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Panique sur les marchés : pourquoi Elon Musk hésite-t-il sur son projet de rachat de Twitter ?

Le patron de Tesla et SpaceX veut désormais acquérir le célèbre réseau social Twitter 
Le patron de Tesla et SpaceX veut désormais acquérir le célèbre réseau social Twitter 
ASSOCIATED PRESS

Elon Musk envoie des signaux contradictoires sur son projet de rachat de Twitter. Deux heures après avoir dit suspendre l'acquisition dans l'attente de détails sur le nombre de faux comptes, le fantasque patron a assuré être "toujours engagé" à mener à bien la transaction.

"L'acquisition de Twitter est suspendue de manière temporaire dans l'attente de détails sur le fait que les spams et les faux comptes représentent bien moins de 5% du nombre d'utilisateurs", a d'abord écrit Elon Musk sur la plateforme, où il compte près de 93 millions d'abonnés.

Il a ensuite réitéré son engagement à acquérir le réseau social, mais le marché s'interrogeait sur ses intentions réelles.

Ses déclarations se sont fortement répercutées en Bourse où l'action a commencé par plonger de 25% dans la foulée de l'annonce de la suspension avant de limiter ses pertes en abandonnant environ 13% dans les échanges électroniques précédant l'ouverture de Wall Street.

Élimination des spams

Après s'y être initialement opposé, le conseil d'administration du réseau social aux gazouillis a accepté fin avril une offre de rachat de 44 milliards de dollars formulée par le fantasque dirigeant d'origine sud-africaine.

Musk a promis de débarrasser Twitter des spams, d'authentifier les utilisateurs et de renforcer la transparence sans préciser comment il comptait mettre en oeuvre ce projet.

L'entreprise a indiqué début mai 2022, lors de la présentation de ses résultats trimestriels, compter, en moyenne de janvier à mars, 229 millions d'utilisateurs quotidiens dit monétisables, c'est-à-dire exposés à de la publicité.

Elle avait estimé à cette occasion que moins de 5% d'entre eux étaient des spams ou des faux comptes. La proportion de faux comptes est "un indicateur clef" pour Twitter, explique Susannah Streeter, analyste marchés pour Hargreaves Lansdown, car "le calcul du nombre précis de personnes qui tweetent réellement est considéré comme crucial pour les flux futurs de revenus via la publicité ou les abonnements payants sur le site."

En plus de sa volonté de combattre les spams, Elon Musk a affirmé vouloir faire de Twitter un bastion de la liberté d'expression et s'est dit prêt à réintégrer l'ancien président américain Donald Trump, dont le compte a été suspendu définitivement après l'attaque du Capitole en janvier 2021.

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"Film d'horreur" 

Depuis l'offre d'acquisition du patron de Tesla et SpaceX, la valeur boursière de Twitter a fondu de plusieurs milliards de dollars, suivant le même mouvement baissier que la plupart des valeurs technologiques et la Bourse dans son ensemble.

Le titre s'échangeait le 13 mai à un peu plus de 40 dollars, bien en-dessous du prix d'achat de 54,20 dollars par action proposé par le milliardaire. Pour Dan Ives de Wedbush Securities, le dernier tweet d'Elon Musk "va transformer le cirque qu'est le rachat de Twitter en film d'horreur digne d'un vendredi 13."

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"Wall Street va maintenant estimer 1) que la transaction est sur le point de tomber à l'eau 2) que c'est une tentative de Musk de négocier un prix d'achat plus bas ou 3) que Musk souhaite simplement se retirer de la transaction avec une indemnité de rupture de 1 milliard de dollars", détaille l'analyste dans une note.

Le dirigeant avait pourtant cherché à rassurer sur le financement de l'opération, prévoyant d'avoir recours à un apport personnel considérable et de solliciter un prêt bancaire ainsi qu'un prêt sur marge dans lequel il engagerait ses actions Tesla comme garantie collatérale.

Au début du mois, Musk a affirmé avoir levé un peu plus de 7 milliards de dollars auprès de divers investisseurs, dont le cofondateur d'Oracle Larry Ellison et le prince et homme d'affaires saoudien Al-Walid ben Talal.

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"Bien que nous n'ayons jamais douté de la capacité de Musk de mener à bien la transaction d'un point de vue financier, nous jugions que le plus gros risque était qu'Elon lui-même change d'avis", a estimé Angelo Zino de CFRA.

Pour Dan Ives, l'entrepreneur a surestimé la solidité de ses actions Tesla, dont le cours a nettement reculé depuis l'annonce du rachat de Twitter, et pourrait chercher à protéger le constructeur de véhicules électriques.

"Le fait que Musk crée une telle incertitude avec un tweet (et non un document boursier) est très perturbant pour nous et pour Wall Street" et suscite "de nombreuses questions mais pas de réponses concrètes quant à savoir si la transaction aura bien lieu", souligne l'analyste.