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Pologne : la présidente de la cour suprême démise de ses fonctions

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©P. Achard, F. Rassinoux / TV5MONDE

Le Premier ministre polonais est aujourd'hui à Strasbourg. Après une réforme très controversée du système judiciaire de son pays, Mateous Morawiecki s'est adressé ce matin aux députés européens. Devant eux, il a défendu la décision de son gouvernement de démettre de ses fonctions la présidente de la cour suprême. Les échanges étaient houleux. 

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La présidente de la cour suprême polonaise est venue comme prévu à son bureau à Varsovie mercredi matin, forte du soutien de milliers de manifestants. 

"Je suis ici pour protéger les règles de droit, c'est l'unique raison de ma présence", a déclaré  Malgorzata Gersdorf, présidente de la cour suprême. Elle est engagée dans un bras de fer avec le gouvernement conservateur. Un gouvernement, qui a décidé sa mise d'office à la retraite en vertu d'une réforme controversée qui crée des remous en Pologne mais aussi au sein même de l'Union européenne. 

Invité aujourd'hui devant le Parlement européen le Premier ministre polonais, s'est lui aussi montré déterminé. 
 

Tout pays de l'Union a le droit d'élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions.

Mateous Morawiecki, Premier ministre devant le Parlement européen.

L'Union européenne, qui considère que le gouvernement conservateur polonais a franchi une ligne rouge, a lancé lundi une procédure d'infraction contre Varsovie. 
 
"C'est une véritable mise en demeure la Pologne à un mois pour s'expliquer sur cette réforme du système judiciaire qui entre en vigueur aujourd'hui. Une reforme qui va permettre au gouvernement de licencier, d'évincer les magistrats les plus vieux et les plus indépendants pour les remplacer par des magistrats plus jeunes, plus dociles", observe notre journaliste Paul Germain, présent à Bruxelles. 
 
La Pologne qui encourt des sanctions finacière, est le théâtre depuis plusieurs jours de manifestations. La présidente de la cour suprême du pays a de son côté fait savoir  qu'elle resterait à son poste "jusqu'en 2020", conformément à son mandat de six ans inscrit dans la constitution.