement symbolique" et a "sûrement entendu le message" des manifestants "réclamant la démission du président Aoun et de l'ensemble de la classe politique."

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Émotion et élan de solidarité de la diaspora libanaise en Côte d'Ivoire

En Côte d'Ivoire, où la communauté libanaise est la plus importante d'Afrique (80 000 personnes), l'émotion est vive et la situation à Beyrouth est suivie de très près.

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Emmanuel Macron à Beyrouth

Le président de la République française, Emmanuel Macron, vient d'arriver à Beyrouth. Il s'est ensuite rendu sur le port, site de la double explosion, et doit rencontrer ensuite le président du Liban, Michel Aoun.

Pour plus d'infos : Emmanuel Macron est à Beyrouth, au chevet d'une ville dévastée

Lire aussi :
entre la France et le Liban des liens historiques


Face à la colère, une commission d'enquête doit être mise en place pour déterminer les responsabilités de cette tragédie. Dans un point presse informel à son arrivée, le président français a rappelé que sans réformes, le Liban ravagé par une grave crise politique et économique "continuera de s'enfoncer".

"Aujourd'hui, la priorité c'est l'aide, le soutien à la population sans condition. Mais il y a l'exigence que la France porte depuis des mois, des années, de réformes indispensables dans certains secteurs", a ajouté le chef de l'Etat français. "Si ces réformes ne sont pas faites, le Liban continuera de s'enfoncer"..

Une commission d'enquête sur 4 jours

Invité sur la radio française Europe 1, le chef de la diplomatie libanaise Charbel Wehbé a fait état jeudi de la création d'une commission d'enquête "qui a quatre jours pour donner un rapport détaillé sur les responsabilités". "Il y aura des décisions judiciaires", a-t-il dit. En France, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête. Au moins 40 ressortisants français ont été blessés. L’architecte français Jean-Marc Bonfils estlui mort lors des explosions. Une diplomate allemande est également morte lors des explosions.

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Alors que les autorités n'ont mis en place aucun dispositif pour abriter les personnes ayant perdu leur domicile, des centaines de Libanais se sont, eux, mobilisés, pour lancer des opérations de déblaiement des décombres ou d'accueil des sans-abri dans les maisons privées, dans un vaste élan de solidarité.

Verdict du TSL reporté

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a annoncé reporter la lecture du jugement dans le procès de quatre hommes accusés d'avoir participé en 2005 à l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, suite aux explosions qui ont ravagé Beyrouth.

L'annonce du verdict, prévue vendredi, est reportée au 18 août "par respect pour les innombrables victimes", a déclaré le tribunal basé aux Pays-Bas dans un communiqué.
 

La semaine dernière, Saad Hariri a affirmé dans un communiqué qu'il n'avait "jamais perdu espoir dans la justice internationale et la révélation de la vérité".

Au Liban, en plein marasme politique et économique, le verdict du TSL fait craindre une montée des tensions qui s'ajouterait à la crise en cours. 

Pénurie de farine ?

Après l'explosion qui a éventré les silos de céréales installés près du port de Beyrouth  l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, la FAO, craint "d'avoir à brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays".

"J'ai reçu un très court message du responsable de la FAO à Beyrouth : en effet on craint qu'une grande quantité des réserves de blé sur le port aient été affectées ou détruites par l'explosion. Les stocks sont gravement endommagés" a déclaré le responsable des urgences de la FAO, Dominique Burgeon, joint depuis Paris. 

"Et on craint d'avoir à assez brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays", a-t-il ajouté au cours d'un bref entretien téléphonique.

L'inflation des produits alimentaires de base avait déjà grimpé en flèche au Liban, touché par une profonde dépression économique, atteignant les 109% entre septembre et mai, selon le Programme Alimentaire mondial (PAM), autre agence de l'ONU.

Au moins une centaine de personnes sont mortes, et des milliers d'autres ont été blessées dans les explosions massives qui ont ravagé le port de Beyrouth mardi. Selon le gouverneur de la ville Marwan Abboud, "près de la moitié de Beyrouth est détruite ou endommagée", avec 250.000 à 300.000 personnes se retrouvant sans domicile.

Maya Terro, fondatrice de "Food Blessed", une ONG libanaise qui distribue des aides alimentaires,  redoute des pénuries, le port étant la principale porte d'entrée des importations.

"Le Liban importe 80% de sa nourriture. Immédiatement j'ai pensé : +rayons de supermarchés vides, augmentation des prix à cause des pénuries+", a-t-elle affirmé.

A l'étranger, propositions d'aide au Liban

De nombreux pays se préparent mercredi à envoyer de l'aide au Liban, où deux gigantesques explosions ont fait plus de 100 morts et plus de 4.000 blessés mardi à Beyrouth.

Le Premier ministre libanais Hassan Diab a lancé mardi un "appel urgent à tous les pays amis et aux pays frères".

L'Union européenne va envoyer à Beyrouth une centaine de pompiers spécialisés pour aider les recherches dans la ville dévastée par deux explosions, et est prête à mobiliser une aide supplémentaire, a annoncé mardi le commissaire européen chargé de la gestion des crises.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé dans la foulée sur Twitter l'envoi d'un détachement de la sécurité civile et de "plusieurs tonnes de matériel sanitaire".
Proche du Liban, la France, ancienne puissance mandataire, va acheminer l'aide dès mercredi par trois avions d'assistance humanitaire.

A lire : Liban, plusieurs pays proposent de l'aide après la double explosion dévastatrice

Emmanuel Macron se rendra jeudi au Liban pour "rencontrer l'ensemble des acteurs politiques" après les explosions qui ont ravagé Beyrouth et qui ont fait au moins 100 morts, a annoncé la présidence française à l'AFP.

Le chef de l'Etat français rencontrera son homologue libanais Michel Aoun et le Premier ministre Hassan Diab.

Des pays du Golfe, dont certains ont des relations diplomatiques et économiques étroites avec le Liban, ont rapidement offert leur aide.

Le Koweït a annoncé mercredi l'arrivée d'un avion contenant de "l'aide médicale".

L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a appelé le président libanais Michel Aoun pour lui présenter ses condoléances, selon l'agence de presse officielle QNA, qui a ajouté que des hôpitaux de campagne seraient envoyés au Liban.

Des hôpitaux saturés

Toute la nuit, les blessés ont afflué vers les hôpitaux de la capitale libanaise. Des hôpitaux, qui font déjà face à l'épidémie de coronavirus, rapidement saturés.
L'armée a été appelée en renfort. Trois hôpitaux de campagne ont été installés à Beyrouth. La directrice des soins infirmiers de l'hôpital universitaire Rafic-Hariri, Wahida Ghalani, témoigne de la situation sur place.

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Un jour de deuil national décrété

Le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a indiqué que les explosions étaient peut-être dues à des "matières explosives confisquées depuis des années", mais ajouté que l'enquête en cours devrait déterminer "la nature exacte de l'incident"

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Le Premier ministre libanais Hassan Diab a décrété un jour de deuil national. Selon ce dernier, environ 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium étaient stockées dans l'entrepôt du port de Beyrouth qui a explosé.

Les responsables de cette "catastrophe" devront "rendre des comptes", a déclaré le Premier ministre, Hassan Diab. Il a d'ailleurs appelé les "pays amis" à aider le Liban.

Les deux gigantesques explosions au port de Beyrouth qui ont dévasté mardi des quartiers entiers de la capitale libanaise ont fait au moins 100 morts et plus de 4.000 blessés, a indiqué mercredi la Croix Rouge libanaise.

A lire : Explosions à Beyrouth, qu'est-ce que le nitrate d'ammonium ?

"Jusqu'ici, plus de 4.000 personnes ont été blessées et plus de 100 ont été tuées. Nos équipes poursuivent leurs recherches et opérations de secours dans les zones environnantes", a ajouté l'organisation dans un communiqué.

"C'est une catastrophe à l'intérieur (du port). Il y a des cadavres par terre. Des ambulances emmènent les corps", a indiqué à l'AFP un soldat aux abords du port.

Les médias locaux ont diffusé des images de personnes coincées sous des décombres, certaines couvertes de sang.

"J'ai senti comme un tremblement de terre et puis après une énorme déflagration et les vitres se sont cassées. J'ai senti que c'était plus fort que l'explosion lors de l'assassinat de Rafic Hariri" en 2005, provoqué par une camionnette bourrée d'explosifs, a déclaré à l'AFP une Libanaise dans le centre-ville de Beyrouth.

Deux explosions mardi soir

Une première forte explosion dans la zone portuaire de Beyrouth a eu lieu aux alentours de 18 heures (15H00 GMT), d'abord suivie d'un incendie et de quelques détonations. Une seconde explosion, beaucoup plus puissante, a ensuite provoqué un énorme dégagement de fumée en forme de champignon dans le ciel et décimé le port et les bâtiments alentours.

Les explosions, dont le souffle a été ressenti jusqu'à Chypre, à plus de 200 kilomètres de là, ont été enregistrées par les capteurs de l'Institut américain de géophysique (USGS) comme un séisme de magnitude 3,3.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une première explosion suivie d'une autre qui provoque le gigantesque nuage de fumée. Les déflagrations ont fait trembler les immeubles et brisé des vitres à des kilomètres à la ronde.

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Le secteur du port a été bouclé par les forces de sécurité, qui ne laissent passer que la défense civile, les ambulances aux sirènes hurlantes et pompiers.

Aux abords, les dégâts matériels et destructions sont importants. 

Plus de deux heures après l'explosion, les flammes enveloppaient toujours le secteur. Un hélicoptère collecte de l'eau de la mer pour éteindre les incendies, a constaté une correspondante de l'AFP. 

"Nous avons vu un peu de fumée et ensuite une explosion. Puis le champignon. La force de l'explosion nous a propulsés en arrière dans l'appartement", a raconté un habitant du quartier de Manssouriyeh, qui a assisté à la scène depuis son balcon, à plusieurs kilomètres du port.

Après les explosions, de nombreux habitants, dont certains blessés, marchaient vers des hôpitaux dans plusieurs quartiers de Beyrouth. Devant le centre médical Clémenceau, des dizaines de blessés parmi lesquels des enfants, parfois couverts de sang, attendent d'être admis.

Des voitures, avec leurs airbags gonflés, mais aussi des bus ont été abandonnés au beau milieu de plusieurs routes.

Selon des témoins, les déflagrations ont été entendues jusqu'à la ville côtière de Larnaca, à Chypre, distante d'un peu plus de 200 km des côtes libanaises.