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Pétrole : l'Opep+ va augmenter sa production avec la participation de la Russie

L'OPEP+ a annoncé que la production de juillet serait ajustée à la hausse de 648.000 barils par jour, permettant aux cours du pétrole brut de remonter. AP/ Nam Y. Huh.
L'OPEP+ a annoncé que la production de juillet serait ajustée à la hausse de 648.000 barils par jour, permettant aux cours du pétrole brut de remonter. AP/ Nam Y. Huh.

Après des mois d'attentisme et l'envolée des cours provoquée par la guerre en Ukraine, les membres de l'Opep+ ont décidé jeudi 2 juin de passer à la vitesse supérieure. Ils vont donc augmenter leur production d'or noir, sans mettre à l'écart la Russie qui est cible d'un embargo européen sur le pétrole.

Les représentants des treize membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix partenaires (Opep+) ont convenu que "la production de juillet serait ajustée à la hausse de 648 000 barils par jour". Ils répondent ainsi aux appels pressants des Occidentaux, dans un communiqué après une nouvelle réunion éclair. La quantité était fixée à 432 000 barils les mois précédents.

Les cours en hausse

L'annonce lundi 30 mai par les 27 pays de l'Union européenne d'un embargo sur l'essentiel du pétrole russe a accru les craintes de pénuries. Cela a visiblement changé la donne pour le cartel, qui souligne "l'importance de marchés stables et équilibrés".

(Re)lire : DIRECT-Ukraine : l'UE se met d'accord sur un sixième paquet de sanctions

Cette annonce a réjoui les investisseurs : les cours du brut remontaient de presque 1%. Les deux références du brut évoluent autour des 116 dollars le baril.

C'est un tournant pour l'Opep+ qui s'était limitée depuis le printemps 2021 à de modestes augmentations de ses quotas, pour retrouver ses niveaux d'avant la pandémie. Le groupe n'avait jusqu'ici jamais dévié de sa ligne, même après l'invasion de l'Ukraine qui a accentué les tensions sur le marché. 

Pas de mise à l'écart de la Russie

L'augmentation décidée est répartie proportionnellement entre chacun des membres, avec des quotas identiques pour Moscou et Ryad, les deux piliers de l'alliance.

L'Opep+, qui pompe environ la moitié du pétrole mondial, s'est formée en 2016 pour ajuster l'offre et réguler les cours du baril. Certains s'interrogent toutefois sur la pérennité de l'entente dans les circonstances actuelles.

Un article du Wall Street Journal avait évoqué une possible mise à l'écart de la Russie, mais l'Opep+ est restée unie. "La Russie s'est transformée en paria", assène Bjarne Schieldrop, analyste de Seb. Il voit "dans l'apparente intensification de la navette diplomatique entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite" le signe "qu'un changement est peut-être proche".

Après des décisions similaires des États-Unis et du Royaume-Uni, les dirigeants de l'UE ont trouvé un accord qui devrait permettre de réduire de quelque 90% leurs importations de pétrole russe d'ici la fin de l'année. 

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"Rôle clé" de l'Opep+

L'Arabie saoudite est longtemps restée sourde aux appels. Le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, avait réaffirmé lors du Forum économique mondial de Davos que "le royaume avait fait ce qu'il pouvait", selon la presse économique. 

"La situation est plus complexe que simplement ajouter des barils au marché", avait-t-il insisté. Les membres du G7 pointaient de leur côté le "rôle clé" de l'Opep+ face au "resserrement des marchés internationaux". 

Malgré ces quotas plus ambitieux,  des analystes préviennent que l'Opep+ ne pourra pas remplacer tous les volumes perdus de la Russie, du fait des difficultés de certains de ses membres à atteindre leurs objectifs.

(Re)voir : Ukraine : un sommet de l'UE pour un embargo sur le pétrole russe
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