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"Paye ta note" : le #MeToo de la musique classique

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Après le mouvement #Metoo au cinéma, la parole se libère aussi dans le milieu de la musique classique. Le blog « Paye ta note » dénonce les dérives, le sexisme ordinaire et le harcèlement subi dans tout un milieu. Près de 300 témoignages ont déjà été recensés depuis janvier 2019. Derrière cette initiative, une musicienne qui témoigne pour la première fois à la télévision. Rencontre avec celle qui veut briser le silence.

Agathe (un pseudonyme) est une violoncelliste de 35 ans. Si elle préfère cacher son visage, c’est pour ne pas mettre sa carrière en péril, dans un milieu où le réseau fait et défait les carrières. Exemple concret recueilli par le site : après leurs témoignages, certaines musiciennes ont été contraintes de changer d’orchestre.

"On imagine que le milieu de la musique classique est très chic. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de sexisme », explique Agathe.

La jeune femme brise l’omerta et offre un espace de témoignage à ses paires. Elles sont musiciennes, instrumentistes, chanteuses, chargées de production, tourneuses, ou programmatrices. Elles affirment être victimes de sexisme ordinaire ou de harcèlement dans leur milieu professionnel. Cela peut aller de simples phrases dénigrantes comme : "Si elles sont là, c’est que la robe au concours a tout fait", expose la lanceuse d'alerte. Ou déraper littéralement vers des propos sexuels.

 
Arrête de te baisser pour ramasser des projecteurs, parce que ça m'excite.                                                                                        Témoignage sur le blog cité par Agathe
Un exemple typique de sexisme ordinaire. Pour Agathe, il faut qu’il y ait une prise de conscience. « Il faut qu’un directeur ou qu’une directrice de structure musicale puisse dire stop, ces propos sont intolérables, on ne tolère pas cela ici », précise la jeune femme.

Des avancées ?

Les choses changent, mais tout doucement. Le chroniqueur culture de TV5MONDE Nicolas George cite deux exemples concrets d'avancées dans le secteur de la musique classique. A la Philharmonie de Paris, un dispositif a été créé il y a deux ans et permet de mettre à pied, à titre conservatoire, un employé accusé de harcèlement.

Autre avancée, deux femmes occupent désormais des postes clés. Emilie Delorme est à la tête du Conservatoire de Paris et Catherine Morin-Desailly vient d'être élue vice-présidente de l'Association Française des Orchestres. Le milieu des ensembles classiques est à la traîne. Seule satisfaction, la mise en place d'auditions à l'aveugle pour les concours.