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Norvège : une attaque à l'arc fait cinq morts et deux blessés, un suspect soupçonné de radicalisation

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Cinq personnes sont mortes dans une attaque à l'arc et aux flèches ce 12 octobre à Kongsberg, dans le sud-est de la Norvège. Un suspect a été interpellé peu après les faits. La police précise que ce Danois de 37 ans converti à l'islam était déjà connu pour des craintes de radicalisation. 

La police norvégienne a arrêté un Danois de 37 ans, soupçonné d'être l'auteur d'une attaque à l'arc et aux flèches qui a fait cinq morts et deux blessés mercredi à Konsberg, dans le sud-est du pays. Le suspect, interpellé peu de temps après les faits, s'est converti à l'islam et avait été en contact dans le passé avec la police pour des "craintes de radicalisation".

"Nous avons décidé de confirmer cette information car beaucoup de rumeurs circulent sur les réseaux sociaux autour de l'auteur de l'attaque, certaines [mettant en cause] des personnes n'ayant aucun lien avec les actes graves commis", a-t-elle ajouté. Plus tôt dans la soirée, le responsable de la police locale, Øyvind Aas, avait fait état lors d'un point de presse de cinq personnes mortes et deux blessées. "Il y a eu des craintes liées à une radicalisation précédemment", a dit un responsable de la police norvégienne, Ole Bredrup Saeverud, lors d'un autre point de presse. Ces craintes, qui ont donné lieu à un suivi, remontent à 2020 et avant, a-t-il précisé.

La piste terroriste n'est pas écartée

Les deux blessés ont été hospitalisés dans des unités de soins critiques mais, selon Øyvind Aas, rien n'indique que leur vie est en danger. L'un d'eux était un policier hors service qui se trouvait dans un supermarché, l'un des multiples endroits où l'attaque s'est produite. "Selon les informations dont nous disposons maintenant, il n'y a qu'une personne impliquée dans ces actes", a ajouté le policier. Aucun autre suspect n'est donc recherché. Les motivations de l'agresseur sont encore inconnues à ce stade.

Selon la chaîne TV2, généralement bien informée, l'auteur présumé de l'attaque est converti à l'islam et a des antécédents médicaux , ce que les autorités n'ont pas voulu confirmer. "Vu le déroulement des faits, il est naturel d'évaluer s'il s'agit d'une attaque terroriste", a indiqué Øyvind Aas. "Le suspect n'a pas été entendu et il est trop tôt pour se prononcer sur ses mobiles", a-t-il ajouté, précisant que les enquêteurs gardaient "toutes les possibilités ouvertes".

"Ces événements nous ébranlent"

Informée à 18H13 (16H13 TU), la police a arrêté le suspect à 18H47 et l'a emmené au commissariat de la ville voisine de Drammen. À Kongsberg, petite ville d'environ 25 000 habitants à environ 80 kilomètres à l'ouest d'Oslo, l'accès aux lieux du crime était bloqué par un cordon de police et des agents, a constaté un correspondant de l'AFP.

Une femme, Hansine, qui a en partie assisté à l'attaque, a dit à TV2 avoir entendu du vacarme et vu une femme se mettre à l'abri ainsi qu'"un homme au coin de la rue avec des flèches dans un carquois sur l'épaule et un arc dans la main". "Après, j'ai vu des gens courir pour leur vie. L'un d'eux était une femme qui tenait un enfant par la main", a-t-elle témoigné auprès de la chaîne. 

(Re)lire : Norvège : peut-on éduquer les hommes contre la violence ?

"Ces événements nous ébranlent", a déclaré la Première ministre Erna Solberg, dont c'était le dernier jour en fonction. Elle cédera jeudi son poste au travailliste Jonas Gahr Støre, vainqueur des législatives du 13 septembre. Les habitants ont été appelés à rester chez eux tandis que d'importantes forces de police et de multiples ambulances ont été déployées. Des hélicoptères de la police et des services médicaux ainsi qu'une équipe de démineurs ont aussi été envoyés sur place.

Les policiers armés temporairement

La direction norvégienne de la police a décidé que les agents, qui ne sont généralement pas armés, porteraient des armes à titre temporaire dans tout le pays. Plusieurs médias ont diffusé des photos de flèches noires, de compétition semble-t-il, gisant au sol ou, pour l'une d'entre elles, solidement fichée dans un mur.

Dans le passé, la Norvège, nation traditionnellement paisible, a été la cible d'attaques d'extrême droite. Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik avait tué 77 personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant huit morts, avant d'ouvrir le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya, faisant 69 autres victimes.

En août 2019, Philip Manshaus avait aussi tiré dans une mosquée des environs d'Oslo, avant d'être maîtrisé par des fidèles, sans faire de blessé grave. Il avait auparavant abattu par racisme sa demi-soeur adoptive d'origine asiatique. Plusieurs projets d'attentats islamistes ont par ailleurs été déjoués.

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