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Pétrole : les nouvelles sanctions contre l’Iran en vigueur ce lundi

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Donald Trump menaçant l'Iran à nouveau sur la pelouse de la Maison Blanche © TV5MONDE | L. FACHAUX / M. MORMIL • © AP PHOTO | A. HARNIK

Le président américain rétablit officiellement ses sanctions unilatérales contre l'Iran. Objectif : que Téhéran ne puisse plus exporter son pétrole, une manne financière cruciale pour le pays. Une escalade à haut risque dans un contexte explosif.

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Pour l'Iran, totalement dépendant du pétrole, la menace est réelle.
À partir de ce lundi (NDLR : 5 novembre 2018), Téhéran ne pourra vendre son pétrole qu'à huit pays. Une mauvaise nouvelle pour l'Iran est en proie à de grandes difficultés économiques et dont les revenus issus du pétrole réprésentent la moitié des recettes de l'État.

Impasse économique ?

Et Washington compte précisément sur le mécontentement de la population, pour faire plier, voire tomber le pouvoir iranien.
Mais ce dimanche, (NDLR : 4 novembre 2018), des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale iranienne pour montrer aux États-Unis et au monde entier, qu'elles resisteront à ce nouvel embargo.

Le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour atténuer l'impact des problèmes qui pourraient survenir.

Hassan Rohani, président iranien

Donald Trump en campagne à Chattanooga dans le Tennessee © E. Vucci | AP PHOTO

Mais à Téhéran, face au mécontentement, les modérés qui dialoguent avec les Occidentaux sont en perte de vitesse. Et les durs du régime pourraient reprendre la main. Face à eux, pas sûr que la stratégie Trump de la pression maximale déjà utilisée contre la Corée du Nord produise les mêmes effets.

Maintenant que les États-Unis prennent des sanctions sans l'appui d'autres pays, maintenant qu'ils le font de manière conflictuelle plutôt que de manière coopérative, ils peuvent pousser d'autres pays à créer d'autres moyens de contourner l'économie américaine.

Ali Vaez, directeur du projet Iran à l'International Crisis Group

Le rial dévisse

Washington a autorisé des dérogations, notamment à l'Inde, la Corée du Sud, au Japon ou encore à la Chine et vraisemblablement à la Turquie, soit la quasi totalité des exportations iraniennes actuellement.  Une manière d'éviter un contournement de l'économie américaine ?

En attendant, côté bancaire, il devient impossible de réaliser des transactions financières en dollars avec Téhéran. Ce qui devrait aggraver le quotidien des Iraniens déjà fortement affecté par la dévaluation du rial, la monnaie du pays. Elle vient de perdre 70% de sa valeur en un an.