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Présidentielle au Sénégal : des agricultrices en quête de modernité

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Dans les campagnes sénégalaises, les exploitations agricoles ont besoin de soutien pour se moderniser et gagner en productivité. Exemple avec la culture du riz dans la commune de Ross Bethio. Des agricultrices ont des destins très différents selon qu'elles bénéficient ou non de subventions de l'Etat ou d'équipements techniques. Quatrième volet de notre série de reportage au Sénégal avant la présidentielle du 24 février.

Des engrais pour enrichir ses sols. Et une dizaine d’ouvriers à la tâche. Sokhna Mbodje, agricultrice, lance sa deuxième production de riz de l’année. Et c’est grâce à du matériel agricole dernier cri : « Il y a l’électricité, le tracteur est là et pendant la période des récoltes, si vous venez, vous pouvez voir la moissonneuse sur place, donc c’est la modernisation ».

Une modernisation permise par les subventions de l’Etat. L’agricultrice les a toutes raflées. 114 hectares de culture, un bénéfice qui a doublé : elle a désormais sa propre maison et un fils qui étudie au Canada. « Là, j’ai 400 sacs de riz de qualité supérieur qui partent vers Dakar. Les affaires marchent bien ».

Des conditions différentes


Mais dans la commune de Ross Bethio, la réussite de Sokhna est loin d’être accessible à tous. « Dans mes champs ça fait deux ans qu’il n’y a pas d’eau », explique l'agricultrice Adama Fall. Elle n’a rien pu cultiver ici depuis bien trop longtemps. « J’ai les semences, j’ai tout, les aménagements, l’eau est là, devant mon champs. Mais je n’ai pas de moto-pompe. Donc c’est trop risqué de commencer la campagne dans ces conditions ».

Une moto-pompe censée amener l’eau dans ce bassin, désespérément vide, un trou béant. Les canaux d’irrigation sont pourtant à quelques mètres. Le résultat : une terre sèche et salée. Rien ne peut être planté.

Adama ne baisse pas les bras pour autant. C’est sa deuxième demande auprès de l’Etat pour une moto-pompe gratuite : « Jusqu’à maintenant, je n’ai pas eu de réponse, on m’a dit d’attendre. Mais les paysans à côté de moi, eux, ont déjà commencé à planter ». 

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450 000 FCFA la moto-pompe


Ses terres, Adama les partage avec ces femmes du village. Leur campagne a déjà pris beaucoup de retard. Il faut une autre solution que celle promise par les autorités : « Il y a des grosses moto-pompes qui peuvent irriguer jusqu’à vingt hectares », raconte Ndeye.

Pour une moto-pompe il faut débourser 450 000 FCFA, une somme qu’elles n’ont pas. Et pas question d’emprunter à la banque. Avec un taux d’intérêt à 7%, elles craignent de ne pouvoir rembourser. « Chaque femme va cotiser pour louer cette moto-pompe là. Imaginez-vous un groupement qui n’a pas de moto-pompe est-ce qu’il pourra faire l’autosuffisance en riz ? Il ne pourra pas le faire, car il n’a pas les moyens qu’il lui faut », explique Fatou Gueye.

Pour assurer leur saison, les semences doivent être plantées avant fin février, au risque de perdre une récolte, encore une fois.


>> Retrouvez l'intégralité de notre reportage :
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