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Mort de Kirk Douglas : la plus francophone des légendes américaines du cinéma

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TV5MONDE

Kirk Douglas est mort. L'acteur et réalisateur américain, dernier monstre sacré du cinéma hollywoodien, s'est éteint à l'âge de 103 ans. Marié à une productrice américano-belge, Anne Buydens, âgée de 100 ans aujourd'hui, il parlait parfaitement le français.  

Fils de chiffonier juif ayant fui la Russie, Kirk Douglas (de son vrai nom Issur Danielovitch Demsky) était né le 9 décembre 1916 à Amsterdam, petite ville de l'Etat de New York. Après une enfance misérable, un enrôlement dans la Marine durant la Seconde Guerre mondiale, il décroche des petits rôles avant de rencontrer enfin le succès comme boxeur acharné dans Le Champion, puis il enchaîne avec une centaine de films dont les célèbres 20 000 lieues sous les mers (1954), Les Sentiers de la gloire (1957) de Stanley Kubrick et Spartacus (1960).

Vie privée et francophilie

En premières noces, il se marie avec Diana Hill (née le 22 janvier 1923, divorcée en 1951 et morte le 3 juillet 2015) avec qui il a eu deux fils, l'acteur Michael Douglas et Joel Douglas. En secondes noces, en 1954, il épouse une francophone : Anne Buydens.

Née il y a maintenant plus de 100 ans, Anne Buydens (née Marx) est une productrice qui naît en Allemagne (Hanovre), dont la famille part en Belgique pour fuir le nazisme. Elle devient Belge dès son enfance. Parfaite francophone, elle effectue ses études en Belgique avant de les poursuivre en Suisse. Le couple qui a célébré en 2004 ses noces d'or et, 50 ans après leur mariage civil, un nouvel échange des voeux du mariage dans la tradition juive, a eu également deux fils.


Méthode Assimil et francophonie 

Le premier contact de Kirk Douglas avec le français s'effectue lors de sa première visite à Paris au début des années 50, où il devait tourner Act Of Love (Un acte d’amour) avec Serge Reggiani et Brigitte Bardot. Ce drame raconte les amours malheureuses d’un G.I. et d’une Française dans le Paris de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ce film, dont les dialogues étaient signés Joseph Kessel, devait être tourné en deux versions : en français et en anglais. Mais Kirk Douglas insista pour faire les deux versions alors qu’il ne parlait pas un mot de français !

Il pensait à juste titre qu’il serait plus réaliste d’entendre à l’écran un G.I. parler français avec un accent américain. L’acteur, qui parlait déjà l’allemand, le yiddish et un peu d’italien, se mit à apprendre le français avec assiduité, comme il le rapporte dans ses mémoires, Le fils du chiffonier (Archipoche, 2013), et grâce à une méthode très connue à l'époque, Assimil.  
 

« Je trouvais un professeur de français. Nous travaillions deux heures par jour, six jours par semaine, sur un Assimil. Tous les jours nous faisions un chapitre, parfois deux […] Elle ne tarissait pas d’éloges sur mes progrès. Elle me dit (en français) qu’elle me voyait littéralement ingurgiter de larges portions de français. […] Au bout de deux mois, je parlais le français couramment et pouvais lire les journaux. En guise d’exercice, Mme Lafeuille et moi allions déjeuner au Fouquet’s. Je passais les commandes en français et toute la conversation avec Mme Lafeuille se déroulait en français. Mon professeur me couvait d’un regard admiratif : son élève avait acquis la maîtrise de la langue en deux mois, et il parlait avec un accent non pas américain, mais peut-être légèrement hollandais. »​ 
(extrait de son autobiographie : Le fils du chiffonier)



Pour la sortie de son autobiographie "Le fils du chiffonnier" en 2013, le monstre sacré d'Hollywood a évoqué sa vie et sa carrière dans un parfait français, interviewé par Christian Defaye sur le plateau de Spécial Cinéma de la RTS (Radio Télévision Suisse).

https://youtu.be/N4UncDBs6w0