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Mayotte : Annick Girardin annonce des mesures de sécurité

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La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé ce lundi à Dzaoudzi une série de mesures en matière de sécurité et de lutte contre l'immigration irrégulière à Mayotte, en proie à un mouvement de contestation depuis fin février.

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"Le 101e département français reste Mayotte, Mayotte reste un département français", a martelé la ministre lors d'une conférence de presse pour signifier l'attachement à ce territoire, appelant à redéfinir les compétences du département autant que l'accompagnement de l'Etat.

Elle a notamment énuméré les efforts faits en matière d'effectifs de sécurité, annoncé des meures supplémentaires contre l'immigration clandestine et ouvert le chantier d'un possible statut d'extraterritorialité pour l'hôpital, afin de dissuader la multiplication de naissances d'enfants nés de mères en situation irrégulière, ce qui est perçu comme un abus du droit du sol.

Mais dans un communiqué, le collectif et l'intersyndicale à l'origine du mouvement ont dit "refuser de s'associer à cette mascarade", regrettant qu'il n'y ait "aucune intention de mener de véritables négociations sur (leurs) revendications", et déplorant "une tentative de divisions des élus".   
Pour Maoulida Momed, un des porte-parole, les mesures annoncées par la ministre sont "des sous mesures prises dans l'urgence qui ne résoudront rien sur le long terme".

De son côté Mme Girardin a promis de revenir à Mayotte "avant le 15 avril" et jugé "indispensable" de rencontrer l'intersyndicale, tout en soulignant qu'elle ne "méconnaî(ssai)t pas la grande manifestation" prévue mardi à Mamoudzou.
Parmi ses annonces, 60 gendarmes mobiles arrivés début mars resteront jusqu'à la fin de l'année scolaire, un demi-escadron de gendarmes mobiles présent depuis l'an dernier est pérennisé, une brigade de gendarmerie nationale est créée à Koungou, tandis qu'en parallèle sont augmentés les effectifs de la réserve territoriale de la gendarmerie.
L'arrivée de nouveaux renforts est accélérée, avec la venue de dix policiers supplémentaires en mars et seize gendarmes d'ici le 1er août, affectés notamment à la prévention de la délinquance juvénile.

Enfin vingt gendarmes et dix policiers supplémentaires arriveront ultérieurement dans le cadre de la Police de sécurité du quotidien.
Les crédits du fonds interministériel de la prévention de la délinquance sont portés à 330.000 euros, a dit Mme Girardin, notamment pour faciliter le développent de la vidéo-surveillance et un partenariat dans le cadre de la zone de sécurité prioritaire en voie de création.
En ce qui concerne la lutte contre l'immigration clandestine et ses conséquences, un état-major de la lutte contre celle-ci à terre et sur mer sera créé ce mois-ci, sous la direction d'un sous-préfet chef d'état major qui sera nommé, a souligné la ministre.

Elle a aussi cité "l'envoi immédiat par la marine nationale d'un navire patrouilleur militaire qui est sur place depuis 24 heures", afin de renforcer les capacités de surveillance en haute mer jusqu'à l'arrivée de nouveaux intercepteurs l'été prochain.
La capacité d'intervention maritime "est organisée de manière à ce que 24 heures sur 24 il y aura de la présence pour lutter contre l'immigration clandestine et arrêter les kwassa kwassa qui peuvent aujourd'hui aborder nos côtes", a souligné la ministre. La capacité d'appui aérien est renforcée avec une augmentation des rotations d'hélicoptères.
Un groupe d'enquêtes interservices contre l'immigration irrégulière est créé et un officier de liaison affecté au ministère de l'Intérieur comorien "parce que cette lutte contre l'immigration clandestine se fait bien sûr à partir des Comores", a précisé Mme Girardin.

Mme Girardin a aussi annoncé la mise en place immédiate d'un plan de destruction de l'habitat illégal, en particulier dans les zones de risques naturels, en associant étroitement les maires. Les procédures d'évacuation et de destruction des habitations illégales devraient être assouplies.
En ce qui concerne la lutte contre l'abus du droit du sol, elle a souligné "la volonté de travailler avec un groupe dédié sur la possibilité de créer un hôpital ou de donner à l'hôpital de Mayotte un statut d'extraterritorialité de manière à répondre à ces questions".