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Maroc: amende alourdie en appel pour le journaliste Taoufik Bouachrine

L'entrée du tribunal de Casablanca avant le procès du patron de presse marocain Taoufik Bouachrine, le 8 mars 2018
L'entrée du tribunal de Casablanca avant le procès du patron de presse marocain Taoufik Bouachrine, le 8 mars 2018
afp.com - FADEL SENNA
Le patron de presse marocain Taoufik Bouachrine (g), le 1er octobre 2009 à Casablanca
Le patron de presse marocain Taoufik Bouachrine (g), le 1er octobre 2009 à Casablanca
afp.com - STR
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Le patron de presse marocain Taoufik Bouachrine a été condamné à verser environ 130.000 euros à deux ministres pour "diffamation", a indiqué jeudi à l'AFP son avocat, soit plus du triple de la somme fixée en première instance.

M. Bouachrine, emprisonné dans le cadre d'autres affaires, devra verser 1.400.000 dirhams contre initialement 450.000 dirhams (environ 40.000 euros), selon une décision rendue mercredi par la chambre d'appel du tribunal de première instance de Casablanca, a précisé Me Moulay el Hassan Elalaoui.

Le journaliste était poursuivi depuis 2015 pour avoir accusé dans un article les ministres de l'Agriculture et de la Pêche, Aziz Akhannouch, et de l'Economie et des Finances, Mohamed Bousaïd -limogé en août- d’avoir modifié un article de la loi des finances 2016 permettant à M. Akhannouch de prendre le contrôle du Fonds de développement rural, aux dépens du chef de gouvernement de l'époque, Abdelilah Benkirane.

Directeur du quotidien indépendant Akhbar al-Yaoum, M. Bouachrine est poursuivi dans plusieurs autres affaires et a été condamné en novembre à 12 ans de prison pour des violences sexuelles qu'il a toujours niées. Il doit verser à huit victimes des indemnisations allant de 9.000 à 46.000 euros.

Pour Younes Maskine, qui remplace M. Bouachrine à la tête du journal depuis son arrestation en février, cette nouvelle décision de la justice est "une étape supplémentaire dans le processus visant à faire taire à jamais Akhbar al-Yaoum".

Connu pour son ton critique, M. Bouachrine a tout nié et dénoncé un "procès politique". Les avocats de la partie civile ont de leur coté parlé d'une "politisation" de ce procès mouvementé ayant divisé l'opinion marocaine.

Le journaliste est également poursuivi entre autres pour publication de fausses informations.