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Pour Autain (LFI), "il y a du Daladier" dans Macron qui "joue avec le feu"

Clémentine Autain à l'Assemblée nationale, le 17 décembre 2019
Clémentine Autain à l'Assemblée nationale, le 17 décembre 2019
afp.com - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis, a estimé mercredi qu'il y avait "du Daladier dans Macron" qui, par son attitude sur le conflit contre la réforme des retraites, "joue avec le feu" dans la perspective de la présidentielle de 2022.

Mme Autain a dénoncé sur France Inter le "cynisme du gouvernement" qui "s'entête", "joue le pourrissement" et "espère que les gens vont finir par craquer" alors qu'il fait face à "une grève inédite par son ampleur et par sa durée".

Selon elle, en s'adressant ainsi avant tout à un électorat de droite qui souhaite qu'il tienne bon sur cette réforme, "Emmanuel Macron a fait un calcul qui est de tabler sur les 20% qui lui permettront à la prochaine présidentielle d'accéder au second tour, d'être face à Marine Le Pen et, évidemment, se dit-il, de gagner".

"Je pense qu'il joue dangereusement avec le feu et je vais vous dire franchement, à mon avis, il y a du Daladier dans Macron", a ajouté la députée, en citant le livre du philosophe Michaël Foessel "Récidive".

"Edouard Daladier, c'était en 1938, il arrive en rempart contre le fascisme (comme président du Conseil NDLR) et il mène une politique à la fois austère, de réduction de la dépense publique, néo-libérale, le terme apparaît à l'époque, et aussi de très grande répression à l'égard de ceux qui sont en grève, de ceux qui manifestent, avec un fond raciste, antisémite à l'époque", faisant ainsi le lit de Vichy et de l'Etat français du maréchal Pétain, a-t-elle développé.

Selon elle, en votant pour Emmanuel Macron en 2017, "beaucoup de gens ont mis le bulletin dans l'urne en espérant un rempart à l'extrême droite et aujourd'hui il est en train de faire bouillir une cocotte minute" qui risque de favoriser le Rassemblement national en 2022.

"Heureusement que nous sommes là pour dire que la solution, c'est le partage des richesses et le partage des temps de la vie, c'est la solidarité", a-t-elle ajouté.

La députée LFI s'est réjouie que "tous les groupes d'opposition de gauche au Parlement sont vent debout contre le gouvernement" même si elle aurait "aimé qu'on puisse avoir la possibilité d'être ensemble pour déposer la motion de censure" proposée par Jean-Luc Mélenchon, mais refusée pour l'heure par le PS et le PCF.