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Présidentielle 2022 : "En situation de guerre, il faut choisir son camp"

Maria, franco-ukrainienne.
Maria, franco-ukrainienne.
© Nina Soyez pour TV5MONDE

Voix de diasporas. Ils font partie de celles et de ceux qu'on n'a peu voire pas entendu depuis le début de la campagne présidentielle en France. Les jeunes membres des diasporas, présentes dans le pays, portent pourtant un regard acéré sur les sujets abordés dans le débat public et sur ceux qu'ils aimeraient voir davantage évoqués et discutés. Voilà pourquoi TV5MONDE a choisi de donner la parole à huit d'entre eux, : ils détaillent les sujets qu'ils estiment prioritaires pour les cinq prochaines années. Dernier épisode de notre série "Voix de diasporas" avec Maria, franco-ukrainienne.

Maria nous a donné rendez-vous devant le Centre culturel ukrainien, dans le 9e arrondissement de Paris. Un lieu où l'on peut autant voir une pièce de théâtre qu'assister à des conférences et qui pour cette jeune franco-ukrainienne de 20 ans représente "parfaitement l'Ukraine", sa richesse cuturelle et son rayonnement à l'international. Dans quelques jours, elle compte bien aller voter pour élire le futur président de la République de la France. Elle déplore toutefois que les candidats n'aient pas adopté des prises de positions plus claires sur la conflit qui se déroule en Ukraine. 

TV5MONDE : Comment votre vie a été bouleversée depuis le début de la guerre ? 

Ce conflit a pris une place très importante dans ma vie. Ma famille est toujours en Ukraine ainsi que des proches et des amis d'enfance. Ça m'impacte donc au quotidien. 

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La première réaction qu'on a eu avec ma famille, c'est la peur et l'angoisse pour nos proches, comme tous les personnes franco-ukrainiennes que je connais. Une solidarité s'est créée très rapidement. On a mis en place des actions humanitaires. J'ai crée ma propre association avec d'autres jeunes très motivés pour envoyer envoyer des vivres et du matériel. On se rend aussi en manifestation dès qu'il y en a une pour afficher notre soutien à ceux qui se battent en Ukraine. 

On essaie aussi de relayer les informations et de discerner les vraies des fausses parce que malheureusement il y a beaucoup de propagande. Il faut faire attention à tout ça. 

En guerre, c'est très compliqué de rester neutre. Choisir son camp est primordial surtout quand le conflit se passe aux portes de l'Europe.

Maria, étudiante franco-ukrainienne

TV5MONDE : La réaction des candidats face au conflit a-t-elle été à la hauteur selon vous ? 

La France a pris une part de responsabilité importante dans cette situation. Elle a aidé énormément militairement et d'un point de vue humanitaire, j'en suis très contente. 

Je comptais évidemment voter pour ces élections. Ca me paraissait très important. Le seul souci c'est que la situation actuelle a beaucoup influencé mon choix. Ça reste compliqué avec tous les enjeux à prendre en compte. Mais on ne peut pas faire abstraction quand on est franco-ukrainien de la position que prennent les candidats sur le conflit.  

Ce qui m'a frappé, c'est leurs réactions. On a vu beaucoup de déclaration pour réagir aux faits mais aucune action concrète n'a été proposée. J'ai trouvé ça dommage, parce que pour moi, la politique c'est prendre parti et se positionner face à la situation actuelle.

En guerre, c'est très compliqué de rester neutre. Choisir son camp est primordial surtout quand le conflit se passe aux portes de l'Europe. La France est un pays important pour l'Union européenne. On va élire le président de la République certes, mais on va aussi élire le leader de la France sur la scène internationale.

C'est lui qu'on attend au tournant pour savoir quelles vont être ses prises de positions par rapport à la situation actuelle. Je ne m'attendais pas à une réécriture de discours ou de programme, mais au moins une prise de parole claire et précise et non des tergiversations comme on a pu le voir.

Le conflit ne va pas s'arrêter du jour au lendemain. On va devoir faire avec les conséquences de cette guerre à l'avenir.

Maria, franco-ukrainienne

TV5MONDE : Si il y avait une mesure que tu aimerais voir appliquée par le futur président ou la future présidente de la République, ce serait laquelle ? 

Ce que j'attendrais de sa part, c'est d'assumer sa position. Il faut nommer les faits. Il y a des crimes de guerre qui ont été commis. Il faut appeler cela des génocides, des massacres. Il faut continuer de sanctionner ceux qui en sont les auteurs. Et surtout, l'aide sera toujours importante. On est très reconnaissant de l'entraide qui se met en place actuellement, mais ce qui compte, c'est le long-terme.

Le conflit ne va pas s'arrêter du jour au lendemain. On va devoir faire avec les conséquences de cette guerre à l'avenir, et la France et l'Europe aussi.