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Nice: le blocage des trains par des voyageurs relance les critiques de la région Paca contre la SNCF

Des dizaines de voyageurs excédés ont bloqué pendant deux heures les voies de la gare de Nice-Riquier
Des dizaines de voyageurs excédés ont bloqué pendant deux heures les voies de la gare de Nice-Riquier
afp.com - Ludovic MARIN
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Les élus de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, engagés dans un bras de fer avec la SNCF, ont saisi vendredi l'occasion du blocage des voies dans une gare de Nice par des voyageurs excédés pour relancer une salve de critiques contre le groupe ferroviaire.

Voulant protester contre des retards et des suppressions de trains, quelques dizaines de voyageurs ont bloqué pendant deux heures vendredi matin les voies de la gare de Nice-Riquier, empêchant entre 08H00 et 10H00 environ la circulation de tous les trains entre Nice et Vintimille.

Suite à une intervention "sans violence" des forces de l'ordre, les manifestants ont débloqué les voies et une délégation a été reçue par la direction locale, selon la SNCF. Sur Twitter vendredi matin, des voyageurs de la ligne Nice-Vintimille relayaient des vidéos montrant l'occupation des voies. D'après les commentaires des usagers, trois trains avaient été supprimés tôt vendredi matin, et le quatrième n'avait pu démarrer car il était bondé.

La SNCF a justifié ces difficultés en évoquant notamment les conséquences des mouvements de grève des derniers mois: "Depuis la sortie de grève, des problèmes matériels touchent cette ligne suite à la péremption des rames et leur maintenance. Cela a entraîné des suppressions ce matin et par conséquent une affluence voyageurs compromettant la sécurité et ainsi le départ des #TER", a assuré le groupe sur le compte Twitter des TER de Paca.

Mais les élus de la région ont mis en cause directement le groupe. Maire de Nice et président délégué de la région Paca, Christian Estrosi a ainsi dénoncé sur Twitter l'attitude de la SNCF: "Je ne cautionne pas le blocage des voies ce matin en gare de #Nice06 Riquier mais je veux dénoncer l'attitude déplorable de la @SNCF et le chantage inadmissible qu'elle a engagé avec @maregionsud pénalisant au quotidien les usagers et les agents".

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur espère ouvrir le plus tôt possible à la concurrence son réseau de TER et a engagé depuis un an et demi un bras de fer avec la SNCF, refusant de signer la convention qui encadre l'exploitation des TER au motif qu'il y avait notamment trop de retards et d'annulations.

Jeudi, le président de la région, Renaud Muselier, avait déjà écrit à la ministre des Transports, Élisabeth Borne, pour dénoncer "un chantage inadmissible de la SNCF", qui s'est opposée selon lui à l'achat de matériels roulants pour 170 millions d'euros financés par la région en raison des contentieux qui les opposent.

"Il n'y a de notre part ni chantage, ni représailles", a répondu un porte-parole de la SNCF à l'AFP: "Au-delà du litige économique, c'est avant tout l'absence de contrat (la convention liant la SNCF à la région, ndlr) qui nous empêche de réaliser de nouveaux investissements. Comment pouvons-nous commander à une entreprise (...) de délivrer une prestation sans avoir la garantie nous-mêmes d'être payés?".

"Nous regrettons la situation dans laquelle nous avons été mis en Paca (...) et nous renouvelons à la région notre demande d'ouverture de négociations en vue de retrouver un mode de fonctionnement", a ajouté ce porte-parole.

De son côté, dans un communiqué publié vendredi après-midi, la CGT Cheminots Paca a assuré que "sur Nice (...) pour des raisons de manque de matériel, la direction SNCF a purement et simplement supprimé sans préavis 6 trains, causant la colère des usagers". Le syndicat ajoute que les dépôts où sont entretenues les rames "subissent des suppressions de personnel".