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Pegasus et "antisémitisme": accrochage à l'Assemblée entre LFI et un député UDI

Le député UDI d'une circonscription des Français de l'étranger Meyer Habib, à l'Assemblée nationale le 28 juillet 2017
Le député UDI d'une circonscription des Français de l'étranger Meyer Habib, à l'Assemblée nationale le 28 juillet 2017
afp.com - JACQUES DEMARTHON
Le député LFI Ugo Bernalicis à l'Assemblée nationale le 28 mars 2018
Le député LFI Ugo Bernalicis à l'Assemblée nationale le 28 mars 2018
afp.com - JACQUES DEMARTHON

L'évocation jeudi à l'Assemblée nationale par la France insoumise de l'affaire du logiciel d'espionnage israélien Pegasus a provoqué un violent échange entre le député UDI Meyer Habib et le groupe LFI, accusé "d'antisémitisme".

L'accrochage s'est produit à la toute fin de l'examen d'un texte renforçant notamment les outils technologiques du renseignement français.

Ugo Bernalicis (LFI) a concentré ses interventions sur "le scandale" du logiciel élaboré par la société israélienne NSO, mis en cause selon l'enquête d'un consortium de médias dans de possibles écoutes par le Maroc de personnalités françaises, dont le président Macron et le député insoumis Adrien Quatennens.

M. Habib, député d'une circonscription des Français de l'étranger comprenant Israël et lui-même franco-israélien, a souligné en substance que le problème venait de l'utilisation inappropriée de ce logiciel, pas de sa conception en soi, qui pouvait être bénéfique dans la lutte antiterroriste.

Il a notamment fait valoir "qu'avec ce genre de logiciel", les Israéliens avaient aidé la France à déjouer un projet d'attentat sur son sol soutenu par l'Iran, à Villepinte au nord de Paris en 2018.

M. Bernalicis a alors accusé M. Habib de "faire le malin", ajoutant: "je me demande comment il obtient ce genre d'information lui-même".

S'en est suivi un brouhaha. Dans un rappel au règlement, Alexis Corbière du même groupe a alors affirmé avoir entendu M. Habib "hurler des insultes et notamment traiter une de nos collègues +d'antisémite+". Il a dénoncé des propos "intolérables et mensongers" émanant d'un député "violent" et "en voie de radicalisation antiparlementaire". Et réclamé des "sanctions", en saisissant la présidence de l'Assemblée.

Le président de séance Marc Le Fur (LR) a lui-même dit n'avoir "rien entendu".

"Lorsqu'on parle d’un logiciel israélien très performant et qui permet d’arrêter certains attentats terroristes, là j’ai été mis en cause, ça suffit leur obsession des juifs et leur obsession d’Israël", a répliqué en séance M. Habib. Le député UDI a ajouté que le patron de LFI, Jean-Luc Mélenchon, avait "accusé les juifs" pour la défaite du travailliste britannique Jeremy Corbyn en 2019.

"La haine d'Israël, les dérapages antisémites, c'est l'ADN Mélenchon", avait-il auparavant affirmé dans un tweet.