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Nouveau coup dur pour Gaudin avec l'annulation en justice de son plan pour les écoles

Jean-Claude Gaudin le 19 janvier 2019 à Marseille
Jean-Claude Gaudin le 19 janvier 2019 à Marseille
afp.com - Christophe SIMON
Classe dans un préfabriqué à Marseille, dans le 15e arrondissement, en février 2016
Classe dans un préfabriqué à Marseille, dans le 15e arrondissement, en février 2016
afp.com - BORIS HORVAT

La justice a annulé mardi le partenariat public-privé à un milliard d'euros visant à rénover des écoles de Marseille, un nouveau coup dur pour le maire LR Jean-Claude Gaudin, déjà dans la tourmente depuis l'effondrement mortel de deux immeubles début novembre dans sa ville.

Défendant son projet initial, "plus rapide, moins cher et plus performant", la ville a affirmé dans un communiqué en fin d'après-midi n'avoir "d'autre choix que d'interjeter appel de ce jugement" basé sur "une appréciation seulement partielle et partiale".

Régulièrement dénoncée pour le mauvais état de plusieurs de ses 444 écoles primaires, la ville de Marseille avait décidé de démolir les 32 écoles de type Pailleron de la cité phocéenne, d'en reconstruire 28 et de bâtir six autres groupes scolaires en six ans.

Adopté en conseil municipal le 16 octobre 2017, le choix de passer par un partenariat public-privé (PPP) avait très vite soulevé de multiples oppositions. Mardi, le tribunal administratif a décidé de l'annuler, la preuve n'étant pas apportée par la ville de Marseille que "le recours à un marché de partenariat présente un bilan plus favorable, notamment sur le plan financier, (...) qu'une maîtrise d'ouvrage publique classique".

Le tribunal, qui avait été saisi par le syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône, les Conseils national et régional de l'ordre des architectes et trois contribuables, reproche notamment à la ville de ne pas apporter "de justifications suffisantes quant aux paramètres retenus dans l'identification des risques" des chantiers, qui font gonfler le devis de la maîtrise d'ouvrage publique de 18,3%.

"Le PPP représente une économie de plus de 61 millions d'euros", assure la municipalité dans son communiqué publié mardi, reprochant au tribunal de s'être "enfermé dans une querelle de chiffres" et d'avoir retenu les contre-chiffrages de l'opposition "sans démontrer leur réalité".

"Cette victoire est historique. C'est la première fois que les Marseillais obtiennent une victoire aussi nette sur les décisions injustes de la ville", avait réagi plus tôt dans la journée Benoît Payan, chef de file des socialistes au conseil municipal qui avait appelé la Ville à ne pas faire appel.

- "Faillite d'une équipe" -

Sur Twitter, le conseiller municipal communiste Jean-Marc Coppola a demandé "d'urgence un audit sur les 444 écoles pour un grand plan de rénovation avec aide de l'État et de l'UE". Même demande de la sénatrice PS Samia Ghali, selon qui ce jugement démontre que "le maire ne peut plus avoir raison seul, contre le reste du monde". "L'erreur aura été de se précipiter devant l'urgence réelle sans prendre le temps de l'audit", a estimé la députée LREM de Marseille Alexandra Louis.

Cette annulation est un nouveau coup dur pour Jean-Claude Gaudin, à la tête de la ville depuis 1995 et dont la fin de mandat est déjà entachée par l'effondrement le 5 novembre de deux immeubles du centre ville. Ce drame a fait huit morts et révélé l'ampleur du problème de l'habitat insalubre et des dysfonctionnements dans la rénovation urbaine.

A moins de deux ans des municipales, les déboires de la municipalité sortante ont relancé les critiques de l'opposition sur "l'immobilisme" du maire. "Depuis un quart de siècle, vous inventez une ville de carte postale qui n'existe pas, plutôt que de vous occuper de ceux qui y vivent", avait fustigé M. Payan lors d'un des derniers conseils municipaux. "C'est la faillite d'une équipe, de vos choix politiques", avait-il asséné.

A droite, cette crise a précipité la course à la succession de Jean-Claude Gaudin, qui ne se représentera pas.

Un seul candidat s'est officiellement déclaré, le sénateur LR Bruno Gilles. Mais la patronne du conseil général, Martine Vassal, "ne s'interdit rien". Le plus virulent au sein de la classe politique locale reste l'actuel président LR de la région, Renaud Muselier, qui a qualifié le maire de "fossoyeur" et n'a jamais, lui non plus, écarté l'idée d'une candidature.