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Nucléaire iranien : pourquoi Téhéran suspend certains de ses engagements ?

Téhéran ne souhaite plus s'imposer de restrictions quant à ses réserves d'uranium mais aussi d'eau lourde. 
Téhéran ne souhaite plus s'imposer de restrictions quant à ses réserves d'uranium mais aussi d'eau lourde. 
© AP Photo/Mehr News Agency, Majid Asgaripour, File

Un an après l'annonce du retrait américain de l'accord de Vienne, l'Iran confirme dimanche qu'il commencerait, dans la journée, à enrichir de l'uranium à un niveau prohibé par l'accord sur son programme nucléaire conclu en 2015. Une manoeuvre contestée par les Etats-Unis, l'Europe, la Chine et la Russie.

Le 18 mai 2018, les Etats-Unis annonçaient se retirer de l'accord de Vienne, signé en 2015. S'en était suivi des sanctions commerciales de la part de Washington, frappant plusieurs secteurs de l'économie iranienne, dont les matières premières et l’aviation commerciale. Ce jeudi 9 mai, Washington a annoncé de nouvelles sanctions impactant les secteurs des métaux industriels iranniens (fer, acier, aluminium et cuivre ). Au total, cela représente 10% des exportations iraniennes.
 
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Un an après, Téhéran décide donc de cesser d’appliquer "certains de ses engagements". Dans une allocution télévisée diffusée, mercredi 8 mai, le président Rohani a annoncé cesser de limiter ses réserves d'eau lourde et d'uranium enrichi, comme l'Iran s'y était engagé au titre de l'accord international limitant son programme nucléaire. Le texte stipule que le pays ne peut maintenir sur son territoire que 300 kilos d'uranium enrichi à 3,67%, et 130 kilos d'eau lourde.

Soixante jours pour trouver un accord

Les Etats-Unis viennent de leur côté d'interdire aux pays signataires de l'accord d'acheter la production iranienne d'uranium enrichi et d'eau lourde.

Téhéran annonce mener des négociations avec les pays signataires (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie et Chine) afin de trouver une solution et donc compenser ces sanctions américaines. En effet, les Européens, la Chine et la Russie se sont montrés jusqu'ici incapables de respecter leurs engagements.

Si ces négociations n'aboutissent à aucune solution dans les 60 jours, l'Iran a d'ores et déjà annoncé ne plus respecter la limite d'enrichissement à 3,67%.
 

Réactions internationales

La Russie a appellé les signataires de l'accord "à remplir leurs obligations". A l'issue de pourparlers à Moscou avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré : "Les seules mesures pratiques qu'il faut prendre pour régler la situation autour de l'accord est de convaincre tous les participants de la nécessité de remplir leurs obligations". Le Kremlin avait par ailleurs dénoncé la "pression déraisonnable" subie par l'Iran, et que la Russie restait "engagée" dans l'accord sur le nucléaire iranien.
 
Pékin et Berlin ont demandé à l'Iran de respecter la totalité de l'accord. "Oui nous souhaitons conserver le JCPOA (NDLR : l'accord de Vienne). Nous, les Européens, les Allemands apporterons notre contribution et attendons que l'Iran mette en oeuvre (l'accord) dans sa totalité", a déclaré à la presse Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu a déclaré ce mercredi 8 mai qu'Israël ne laisserait pas l'Iran se doter de l'arme nucléaire. Israël a toujours accusé son ennemi, l'Iran, de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que dément Téhéran. Benjamin Netanyahu a toujours été contre cet accord, conclu en 2015.

En France, la ministre des Armées Florence Parly n'a pas exclu que l'Union européenne (UE) réagisse en prenant des sanctions contre l'Iran.