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"Notre pays n'est pas menacé d'une vague migratoire " Pascal Cherki, invité de TV5MONDE

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©TV5MONDE/David Delos

Pascal Cherki, ancien maire du 14ème arrondissement de Paris, ancien membre du Parti Socialiste est désormais affilié à Generation.s, le mouvement lancé par Benoît Hamon après son départ du Parti socialiste. 
 

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La France a un devoir d'accueil

Interrogé sur le projet de loi du gouvernement, destiné à réformer la polique migratoire et le droit d'asile en France, Pascal Cherki souligne :

 
Ce projet de loi est sans précédent depuis la seconde guerre mondiale et les heures sombres de notre pays. C'est un virage réactionnaire que même Nicolas Sarkozy n'avait pas fait. C'est à dire que l'on revient sur l'inconditionnalité de l'accueil et on criminalise en quelque sorte l'accueil des réfugiés. (...) "La France a un devoir d'accueil.  Contrairement à ce que dit le Président de la république et surtout le Premier ministre, nous ne sommes pas menacés d'une vague migratoire, c'est un mensonge. 
" Nous la France membre du conseil de sécurité, les Nations Unies, l'une des principales économies du monde, on n'est pas capable d'accueillir 185 000 personnes éventuellement ? C'est signer l'impuissance de notre pays et moi je n'accepte pas que notre pays renvoit une image de lui d'impuissance, de médiocrité et contraire à ses valeurs fondamentales."

Une politique frileuse et réactionnaire

"Où est la vague migratoire ? Nous ne sommes pas menacés d'une subversion. Donc, c'est une politique frileuse, réactionnaire et qui revient sur des principes qui ont permis qu'on vive ensemble. Même Nicolas Sarkozy quand il partait en guerre ne se mettait pas à dos l'ensemble des associations. Moi ce que je constate de ce gouvernement et du président de la république, et ça me surprend de sa part. Je rappelle qu'il a quand même été élu au second tour contre le Front National, en défendant les questions de société, une position beaucoup plus équilibrée que le virage réactionnaire qu'il est en train de prendre. "

L'inconditionnalité de l'accueil, un principe fondamental

"L'inconditionnalité de l'accueil, c'est un principe fondamental. Quand vous accueillez quelqu'un qui est en situation de détresse, vous n'êtes pas là à le ficher. C'est d'ailleurs ce que disent les associations. Si ces personnes vivent dans la crainte, elles vont plonger dans la clandestinité. On a besoin au contraire des les aider et progressivement les intégrer. C'est le rôle même de l'accueil. "

" Il faudrait que le gouvernement ait en tête une chose. L'INSEE estime que 3 millions et demi de français vivent à l'étranger. Une grande partie vit en Afrique. Alors qu'est-ce qu'on va raconter aux pays africains ? Que quand un français va vivre en Afrique c'est très bien, mais quand un africain aurait la prétention, parce qu'il fuit une zone de conflit ou d'extrème danger pour lui, de venir en France, ce sera un migrant économique et qu'il devrait être raccompagné manu militari à la frontière ? Où est le rayonnement de la France ? (...) Les gens ne quittent pas leur pays par plaisir, surtout ces réfugiés qui viennent, je refuse ce terme de migrants. Quand vous fuyez la Libye, vous ne le faites pas par plaisir, vous le faites par nécessité vitale.