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Mondial du vent: l'équipe de France de kitefoil sur un "tapis volant" vers les JO 2024

Un concurrent utilise un aileron pour son kitefoil lors du Mondial du Vent, à Leucate, le 2 mai 2021
Un concurrent utilise un aileron pour son kitefoil lors du Mondial du Vent, à Leucate, le 2 mai 2021
afp.com - RAYMOND ROIG
Nicolas Parlier, quadruple champion du monde de kitefoil, participe au Mondial du vent à Leucate, le 2 mai 2021
Nicolas Parlier, quadruple champion du monde de kitefoil, participe au Mondial du vent à Leucate, le 2 mai 2021
afp.com - RAYMOND ROIG
Poema Newland participe au Mondial du vent, à Leucate, le 2 mai 2021
Poema Newland participe au Mondial du vent, à Leucate, le 2 mai 2021
afp.com - RAYMOND ROIG

Le pic du Canigou et le massif des Corbières en toile de fond, l'équipe de France de kitefoil avait déjà l'esprit tourné cette semaine lors du Mondial du vent de Leucate vers les Jeux de Paris 2024, à l'occasion desquels cette jeune discipline fera ses grands débuts olympiques.

Tractés à vive allure par la généreuse tramontane qui s'engouffre dans leurs ailes multicolores, les compétiteurs semblent en lévitation au-dessus des clapots de la Méditerranée.

"Tu as l'impression d'être sur un tapis volant", décrit, sous son casque jaune fluo, Axel Mazella, double vainqueur de la Coupe du monde de kitefoil, un dérivé du kitesurf agrémenté d'un foil.

Grâce à cet appendice d'environ un mètre de long, inspiré de ceux utilisés sur les bateaux de course de la Coupe de l'America ou du Vendée Globe, la planche s'élève et les compteurs s'affolent.

"On ne touche vraiment pas l'eau, il n'y a plus aucune friction, c'est vraiment tout doux", poursuit le Toulonnais de 23 ans. "Tu as ce sentiment de liberté qui fait que c'est génial. Et on va très vite, avec des pointes à 85 km/h".

- La France pionnière -

A seulement 25 ans, Nicolas Parlier fait partie des pionniers de cette discipline spectaculaire qui fera son entrée au programme olympique lors des JO de Paris 2024, dans les eaux marseillaises.

"Notre premier championnat du monde a eu lieu en 2014 et on se retrouve dix ans après aux Jeux olympiques. Peu de sports ont connu une ascension aussi fulgurante", apprécie le quadruple champion du monde français.

Cet horizon olympique a accéléré le développement international du kitefoil, dans lequel la Fédération française de voile a accentué son investissement pour être certaine de conserver son avantage sur les nations concurrentes.

"Le foil est quand même né en France et le haut niveau y a été reconnu plus tôt qu'ailleurs", explique l'entraîneur de l'équipe de France Ariane Imbert, le visage couvert de crème pour se protéger du soleil audois.

"On a été les premiers à arriver sur des championnats du monde ou d'Europe avec des kinés et des entraîneurs. Chose que les étrangers ne faisaient pas encore", relève-t-elle. "Maintenant, forcément, avec l'arrivée de l'olympisme, ils s'y sont mis, mais on est vraiment pionniers et on a un petit temps d'avance, qu'il va falloir garder".

- Relais mixte -

Avant de se retrouver sur le Mondial du vent de Leucate, compétition de référence des sports de glisse née il y a un quart de siècle dans cette région très venteuse, l'équipe de France de kitefoil a enchaîné depuis le début de l'année les stages et les quelques épreuves maintenues en dépit de la crise sanitaire.

Elle travaille même avec un préparateur mental et veille tout spécialement à sa cohésion de groupe dans l'optique du format retenu pour les Jeux: un relais mixte, avec un garçon et une fille.

Ce choix a surpris dans une discipline par essence individuelle. "Mais au final, on commence à s'entraîner dessus et à comprendre comment ça marche", affirme Poema Newland, médaillée d'argent aux Jeux olympiques de la jeunesse 2018.

"Ca ajoute du fun, parce qu'on n'est plus tout seul dans notre performance, il faut qu'on rencontre l'autre", développe la Narbonnaise de 20 ans. "On a un bon petit groupe, on s'entraîne souvent ensemble et on s'entend tous bien".

Avec quatre garçons dans le top six mondial et un niveau de plus en plus élevé chez les filles, la concurrence sera rude pour intégrer le seul duo que la France pourra aligner aux JO 2024. Au détriment de la cohésion?