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Migrants : les navires Sea-Watch et Sea-Eye toujours bloqués en mer

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© TV5MONDE

Depuis deux semaines, 49 migrants sont bloqués sur deux bateaux de sauvetage au large de Malte dans des conditions sanitaires qui se détériorent au fil des jours.

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Ils dorment pour mieux supporter le mal de mer et le froid, pendant que d'autres jouent aux cartes pour tromper l'ennui et l'angoisse. En tout, une cinquantaine de candidats à l'exil, dont des enfants, se trouvent à bord de deux navires des ONG allemandes Sea-Watch et Sea-Eye, secourus il y a 15 jours maintenant.

Quinze longs jours qu'ils sont bloqués en pleine mer aux larges de Malte, tenus à bonne distance par les gardes-côtes. La Valette comme Rome refuse une fois de plus de les laisser débarquer.

 
Nous manquons de nourriture, de fournitures et d'eau potable, c'est difficile. Mais notre plus gros problème est aussi que les personnes que nous avons à bord présentent des problèmes mentaux à cause du stress.Philpp Hahn, chef de mission pour l'ONG Sea-Watch
Ce jeudi, de désespoir, un homme, profitant de l'arrivée d'un nouvel équipage et de vivres, s'est jeté à l'eau pour rejoindre la terre ferme à la nage. Il a évité l'hydrocution et la noyade de peu. Ses compagnons d'infortune ne veulent pas à nouveau mettre leur vie en danger, mais ils ne comprennent pas pourquoi personne ne veut d'eux.

 
Nous sommes des humains comme tout le monde. L'Europe nous refuse, on sait pas pourquoi, c'est un problème de racisme ? Bob Kiangala, migrant venu de RDC
Vendredi, des parlementaires allemands se sont rendus à bord du navire pour se rendre compte par eux-mêmes de la situation et exhorter l'Union européenne à agir.

 
Il nous faut un système qui fonctionne pour accueillir les gens. Cela doit se faire à terre et pas en mer, il faut en finir avec cette catastrophe, il faut le faire le plus vite possible.Helge Lindh, député allemand social-démocrate (SPD)
Pour le moment, seuls l'Allemagne, les Pays-Bas et la France se sont portés volontaires pour accueillir "une partie des migrants", seulement.

A quelques mois des élections européennes, la frilosité est plus que jamais de mise, malgré une baisse constante du flux migratoire... et le nouvel appel du pape ce dimanche à la solidarité demeurera sans doute un voeu pieux.