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Mémoire de l'esclavage : une résolution pour que l'Europe "regarde avec lucidité son histoire"

Momument à Paris rendant hommage au général Thomas Alexandre Dumas (1762-1806), esclave devenu général de la Révolution française.
Momument à Paris rendant hommage au général Thomas Alexandre Dumas (1762-1806), esclave devenu général de la Révolution française.
AP Photo/Jacques Brinon

Le député français du parlement européen Younous Omarjee (LFI) réclame que l'union européenne reconnaisse l'esclavage comme crime contre l'humanité. Le parlemenaire souhaite que l'Union européenne instaure une journée européenne de mémoire sur l'esclavage. Ce sont des pays européens qui ont organisé le commerce des esclaves pendant plus de trois siècles.

Le député français du parlement européen Younous Omarjee a présenté une résolution demandant que l'Union européenne via le Parlement européen reconnaisse l'esclavage comme un crime contre l'humanité. Cette résolution est soumise au vote du parlement européen ce vendredi 19 juin.
 

Cette reconnaissance serait doublée de l'organisation d'une journée européenne mémorielle sur l'abolition de l'esclavage. La date serait fixée au 2 décembre. Le député propose cette date car elle fait référence à la journée mondiale sur l'abolition de l'esclavage organisée par l'organisation des Nations unies.

Dans son discours devant le Parlement européen lors du débat sur la mort de Georges Floyd, le parlementaire a présenté son projet. L'Europe n'a pas pris en compte la dimension de cette histoire. "L'Europe dans son histoire a oscillé entre civilisation et barbarie. L'Europe c'est les Lumières mais le continent a aussi développée l'idée de hiérarchisation des races pour justifier l'escalavage, les conquêtes et la colonisation et pour justifier l'Holocauste", souligne alors Younous Omarjee.

Entretien : le député européen Younous Omarjee.
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Les Européens dans leur ensemble doivent prendre conscience de ce passé. Et selon le député "c'est tout un continent mental qu'il faut déconstruire. L'Europe doit regarder avec lucidité son histoire".

L'Union européenne contrairement à une autre institution internationale, l'ONU, n'a donc pas organsié de moment mémoriel sur cette histoire, laissant les pays membres travailler sur cette question de la mémoire de l'esclavage.
Le Portugal, La France, le Royaume-Uni (membre de l'Union jusqu'en 2019) et l'Espagne constituaient les principaux pays européens pratiquant le commerce des esclaves africains entre le début du XVIème siècle et le XIXème siècle. 

Des pays membres de l'Union européenne comme la France ont instauré une journée mémorielle sur l'abolition de l'esclavage. En 2001, la France a reconnu l'esclavage comme crime contre l'humanité. Au Portugal, il a fallu attendre 2019 à Lisbonne pour qu'un monument rappelle la mémoire de l'esclavage. Pourtant, plus de 10% de la population de la ville était noire au XVIème siècle. Mais rien n'a été organisé au niveau supranational. 

Le vote sur cette résolution intervient au moment où les Etats-Unis commémorent ce 19 juin l'abolition de l'esclavage en pleine période de tensions autour des discriminations subies par la communauté noire.

Des milliers de personnes sont attendues lors des multiples manifestations prévues de New York à Los Angeles pour le 155e anniversaire du «Juneteenth» (contraction de juin et de 19 en anglais), ce jour de 1865 où les esclaves de Galveston au Texas ont appris qu'ils étaient désormais libres. A cette occasion, la cheffe des démocrates Nancy Pelosi a fait retirer jeudi quatre portraits de confédérés du Congrès américain.