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Migrants : rappeler le sens du mot "Hospitalité"

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Face à une Europe qui se transforme de plus en plus en forteresse et refoule les migrants, le philosophe Guillaume Le Blanc tient à rappeler le sens du mot "hospitalité", pour "vaincre nos peurs et tendre la main". 

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"Les migrants sont des personnes qui n'ont plus de chez soi. Recréer un lieu par des liens, c'est ça l'hospitalité". Voici la définition de l'hospitalité par Guillaume Le Blanc, philosophe, professeur à l'Université Paris-Est-Créteil. Depuis des années, le chercheur questionne l'exclusion, la précarité, et "l'insurrection des vies minuscules".

En 2017, après une enquête de terrain dans les camps de migrants à Calais et d'autres en Europe, il publie La fin de l'hospitalité. Et questionne un pays qui ne tient pas son rang :
 
On ne peut pas être un grand pays, se donner comme devise 'Liberté, Egalité, Fraternité', si ce dernier mot fraternité reste au seuil de notre frontière.Guillaume Le Blanc, philosophe
Vaincre la peur

Hier la peur du Rom, avant-hier la peur de l'Italien... pour le philosophe, "les peurs empêchent le raisonnement".  Pour les contrer, une seule solution : l'éducation, l'intelligence, et le courage politique.
 
Accueillir c'est rationnel, ce n'est pas sentimental. C'est un geste d'intelligence. Ce n'est pas simplement une main sur le coeur.
Guillaume Le Blanc, philosophe

Politiques d'hospitalité 

Son livre aboutit à un constat : "d'un côté les Etats-Nations ferment leur porte, de l'autre côté, heureusement, une société s'organise, avec des réseaux de bénévoles et fait la politique que ne fait plus l'Etat-nation". 

Le philosophe veut du concret : "je réclame des dispositifs concrets d'accueil dans toutes les régions de France. Nous avons selon les estimations a minima plus de 3 à 5 millions de mètres carrés de bureaux vides en France. Chaque région devrait faire un audit pour estimer le métrage qui pourrait être utilisé pour l'accueil des migrants".