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Macron charge le gouvernement de faire avancer quatre chantiers prioritaires

Emmanuel Macron lors d'un déplacement à Tours le 5 janvier 2021
Emmanuel Macron lors d'un déplacement à Tours le 5 janvier 2021
afp.com - LOIC VENANCE
Le Premier ministre Jean Castex lors de la conférence de presse du 7 janvier 2021 à Paris
Le Premier ministre Jean Castex lors de la conférence de presse du 7 janvier 2021 à Paris
afp.com - Ludovic MARIN
Le président français Emmanuel Macron, en visite sur le site d'ArianeGroup qui fabrique les moteurs du lanceur européen, le 12 janvier, à Vernon, dans l'Eure.
Le président français Emmanuel Macron, en visite sur le site d'ArianeGroup qui fabrique les moteurs du lanceur européen, le 12 janvier, à Vernon, dans l'Eure.
afp.com - Christophe Ena

Emmanuel Macron a mobilisé mercredi son gouvernement autour de quatre priorités qui, malgré le poids écrasant de la crise du Covid-19, doivent marquer la dernière année qu'il veut "utile" avant la présidentielle de 2022.

Ce séminaire gouvernemental, qui a réuni à l'Elysée les 42 membres du gouvernement, a listé quatre actions prioritaires pour les mois à venir, a expliqué à la sortie le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Il a cité le déploiement du plan de relance, le projet de loi confirmant les principes républicains "pour lutter contre l'islamisme politique", la loi sur les mesures en faveur du climat tirées des propositions de la Convention citoyenne ainsi que le "Beauvau de la sécurité", destiné à "soutenir davantage nos forces de l'ordre".

En outre "des mesures importantes sur l'égalité des chances seront annoncées dans les prochaines semaines, à la demande du président de la République", a-t-il assuré.

Il n'a initialement cité parmi ces priorités ni la réforme des retraites, ni celle de la dépendance, ni celle de l'assurance-chômage. Ces réformes restent "inscrites à l'agenda" mais dépendront de la fin de la crise sanitaire et de la relance économique, a-t-il ensuite précisé, en réponse aux questions de la presse.

La réforme des retraites, très contestée par les syndicats, tout comme celle de l'assurance-chômage portent "un gros point d'interrogation", selon une source proche de l'exécutif.

"Il y a toujours dans un passage gouvernemental des choses que l'on arrive pas à faire aboutir, ça en fait partie", a reconnu lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, tout en réaffirmant qu'elle est nécessaire.

Il s'agissait pour l'exécutif de montrer que son action continue en dépit de la crise sanitaire, pour la dernière année complète du quinquennat avant la campagne présidentielle.

"Je gère la crise chaque jour: le matin, le midi, le soir. C'est mon obsession", a déclaré mardi Emmanuel Macron, qui a d'ailleurs réuni mercredi matin, un Conseil de défense Covid pour étudier de nouvelles restrictions sanitaires, avant une conférence de presse de M. Castex jeudi.

Mais même si cette urgence a totalement bouleversé la politique depuis près d'un an, "il est très important de montrer que les choses continuent à avancer", a-t-il précisé la semaine dernière.

Le chef de l'Etat est déterminé à "agir jusqu'aux derniers jours" du quinquennat, assure l'un de ses proches. Avec une priorité: pouvoir présenter "des résultats concrets" aux Français.

C'est dans ce but que la ministre de la transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin, a présenté au séminaire un baromètre permettant d'évaluer l'avancée de 25 réformes prioritaires, département par département. Il a été mis en ligne mercredi après-midi sur le site du gouvernement.

- Critiques cinglantes -

La majorité cherche à contredire les critiques de l'opposition sur la faiblesse du bilan de la Macronie. "Au final, peu de choses auront été faites dans ce quinquennat, bloqué dès 2018", a affirmé, cinglant, Gérard Larcher, le président LR du Sénat, dimanche dans le JDD.

"Depuis 2017, rien n'a changé en mieux", a également dénoncé la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, possible candidate en 2022, en estimant que la France avait "touché les limites du néolibéralisme".

Face à ces attaques, Emmanuel Macron entend continuer sa politique du "en même temps" en envoyant des signaux aux électeurs de droite comme de gauche.

Pour rassurer les premiers, il affirme sa fermeté sur les dossiers régaliens avec les projets de loi sur la sécurité globale et contre le séparatisme islamiste, qui seront examinés dans les prochaines semaines.

Aux seconds, s'adressent les mesures pour promouvoir "l'égalité des chances", objet de différentes mesures sociales qu'il continuera à défendre lors de visites de terrain.

Parallèlement, seront examinés au printemps le projet de loi climat, issu de la Convention citoyenne, et la révision constitutionnelle pour intégrer la défense climatique dans la Constitution.

Le gouvernement fera en outre le point sur l'application du plan de relance de 100 milliards d'euros présenté en septembre et qui doit désormais "arriver sur le terrain vite, fort et de manière tangible", selon Emmanuel Macron.

Le chef de l'Etat peut s'appuyer sur des sondages plutôt bien orientés. Avec une hausse de quatre points de l'approbation de son action, à 45%, malgré la vive polémique sur le lancement de la campagne de vaccination, selon un sondage Ifop-Fiducial diffusé mardi pour Paris Match et Sud Radio.