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Proche-Orient : la trêve entre Israël et Gaza enfreinte peu de temps après son entrée en vigueur

<p>Des policiers israéliens escortent un groupe d'hommes juifs sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, le 7 août 2022.</p>

Des policiers israéliens escortent un groupe d'hommes juifs sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, le 7 août 2022.

AP/Mahmoud Illean

Une trêve est entrée en vigueur dimanche 7 août à 20H30 GMT entre le groupe armé palestinien Jihad islamique et Israël, après trois jours d'hostilités qui ont coûté la vie à 43 Palestiniens dont des enfants. L'armée israélienne a cependant affirmé avoir mené des frappes sur des positions du Jihad islamique à Gaza, quelques minutes après sa mise en place.

La trêve aura été respectée quelques minutes. L'armée israélienne a affirmé avoir mené des frappes sur des positions du Jihad islamique à Gaza, quelques minutes après  l'entrée en vigueur de la trêve avec le groupe armé palestinien à 20H30 GMT.

"En réponse à des roquettes tirées vers le territoire israélien, l'armée frappe actuellement un large nombre de cibles appartenant à l'organisation terroriste Jihad islamique dans la bande de Gaza", a indiqué l'armée israélienne dans un communiqué envoyé à 20H33 GMT.

L'Égypte, à l'origine d'une médiation entre les deux protagonistes, avait appelé à une trêve à partir de 23H00 locales (20H30 GMT), d'après une source de sécurité égyptienne.

À Jérusalem, le bureau du Premier ministre Yaïr Lapid avait dit "pouvoir confirmer qu'une trêve entrera en vigueur à 23H30". "Si le cessez-le-feu est violé, l'État d'Israël se garde le droit de répondre fermement", avait-t-il ajouté, en remerciant l'Égypte "pour ses efforts" de médiation.

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À Gaza où il est implanté, le Jihad islamique avait confirmé qu'il "cesserait les hostilités"à partir de cette heure-là, mais a lui aussi averti qu'il se réservait "le droit de répondre à toute (nouvelle) agression" israélienne.

L'accord de trêve prévoit entre autres "l'engagement de l'Égypte à oeuvrer en faveur de la libération de deux prisonniers" du Jihad islamique aux mains d'Israël, avait affirmé le groupe palestinien.

Avant cette annonce, le Jihad islamique avait lancé plusieurs roquettes en direction d'Israël et de Jérusalem, qui ont été interceptées par le système de défense antimissiles israélien, selon l'armée.

Des Palestiniens inspectent leur maison après une frappe israélienne, le 7 août 2022 à Gaza.
Des Palestiniens inspectent leur maison après une frappe israélienne, le 7 août 2022 à Gaza.
AP/Fatima Shbair

Dans la bande de Gaza, 17 Palestiniens dont neuf enfants ont été tués dans la journée de dimanche dans les raids israéliens notamment sur Jabaliya, la ville de Gaza et Rafah, a indiqué le ministère de la Santé du mouvement armé palestinien Hamas, au pouvoir dans cette enclave sous blocus israélien depuis plus de 15 ans.

Depuis vendredi 5 août, date du début de l'opération israélienne ciblant le Jihad islamique dans l'enclave paupérisée, "43 Palestiniens sont tombés en martyrs dont 15 enfants" et "311 ont été blessés", selon un dernier bilan du ministère, qui a fait en outre état d'immeubles entiers détruits dans les frappes.

Sirènes d'alarme 

Aussitôt les roquettes tirées dans la journée de dimanche depuis Gaza, les sirènes ont retenti dans le secteur de Jérusalem, de Tel-Aviv et d'Ashkelon pour alerter sur ces projectiles et des habitants ont accouru dans les abris.

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En Israël, trois personnes ont été blessées par des tirs de roquettes depuis vendredi 5 août, selon des secouristes. Selon l'armée israélienne, des centaines de roquettes ont été tirées à partir de Gaza, mais la grande majorité ont été interceptées.

Les autorités israéliennes affirment par ailleurs que certains des morts palestiniens auraient été tués dans des tirs de roquettes ratés du Jihad islamique vers Israël, tombées dans l'enclave palestinienne de quelque 2,3 millions d'habitants.

À Gaza, le directeur de l'hôpital al-Chifa a affirmé que son établissement avait besoin d'urgence de médicaments et d'électricité pour continuer à pouvoir soigner les blessés. L'unique centrale électrique de Gaza a été fermée en raison d'un manque de carburant, quatre jours après qu'Israël a fermé les points de passage avec l'enclave en invoquant des raisons de sécurité.

Des Palestiniens prient face à des corps sans vie dont certains d'enfants après une explosion à Jebaliya au nord de Gaza, le 6 août 2022.
Des Palestiniens prient face à des corps sans vie dont certains d'enfants après une explosion à Jebaliya au nord de Gaza, le 6 août 2022.
AP/Abdel Kareem Hana

Au moment des tirs de roquettes vers Jérusalem, des centaines d'Israéliens célébraient une fête juive dans la Vieille ville située dans le secteur oriental de la Ville sainte, occupé par Israël.

Des nationalistes juifs se sont rendus à l'occasion sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam mais aussi site le plus sacré du judaïsme appelé Mont du Temple, suscitant des condamnations dans des pays arabes.

"Résultat extraordinaire"

L'armée israélienne a présenté son opération comme une "attaque préventive" contre le Jihad islamique, au cours de laquelle ses principaux chefs militaires à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, ont été tués de même que plusieurs combattants du groupe.

La mort des chefs militaires a été confirmée par le Jihad islamique, considéré comme "terroriste" par Israël, les États-Unis et l'Union européenne. Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé que l'opération à Gaza continuerait "aussi longtemps que nécessaire", qualifiant la frappe ayant tué samedi Khaled Mansour de "résultat extraordinaire".

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Les autorités israéliennes ont justifié leur opération par leurs craintes de représailles du Jihad islamique après l'arrestation de Bassem al-Saadi le 1er août en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël. L'Égypte doit s'employer à obtenir la libération de Saadi dans le cadre de l'accord de trêve, d'après le Jihad islamique.

Ces deux derniers jours, quelque 40 membres du Jihad islamique ont été arrêtés par les forces israéliennes en Cisjordanie. La confrontation entre Israël et le Jihad islamique est la pire depuis celle entre Israël et le Hamas en mai 2021. Cette dernière avait fait en 11 jours 260 morts côté palestinien dont des combattants et 14 morts en Israël, dont un soldat, d'après les autorités locales.