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Netanyahu en visite à Paris pour un front commun anti-Iran

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(commentaire : Pascale Achard @TV5MONDE)

Benjamin Netanyahu poursuit sa tournée européenne anti-Iran. Après l'Allemagne, il se rend ce mardi 5 juin 2018 en France, afin de tenter de convaincre Emmanuel Macron d'adhérer à son front contre Téhéran.  L'annonce concomitante de l'Iran d'augmenter ses centrifugeuses pourrait faire en sorte qu'il reçoive une écoute plus attentive de la part du président français.

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Tel un VRP de l'ostracisation iranienne à la Trump, Benjamin Netanyahu arrive en France ce mardi pour rencontrer Emmanuel Macron. Après Berlin où il a agité le chiffon rouge des migrants pour alerter Angela Merkel de l'urgence de contenir l'influence de Téhéran au Moyen-Orient, c'est à Paris que le Premier ministre israélien est attendu pour porter le fer. 

Il risque d'y rencontrer la même incrédulité. A l'instar de la chancelière allemande, le président français va réitérer à son tour la nécessité de sauvegarder l'accord sur le nucléaire iranien qui, à défaut d'être parfait, offre aux yeux des Européens le seul garde-fou contre la prolifération nucléaire dans la région.    

Une vision à l'opposé de celle du dirigeant de l'Etat Hébreu, totalement sur la même ligne que Donald Trump, lequel a sorti le 8 mai les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien. Selon Benjamin Netanyahu, cet accord n'empêchera pas l'Iran de se doter de la bombe atomique et l'aide à financer son expansion régionale (en Syrie, au Liban, en Irak), au détriment de la sécurité d'Israël, en renflouant son économie.

L'Iran met la pression sur l'Europe

L'annonce faite ce mardi par Téhéran d'augmenter sa capacité à enrichir l'uranium pourrait conforter l'argumentaire israélien et infléchir la position européenne de sauvegarde. 

Selon le vice-président Ali Akbar Salehi, cité par l'agence de presse Fars, l'Iran a informé lundi par lettre l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) du "commencement de certaines activités".

"Si les conditions le permettent, peut-être que demain soir (mercredi soir), à Natanz (centre), nous pourrons déclarer l'ouverture du centre de production de nouvelles centrifugeuses", a-t-il poursuivi, précisant: "Ce que nous faisons ne viole pas l'accord. (...) Ces démarches ne veulent pas dire que les négociations (avec l'Europe) ont échoué".

L'augmentation de ces centrifugeuses fait toutefois assurément monter la pression sur les Européens, tant cette question est au coeur des craintes exprimées à propos du programme nucléaire iranien.
                  
Accusé par les États-Unis et Israël de chercher à vouloir se doter de l'arme atomique, l'Iran répète inlassablement que son programme nucléaire est uniquement à visée pacifique et civile. Et c'est sur ce présupposé que s'était signé l'accord conclu en 2015, permettant le retour de l'Iran dans la communauté des nations après des années d'isolement.

Désormais, depuis le retrait de Washington le 8 mai, la survie de l'accord est en jeu et la voie au rétablissement des sanctions économiques américaines est réouverte.

Une perspective que brandit également le dirigeant israélien. Pour faire céder les Européens, il mise aussi sur la menace de ces sanctions américaines contre les entreprises européennes (qui ne sont pas encore entrées en vigueur). Un argument qui a commencé à faire mouche au sein des grands groupes français qui plient bagage. 
 

"En même temps" : Total et PSA quittent l'Iran... 


Emboîtant le pas à Total, le constructeur automobile PSA s'apprête à quitter ce marché juteux sur lequel il s'était tout juste réimplanté. Son plus grand marché étranger en volume avec plus de 400 000 véhicules vendus l'an dernier.

Le groupe vient d'annoncer dans un communiqué avoir "commencé le processus de suspension des activités de ses joint-ventures, afin de se conformer à la loi américaine d'ici le 6 août 2018".

Quid du conflit israélo-palestinien ?

Autant dire que dans ce contexte, le conflit israélo-palestinien se trouve relégué au deuxième plan, alors même que plus d'une soixantaine de Palestiniens ont péri il y a trois semaines sous le feu des tirs israéliens à la frontière de la Bande de Gaza. 

Le "en même temps" macronien tamisant de plus les responsabilités. En réaction à ces frappes israéliennes, le président français avait condamné les violences tout en rappelant son "attachement à la sécurité d'Israël". 

Alors que plusieurs associations pro-palestiniennes ont appelé à manifester contre la visite de Benjamin Netanyahu cette après-midi, les deux hommes vont inaugurer l'exposition Israel@Lights au Grand Palais qui ouvre la Saison croisée France-Israël, à l'occasion des 70 ans de l'Etat Hébreu.
 


Ils y trouveront peut-être matière à accorder leurs vues. La thématique de l'exposition ? L'innovation technologique.