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Présidentielle 2022 : "On a l'impression de revenir en arrière"

Maria, Oussama et Sarah nous disent ce qu'ils pensent du second tour de la présidentielle.
Maria, Oussama et Sarah nous disent ce qu'ils pensent du second tour de la présidentielle.
Nina Soyez /TV5MONDE

À quelques jours du second tour de la présidentielle, nous avons recontacté Maria, Oussama et Sarah de notre série "Voix de diasporas". Déception, inquiétude, appréhension, les émotions sont partagées quant à l'issue de l'élection.

"C'était pas vraiment une surprise." Oussama, Sarah et Maria ne sont pas tombés de leur chaise à l'annonce des résultats du premier tour. Le duel Macron/Le Pen arrivé en tête, comme en 2017, n'a fait que confirmer les prédictions des derniers sondages. "La remontée de Mélenchon, par contre, ça aurait pu être une surprise. Là, j'aurais eu plus de difficulté à me décider pour le second tour" avoue Sarah, 27 ans et psychologue pour enfant au sein d'une crèche.

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Celle pour qui les élections ne s'attardent pas assez sur "les enfants, la jeunesse et l'éducation" reste tout de même persuadée "qu'il y a la possibilité de changer les choses." "Ce vote va être un vote "contre" c'est clair. Mais les Français ont la chance d'aller voter. Il y a beaucoup de pays où on ne sait même pas si il y aura des élections. Même si je sais que ce choix là [du second tour] est délicat", précise-t-elle.

Barrage contre l'extrême-droite

"On ne peut pas faire abstraction quand on est franco-ukrainien de la position du candidat sur conflit en Ukraine", disait Maria, 20 ans, à TV5MONDE avant le premier tour. Aujourd'hui, elle "stresse donc pas mal" en pensant à l'issue du second tour, et surtout, à l'idée de voir Marine Le Pen accéder au pouvoir.

"Elle est connue pour avoir eu beaucoup de liens, notamment financiers, avec des proches de Poutine. Ce qui m'inquiète le plus, c'est vraiment que la France devienne une sorte de pantin du régime russe. La Russie pourra alors étendre son influence et potentiellement bloquer beaucoup de décisions de la France sur la scène internationale", explique Maria.

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L'abstention n'est pas une option pour l'étudiante en droit à l'université de Nanterre pour qui "aller voter c'est évident". "Je pense aussi qu'il y en a qui sont en train de se réveiller. Donc oui, je vais aller faire barrage. Je pense que c'est le meilleur choix dans ma position."

De nationalité congolaise, Sarah, elle, ne pourra pas voter dimanche. Cependant, elle aimerait demander aux Français "capables de voter de se saisir de ce choix afin de se donner les possibilités de changer les choses avec la personne qui sera élue" et rappelle que les syndicats sont autant de lieux où il est possible de faire entendre sa voix. 

On est beaucoup à rêver de changement dans plein de domaines dans ce pays. Oussama

"Il y a eu une banalisation de l'extrême droite"

Que ce soit Emmanuel Macron ou Marine Le Pen le ou la gagnant-e de l'élection, le grand perdant sera de toute manière le climat, selon un bon nombre d'organisations environnementales.

C'est aussi l'avis d'Oussama, directeur d'une agence de location de voiture dans le Morbihan. "On se retrouve avec deux candidats qui sont hors de propos sur le sujet du climat. On prend du retard et on n'avance pas", s'agace le Franco-Algérien.

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"On a un président sortant qui a passé cinq ans à ne rien faire et qui a même été condamné pour inaction climatique, et de l'autre côté on a une candidate qui est complétement hors-sujet à ce propos, et dont on voit que ce n'est clairement pas la priorité", appuie-t-il. Partagé entre la déception et la résignation, Oussama décrit son impression d'être "dans une boucle qui se répète" alors qu'"on est beaucoup à rêver de changement dans plein de domaines dans ce pays."

L'accès au second tour de la candidate de l'extrême droite, Oussama se l'explique notamment par "la banalisation des idées de l'extrême droite qui a eu lieu en cinq ans de Macron." "On a mis au centre du débat public des théories complotistes comme le 'grand remplacement' qui n'ont clairement rien apporté au débat. Ces idées vont perdurer, on va continuer à en débattre et risquer de rentrer dans quelque chose qui n'aura pas de conséquences positives", craint le jeune père de deux enfants.