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#Pasdevague : le mot-dièse qui dénonce les violences subies par les enseignants en France

Sur cette photo des élèves d'un lycée de Montreuil en région parisienne où un élève avait attaqué au couteau une enseignante enceinte en 2006. En ce mois de novembre 2018, c'est dans un autre établissement qu'un élève a menacé d'une arme factice un professeur. 
Sur cette photo des élèves d'un lycée de Montreuil en région parisienne où un élève avait attaqué au couteau une enseignante enceinte en 2006. En ce mois de novembre 2018, c'est dans un autre établissement qu'un élève a menacé d'une arme factice un professeur. 
©AP Photo/Jacques Brinon

Jeudi 18 octobre, une professeure a été agressée par l’un de ses élèves au sein du lycée Edouard-Branly, à Créteil. En réponse à la vidéo mise en ligne, plusieurs milliers de professeurs réagissent sur Twitter en partageant leur expérience avec le mot-dièse #Pasdevague. Des témoignages qui mettent en lumière les violences subies par certains professeurs en France.

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D’où vient le hashtag #PasDeVague ?

En une soirée, le hashtag #PasDeVague a été utilisé plus de 20 000 fois selon les analyses de Visibrain, une plateforme de veille des réseaux sociaux.

A l’origine, ce hashtag a été lancé suite au témoignage d’un enseignant qui commentait la réaction d’Emmanuel Macron sur Twitter, à propos de l’agression de la professeure du lycée Edouard-Branly, à Créteil.
 

Qui l’utilise ?

Ce sont en grande partie des enseignants qui souhaitent témoigner de la violence verbale voire physique dont ils ont parfois été victimes par des élèves.

C’est le cas de cette professeure de français, Jenny Lartaud victime de harcèlement par ses élèves.
 
 

Certains établissements scolaires et représentants de l’Education nationale qui imposent une omerta face à ces violences sont aussi dénoncés par certains professeurs.

 
 

Pour cet autre professeur, c’est la violence physique d’un parent d’élève qui a été passée sous silence par la direction de l’établissement scolaire.
 

Comment a réagi le gouvernement ?

Le hashtag #Pasdevague n’a pas suscité de réaction de la part du président Emmanuel Macron. Mais il avait condamné le comportement du jeune lycéen qui avait menacé son enseignante avec une arme factice, jeudi 18 octobre.

Menacer un professeur est inacceptable. J’ai demandé au ministre de l’Éducation nationale et au ministre de l’Intérieur de prendre toutes les mesures pour que ces faits soient punis et définitivement proscrits de nos écoles.” avait-il dit sur son compte Twitter.


Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale a dénoncé le geste du jeune lycéen et a insisté sur la nécessité d’interdir les téléphones portables dans les lycées. Un usage qui peut encourager les jeunes à commettre des actes violents.

Les réseaux sociaux amplifient la tentation d'imiter les choses vues à la télévision ou sur Internet" et "encouragent des élèves qui se croient mâlins d'organiser des faits avec pour motivation de les diffuser", a expliqué le ministre dans une interview donnée au Parisien.

Jean-Michel Blanquer et le nouveau ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ont annoncé la mise en place d'un "comité stratégique" pour un "plan d'actions ambitieux" contre les violences visant les enseignants. Une réunion qui aura lieu mercredi 24 octobre, selon Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education.