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Procès des attentats du 13 novembre : qui sont les accusés ?

Cette photo est prise le 11 novembre 2015 dans une station service de Ressons-sur-Matz montrant Salah Abdeslam (droite) et Mohammed Abrini (gauche). Les deux hommes se rendent sur Paris. Les attentats du 13 novembre deront 130 morts.
Cette photo est prise le 11 novembre 2015 dans une station service de Ressons-sur-Matz montrant Salah Abdeslam (droite) et Mohammed Abrini (gauche). Les deux hommes se rendent sur Paris. Les attentats du 13 novembre deront 130 morts.
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Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’ouvre ce mercredi 8 septembre. La cour d’assises spéciale doit juger vingt personnes dont Salah Abdeslam, le seul rescapé des commandos. Qui sont les accusés ?

Ils étaient logisticiens, artificiers, convoyeurs ou membres de commandos. Ils sont vingt hommes à être accusés d'avoir contribué, selon l'enquête, à semer la mort le soir du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Quatorze accusés seulement seront présents dans le box des accusés ce 8 janvier devant les cinq magistrats de la cour d’assises spéciale. Six autres seront jugés par défaut. Cinq sont réputés morts comme les frères Clain. Un autre est détenu en Turquie. Il refuse son extradition.

Ces prévenus sont poursuivis pour "direction" ou "organisation" ou "participation" à une "association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteinte aux personnes".

Les 14 accusés présents


Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos du 13 Novembre

Le Franco-Marocain Salah Abdeslam, 31 ans, né à Bruxelles en 1989, est le seul membre des commandos du 13 Novembre encore en vie. Il était proche d'Abdelhamid Abaaoud (un de ses amis d'enfance), coordinateur de plusieurs attentats en Europe et chef opérationnel des commandos du 13 Novembre.
AP/ Via Police fédérale belge
AP/ Via Police fédérale belge
Salah Abdeslam "le dixième homme", l'unique survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015 en France, celui vers qui tous les regards se tourneront au procès des attentats qui s'ouvre en septembre à Paris.Il est resté muet lors de son procès en Belgique. Va t-il parler ? Ce sera un des enjeux du procès des attentats du 13 novembre.
 Membre de l'équipe des "terrasses", son frère aîné Brahim est mort en se faisant exploser au Comptoir Voltaire. Salah Abdeslam lui, a abandonné sa ceinture d'explosifs dans la soirée pour des raisons qui restent encore inconnues. Elle a été retrouvée dans une poubelle à Montrouge.

Il a depuis presque systématiquement gardé le silence face aux juges ou lors de son procès à Bruxelles en 2018 où il a été condamné à vingt ans de réclusion pour avoir tiré sur des policiers quelques jours avant son arrestation en Belgique le 18 mars 2016.

Salah Abdeslam doit encore être jugé en Belgique - probablement fin 2022 - pour le double attentat qui a fait 32 morts en mars 2016 à l'aéroport et dans un métro de Bruxelles. Depuis son arrestation à Bruxelles, Salah Abdleslam refuse de parler. Parlera-t-il ? C'est l'un des enjeux de ce procès.

Mohamed Abrini, le logisticien

Né le 27 décembre 1984, ce Belgo-Marocain de 36 ans est jugé pour avoir accompagné en région parisienne les commandos du 13-Novembre et participé à leur financement et à la fourniture de leurs armes. C'est également lui qui a loué les appartements de Bobigny (en Seine-Saint Denis) et Alforville (Seine et Marne) pour héberger les terroristes.
 
Mohammed Abrini est jugé pour avoir accompagné en région parisienne les commandos du 13-Novembre et participé à leur financement et à la fourniture de leurs armes.
Mohammed Abrini est jugé pour avoir accompagné en région parisienne les commandos du 13-Novembre et participé à leur financement et à la fourniture de leurs armes.
AP/ Police fédérale

Cet ami d'enfance des frères Abdeslam a été arrêté à Bruxelles en avril 2016. Il est détenu en Belgique depuis cette date et a été transféré en France pour le procès.

Il doit lui aussi être jugé en Belgique pour le double attentat-suicide de mars 2016 à Bruxelles. Des images de vidéosurveillance de l'aéroport de Zaventem avec deux des kamikazes qui s'y sont fait exploser lui ont valu le surnom de "l'homme au chapeau".

Mohammed Amri, 33 ans

Né le 7 août 1988, Mohammed Amri, 33 ans, un Belgo-marocain proche des frères Abdeslam, a reconnu être allé chercher Salah Abdeslam en voiture le soir des attentats pour le ramener en Belgique en sachant qu'il était impliqué dans les attentats.

Interpellé en Belgique le 14 novembre, il a été extradé en juillet 2016 en France où il est incarcéré depuis cette date.

Hamza Attou, 27 ans

Né le 4 mai 1994, Hamza Attou, un Belgo-Marocain de 27 ans, a été arrêté en Belgique au lendemain des attentats parisiens. Il avait accompagné Mohammed Amri pour aller chercher Salah Abdeslam de Paris. Remis à la France en juin 2016, il a été incarcéré avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire en mai 2018.
 
Des pompiers sont présents sur l'une des terrasses attaquées dans le 10ème arrondissement de Paris ce 13 novembre 2015. 130 personnes ont trouvé la mort lors des attentats du 13 novembre.<br />
 
Des pompiers sont présents sur l'une des terrasses attaquées dans le 10ème arrondissement de Paris ce 13 novembre 2015. 130 personnes ont trouvé la mort lors des attentats du 13 novembre.
 
AP Photo/Jacques Brinon

Yassine Atar, 35 ans.

Frère cadet d'Oussama Atar, né le 11 juillet 1986, ce Belgo-Marocain de 35 ans est soupçonné d'avoir détenu une clé de la planque bruxelloise où s'est réfugié Salah Abdeslam après les attentats.

C'est également dans cette planque qu'ont été fabriquées les ceintures explosives utilisées à Paris. Arrêté à Bruxelles en mars 2016, il a été extradé en juin 2018 vers la France où il est incarcéré.

 Sofien Ayari, 28 ans

Tunisien né le 9 août 1993, Sofien Ayari, 28 ans, a été le compagnon de cavale de Salah Abdeslam en Belgique. Ayant rejoint le groupe Etat islamique en Syrie fin 2014, il est revenu en Europe en 2015 accompagné d'Osama Krayem et d'Ahmad Alkhad.

Arrêté à Bruxelles en même temps que Salah Abdeslam en mars 2016, il a déjà été condamné à une peine de vingt ans de réclusion en Belgique pour avoir tiré sur un policier. Son ADN a été trouvé dans plusieurs planques ayant servi à la préparation des attentats du 13 novembre.

Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir voulu commettre ou préparer, avec Osama Krayen, un attentat à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol parallèlement aux attaques parisiennes.

Osama Krayem, 29 ans, compagnon de cavale de Salah Abdelslam

De nationalité suédoise, Osama Krayem, 29 ans, né le 16 août 1992, a rejoint la Syrie en 2014 puis regagné l'Europe par la route des migrants. Comme Sofien Ayari, il a été compagnon de cavale de Salah Abdeslam à Bruxelles après les attentats du 13 novembre.

Détenu en Belgique depuis avril 2016, il a été identifié comme l'un des bourreaux du pilote jordanien assassiné par l'EI début 2015 en Syrie. Il est impliqué dans les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles. Il a été transféré en France pour le procès.

Mohamed Bakkali, un des logisticiens du commando

Considéré comme un des logisticiens du commando, Mohamed Bakkali est accusé d'avoir loué des voitures en vue des attentats.
Mohamed Bakaki est l'un des logisticiens présumés des attentats du 13 novembre.
Mohamed Bakaki est l'un des logisticiens présumés des attentats du 13 novembre.
Police fédérale belge.
Détenu en France depuis 2018, ce Belgo-Marocain de 34 ans, né le 10 avril 1987, est également poursuivi pour la location, sous une fausse identité, de planques pour la cellule djihadiste de Bruxelles.

Par ailleurs accusé d'avoir été le chauffeur qui a ramené en Belgique Abdelhamid Abaaoud et le tireur de l'attentat déjoué par des passagers dans le train Thalys en août 2015, il a été condamné dans ce dossier à 25 ans de prison, en décembre 2020. Il a fait appel.

 Abdellah Chouaa accusé d'avoir apporté un soutien logistique

Dernier mis en examen de l'enquête, ce Belgo-Marocain de 40 ans, né le 30 mars 1981, est soupçonné d'avoir apporté un soutien logistique à la cellule qui a préparé les attentats. Fils d'un imam du quartier bruxellois de Molenbeek, il a été laissé libre sous contrôle judiciaire.

Ali El Haddad Asufi, accusé d'avoir fourni des armes

Ce Belgo-Marocain, 36 ans, né le 23 septembre 1984, était en contact régulier avec les membres de la cellule djihadiste franco-belge. Il est accusé d'avoir participé à la fourniture d'armes. Il est en détention depuis juin 2019.

Adel Haddadi et Muhammad Usman, les artificiers

Adel Haddadi, 34 ans, un Algérien né le 17 juillet 1987, et Muhammad Usman, 28 ans, un Pakistanais né le 15 mai 1993, ont été interpellés en décembre 2015, un mois après les attentats, dans un foyer de migrants en Autriche.

Les deux hommes ont quitté la Syrie et rejoint l'Europe par la route des migrants avec deux kamikazes du Stade de France. Ils sont soupçonnés d'avoir voulu commettre un attentat en France. Muhammad Usman est un ancien artificier de groupes djihadistes pakistanais réputés proches d'Al-Qaïda. Ils sont détenus en France depuis juin 2016.

Farid Kharkhach, le fournisseur de faux papiers

Belgo-Marocain, 39 ans, né le 4 juillet 1982, Farid Kharkhach est accusé d'avoir fourni des faux papiers à la cellule à la demande de Khalid El Bakraoui, un des auteurs des attentats de Bruxelles. Arrêté en Belgique en janvier 2017, il est détenu en France depuis juin 2017.

Ali Oulkadi soupçonné d'avoir aidé Salah Abdeslam à se cacher

Proche de Brahim Abdeslam, ce Français de 37 ans, né le 9 juillet 1984, est soupçonné d'avoir aidé Salah Abdeslam à se cacher à son arrivée à Bruxelles le 14 novembre mais a toujours nié avoir été au courant du projet terroriste de la cellule. Interpellé en Belgique le 22 novembre 2015 et remis à la France en avril 2016, il a été incarcéré avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire en juin 2018.

Jugés en leur absence :

Oussama Atar, l'un des responsables de la branche renseignement du groupe Etat islamique.

Né le 4 mai 1984, Oussama Atar est un vétéran du djihad identifié sous le nom de guerre d'"Abou Ahmed al-Iraki". Il est considéré comme l'un des responsables de la branche renseignement du groupe Etat islamique (EI).

Selon les magistrats français, ce Belgo-Marocain est l'ordonnateur des attentats parisiens. Jamais interpellé, il aurait été tué par une frappe occidentale en zone irako-syrienne en novembre 2017.

 
Ousmane attar est le cerveau présumé des attentats du 13 novembre. Il aurait été tué par une frappe occidentale en Syrie ou en Irak.
Ousmane attar est le cerveau présumé des attentats du 13 novembre. Il aurait été tué par une frappe occidentale en Syrie ou en Irak.
DR
 

 
Ahmad Alkhald, un des principaux artificiers de l'EI

Ahmad Alkhald est le nom d'emprunt derrière lequel se cache le Syrien Omar Darif (dont la date et le lieu de naissance demeurent inconnus), est considéré comme le seul acteur majeur des commandos du 13 novembre encore en fuite. Son ADN a été trouvé sur des ceintures explosives utilisées à Paris. Pour les enquêteurs, il était l'un des principaux artificiers de l'EI.
 
Fabien Clain est l'homme qui a revendiqué dans un message de propagande les attentats du 13 novembre à Paris.
Fabien Clain est l'homme qui a revendiqué dans un message de propagande les attentats du 13 novembre à Paris.
Via AP

Fabien et Jean-Michel Clain, les deux frères toulousains figures françaises du djihad

Figures du "djihad" français, ces deux frères toulousains auraient été tués en février ou mars 2019 dans une frappe aérienne en Syrie. Fabien Clain a été identifié comme l'homme qui a enregistré le message audio revendiquant les attentats du 13 novembre et dans lequel son frère Jean-Michel psalmodiait des chants religieux.

Ahmed Dahmani

Ce Belgo-Marocain, 32 ans, né le 13 avril 1989 et originaire de Molenbeek comme son ami Salah Abdeslam, est soupçonné d'être un logisticien de la cellule djihadiste ayant préparé les attentats. Ce petit délinquant radicalisé s'était enfui le 14 novembre 2015 en Turquie où il a été condamné en 2016 à dix ans de prison et écroué. Il y est toujours emprisonné.

Obeida Aref Dibo, un des cadres de l'EI

Ce Syrien était un cadre de la cellule des opérations extérieures de l'EI, proche d'Ahmad Alkhad. Cousin d'hommes impliqués dans la fuite de Ahmed Dahmani, il serait mort dans un bombardement en février 2016.