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Manifestants et colis piégés, visite tourmentée pour Zemmour à Genève

Manifestation anti-Zemmour à Genève, le 24 novembre 2021
Manifestation anti-Zemmour à Genève, le 24 novembre 2021
afp.com - Fabrice COFFRINI
afp.com - Eloi ROUYER
Manifestation anti-Zemmour à Genève, le 24 novembre 2021
Manifestation anti-Zemmour à Genève, le 24 novembre 2021
afp.com - Fabrice COFFRINI

Des centaines de manifestants antifascistes dans les rues et des alertes au colis piégé en prime: la venue du polémiste d'extrême-droite français Eric Zemmour à Genève, en Suisse, n'est pas passée inaperçue.

Depuis plusieurs jours, la visite sur les bord du lac Léman de l'ancien journaliste, candidat putatif à la présidentielle en 2022 en France, a créé la controverse.

Quelques heures à peine avant qu'il ne prenne la parole dans l'hôtel où est organisée sa conférence, plusieurs alertes au colis piégé ont été signalées dans l'établissement, situé tout près de l'aéroport et protégé par de nombreux policiers.

Après vérification des démineurs, Eric Zemmour est arrivé à l'hôtel vers 20h00 (19H00GMT), a constaté l'AFP, qui n'a pu se rendre à l'intérieur pour assister à la conférence-débat.

Au même moment, un millier de manifestants défilaient dans les rues de Genève, brandissant des drapeaux noirs. Rassemblés sous le nom de "Cortège de l'assemblée de lutte antifasciste", ils ont marché dans le centre-ville, scandant le slogan "Zemmour casse-toi, Genève reste antifa!" (antifasciste), au son des tambours.

"La frontière est ouverte pour Zemmour, il faudrait qu'elle soit ouverte pour tous", a déploré une Française, Nadine, 61 ans, qui dénonce les propos du polémiste sur l'immigration.

"Il vient chercher des sous" à Genève, a fustigé pour sa part un manifestant genevois, Julien, 50 ans.

Aucun incident n'a été signalé.

Dès que le bruit de la venue du polémiste a couru il y a quelques jours, les murs de Genève ont été recouverts de tags haineux: "Pas pour Zemmour", "Zemmour on va te fumer!" ou encore "Crève Zemmour de merde!".

- "Messages haineux" -

Avant même son arrivée, la ville de Genève avait annoncé que le Français n'était pas le bienvenu.

Des politiciens locaux ont lancé une pétition en ligne contre sa venue, tandis qu'un autre groupe de personnes, réunies sous le nom "Organisation des Français émigrés", a publié une autre pétition pour défendre sa venue, au nom de la "liberté d'expression".

"Dans la perspective de la venue de M. Zemmour à Genève, la ville de Genève rappelle son attachement aux valeurs démocratiques et à la liberté d'expression. En raison des risques de troubles à l'ordre public, elle ne souhaite pas mettre à disposition ses infrastructures", avaient indiqué les autorités genevoises quelques jours avant sa venue.

A la radio suisse publique RTS, la maire de Genève, Frédérique Perler, a justifié cette position: "Autoriser M. Zemmour à tenir une conférence dans une infrastructure de la ville de Genève ferait la démonstration que la ville de Genève serait d'une part complice de la propagation des messages haineux par ce monsieur, et contraire d'autre part aux valeurs qui sont défendues par la ville de Genève".

Au départ, la conférence d'Eric Zemmour devait se tenir dans le restaurant d'un parc de la ville, mais la municipalité l'a interdit, selon les médias suisses.

Selon son entourage, Eric Zemmour, candidat pas encore déclaré mais qui joue des coudes dans les sondages avec l'autre figure de l'extrême droite française, Marine Le Pen, doit également s'entretenir avec quelques journalistes suisses.

Interrogé sur les remous que sa venue a provoqué à Genève, Eric Zemmour avait déclaré récemment à la télévision publique suisse: "Je viens toujours à Genève pour chacun de mes livres depuis 20 ans".

Sur son compte Twitter, il a indiqué mercredi avoir rencontré à Genève des élus des deux grands partis suisses de droite, dont Yves Nidegger, de la droite populiste UDC, premier parti de Suisse.

Venu à la conférence-débat, il a indiqué aux journalistes que M. Zemmour est un "homme intéressant", venu en Suisse pour "chercher des soutiens financiers" auprès de Français qui ont trouvé "refuge" dans le pays alpin.

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