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Libye : quels sont les principaux acteurs du conflit ?

TV5MONDE - Source : Risk Intelligence, AFP

Depuis la chute du colonel Mouammar Kadhafi en 2011, le pays est en proie au chaos. En avril 2019, le maréchal Khalifa Haftar lance une offensive contre Tripoli, la ville occupée par les forces du gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj. Depuis, la situation ne cesse de s’aggraver.
 

Ce lundi 6 janvier, les forces du maréchal Haftar entrent dans Syrte et déclarent avoir pris le contrôle de l'aéroport de la ville. Le président russe, Vladimir Poutine, demande que le Conseil de sécurité de l'ONU se réunisse.

Les ministres des Affaires étrangères français, italien, grec et chypriote ont été invités par leur homologue égyptien, Sameh Choukry, à se réunir au Caire ce mercredi 9 janvier pour "faire avancer la recherche d'une solution globale à la crise libyenne et faire face à tout ce qui y constituerait un obstacle" . Mais la veille déjà, Paris, Berlin et Rome, réunis à Bruxelles, ont condamné "les ingérences extérieures" dans le conflit libyen. Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l'Union européenne condamnant directement "l'ingérence de la Turquie".

Tout s'est accéléré jeudi 2 janvier, lorsque le président turc, Recep Tayyip Erdogan, demande que l'on envoie des troupes en Libye. Le parlement turc valide cette intervention. Trois jours plus tard, dimanche 5 janvier, le président Erdogan annonce le déploiement de troupes turques en Libye. Il avait déjà envoyé des conseillers militaires. 

Qui soutient qui ? Et quelles sont les forces en présence ?
 

Le maréchal Khalifa Haftar

Le maréchal Khalifa Haftar à la conférence internationale pour la Libye à l'Elysée, le 29 mai 2018 à Paris. François Mori / AP
Le maréchal Khalifa Haftar à la conférence internationale pour la Libye à l'Elysée, le 29 mai 2018 à Paris. François Mori / AP
  • Etabli sur une large zone orientale du pays, là où se situent les gisements pétroliers du pays, il a étendu son contrôle de la zone depuis 2014 à l’aide de son armée de libération nationale (ANL).
  • En 2016 il reprend le contrôle de Benghazi aux mains des terroristes islamistes.
  • Il est soutenu par l’Egypte, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, la Russie et plus discrètement la France.

En mai 2019, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian explique dans un entretien au Figaro pourquoi la France soutient le maréchal Haftar : " Haftar a lutté contre le terrorisme à Benghazi et dans le sud de la Libye, et cela était dans notre intérêt, celui des pays du Sahel, celui des voisins de la Libye. Je soutiens tout ce qui sert la sécurité des Français et des pays amis de la France. "

Relire : Les soutiens du maréchal Haftar
 

Fayez al-Sarraj

Le président du Haut Conseil de Libye, Fayez al-Sarraj à l'Elysée  le 29 mai 2018 à Paris. AP / Etienne Laurent
Le président du Haut Conseil de Libye, Fayez al-Sarraj à l'Elysée  le 29 mai 2018 à Paris. AP / Etienne Laurent
  • Il est à la tête du Gouvernement d’union nationale (GNA) qui contrôle Tripoli et les zones alentours avec des milices alliées dont celle de la villa de Misrata (qui a délivré Syrte de l'organisation Etat islamique).
  • Il a le soutien de l'Organisation des Nations Unies.
  • L'Union européenne a condamné l'offensive d'avril 2019 du maréchal Haftar mais ne s'est pas engagée concrètement aux côtés de Fayez al-Sarraj.
  • Il reçoit l'aide du Qatar et de la Turquie.
  • Un rapport de l'ONU du 9 décembre révèle que la Jordanie et les Emirats Arabes Unis fournissent des armes au GNA.

Relire : Libye : "Il n’est pas impossible que le pays en tant qu’entité politique ne puisse pas survivre"
 

Ghassan Salamé, envoyé spécial de l'ONU

L'envoyé spécial pour la Libye de l'ONU Ghassan Salamé lors de la conférence internationale pour la Libye le 29 mai 2018 à Paris. AP / Ludovic Marin
L'envoyé spécial pour la Libye de l'ONU Ghassan Salamé lors de la conférence internationale pour la Libye le 29 mai 2018 à Paris. AP / Ludovic Marin
  • Ce politologue libanais a été professeur à l'Institut de Sciences politique de Paris. Il est nommé en juin 2017 par le secrétaire général de l'ONU envoyé spécial en Libye pour prendre la suite du diplomate allemand Martin Kobler.
  • Commencé en 2017, le processus qu'il avait tenté de mettre en place est balayé par l'offensive du maréchal Haftar en avril 2019.
  • Il espère relancer les négotiations en convoquant une conférence internationale dans la deuxième moitié de janvier comme il le confiait au journal Le Monde le 30 décembre 2019. L'Allemagne lui a offert son aide pour organiser cette conférence à Berlin.
Relire : Libye, le spectre d'une longue guerre civile

Recep Erdogan, président de la Turquie

Recep Erdogan le 2 janvier, Ankara (AP / service de presse présidentiel)
Recep Erdogan le 2 janvier, Ankara (AP / service de presse présidentiel)
  • En mai 2019, le gouvernement de Recep Erdogan livre une trentaine de véhicules blindés au Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj.
  • Le président turc signe avec Fayez al-Sarraj un accord de coopération militaire le 27 novembre 2019.
  • Le 10 décembre, le président Erdogan se déclare prêt à envoyer des troupes en Libye.
  • le 2 janvier il demande au parlement de voter une motion qui donne à l'armée turque un mandat valable un an pour intervenir en Libye. 
  • Dimanche 5 janvier, le président Erdogan annonce l'envoi de troupes en Libye.
Relire : Le Parlement turc a voté pour une intervention militaire en Libye