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Présidentielle 2022 : la guerre d'Algérie s'invite dans la campagne

La candidate d'extrême droite Marine Le Pen parle durant le débat "La France face à la guerre" à Paris le 14 mars 2022.
La candidate d'extrême droite Marine Le Pen parle durant le débat "La France face à la guerre" à Paris le 14 mars 2022.
AP/ Ludovic Marin

À environ trois semaines du premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron a commémoré la fin de la guerre d'Algérie, tandis que ses rivaux parfois virulents battent la campagne, faisant valoir que rien n'est encore joué.

Au lendemain d'un déplacement à Pau où il a défendu son projet de réélection, Emmanuel Macron a retrouvé les habits de chef de l'Etat, commémorant dans une relative discrétion le 60e anniversaire des Accords d'Evian du 19 mars 1962.

Lors d'une cérémonie à l'Elysée, il a dit "assumer" les gestes mémoriels depuis le début de son quinquennat, parfois controversés, en se disant persuadé qu'"un jour viendra où l'Algérie fera ce chemin". Mais, a-t-il relevé, "il y aura immanquablement des moments d'énervement" dans cette difficile "réconciliation des mémoires" sur la guerre d'Algérie dont le traumatisme se fait encore sentir.

Plusieurs candidats de droite et d'extrême droite ont critiqué cet anniversaire, arguant du fait que les massacres s'étaient poursuivis jusqu'à l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962.

"Il y a 150.000 harkis qui ont été tués après cette date. Il y a 10.000 pieds-noirs qui ont été tués après cette date. Donc, non, je n'ai pas envie de commémorer cette date comme la fin de la guerre", a déclaré Marine Le Pen du parti le Rassemblement National, alors qu'elle se trouve à Courtenay (Loiret). Sa rivale de droite Valérie Pécresse s'était pour sa part engagée à trouver, si elle est élue, "une autre date" que le 19 mars.

"Trucage" et "vol" 

Dans cette campagne particulière en pleine guerre en Ukraine, tous les compteurs semblent être au vert pour Emmanuel Macron, qui a reçu le soutien du collectif de gauche du Printemps républicain.

Il alterne son rôle de chef de l'État et de candidat, et impose à une opposition éclatée son tempo et son agenda, refusant d'en découdre directement avec ses adversaires. Ceux-ci l'accusent en retour d'esquiver la confrontation directe.

Douze candidats et candidates ont obtenu les parrainages nécessaires pour se présenter cette année à l'élection présidentielle
Douze candidats et candidates ont obtenu les parrainages nécessaires pour se présenter cette année à l'élection présidentielle
© Reuters / AP / TV5MONDE

Emmanuel Macron surfe sur la vague des sondages qui lui accordent plus ou moins 30% des intentions de vote au premier tour le 10 avril, loin devant Marine Le Pen qui se situe dans une fourchette de 16 à 18%. Et les sondages donnent Emmanuel Macron vainqueur au second tour dans tous les scénarios, y compris un remake de l'élection de 2017.

En face, ses adversaires se disent malgré tout convaincus que rien n'est encore joué, alors qu'émerge la question de la légitimité d'un président qui serait réélu sans véritable débat, et sur fond de craintes d'abstention massive.

Le candidat d'extrême gauche Philippe Poutou a estimé sur France 2 que "contrairement à ce qu'Emmanuel Macron veut faire croire, l'élection n'est pas jouée du tout. Emmanuel Macron refuse un débat, on est en train de truquer l’élection présidentielle".

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À droite, la candidate Les Républicains, qui subit une lente érosion dans les sondages (autour de 11%), concentre ses attaques sur Emmanuel Macron, dénonçant comme à Vannes (Morbihan) un président-candidat "illusionniste qui a fait disparaître son bilan et ne veut pas qu'on en parle".

Son rival Eric Zemmour s'efforce pour sa part de remobiliser ses troupes, accusant Macron et Le Pen de "tenter" de "voler l'élection". "Ils veulent réinstaurer le match Le Pen-Macron dont vous ne vouliez plus, cette finale sans aucun suspense, ce spectacle de catch où tout est truqué, entre l'éternel adolescent et l'éternelle perdante", a-t-il lancé lors d'un meeting à Metz. L'ex-polémiste plafonne entre 11 et 13% des intentions de vote et traverse une séquence délicate depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.

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À gauche, la bataille fait tout autant rage entre le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, le mieux placé dans les sondages, et ses rivaux écologiste Yannick Jadot et dans une moindre mesure la socialiste Anne Hidalgo et le communiste Fabien Roussel.

Ces derniers ont multiplié les attaques visant le candidat de la gauche radicale sur ses prises de positions dans le conflit en Ukraine, Yannick Jadot fustigeant par exemple sur la chaîne LCI son "non-alignement" et sa "capitulation" devant Vladimir Poutine.

Jean-Luc Mélenchon s'efforce lui d'amplifier sa dynamique actuelle et prévoit de rassembler plusieurs dizaines de milliers de personnes dans une marche à Paris, "Pour la VIè République".