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Proche-Orient : retour sur 7 années de violences entre Israéliens et Palestiniens

Des Palestiniens fouillent dans les décombres d'un bâtiment  touché samedi par une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, lundi 8 août 2022.
Des Palestiniens fouillent dans les décombres d'un bâtiment  touché samedi par une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, lundi 8 août 2022.
AP Photo/Hatem Moussa

Ce samedi 06 août, les forces israéliennes ont bombardé la bande de Gaza, territoire palestinien sous blocus depuis 2007. Dans le même temps, le groupe armé Jihad islamique a envoyé des roquettes vers l'État hébreu. Cet affrontement marque le pire accès de violence locale depuis la courte guerre de 2021. Comment évoluent les rapports de force entre l'Armée israélienne et les différentes forces palestiniennes ? Retour sur sept ans d’affrontements depuis 2015.

240 Palestiniens et 36 Israéliens tués entre octobre 2015 et décembre 2016. 

En septembre 2015, l'esplanade des Mosquées est le théâtre de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens durant trois jours. Le troisième lieu saint de l'islam se situe dans Jérusalem-Est, secteur oriental de la Ville sainte annexée par Israël en 1967.

Le 1er octobre, un couple de colons est tué par des tirs palestiniens contre leur véhicule en Cisjordanie occupée. Le 9 octobre, les violences gagnent la bande de Gaza, où sept Palestiniens sont tués par des tirs israéliens. Le lendemain, Israël affirme avoir déjoué un attentat. Il mène un raid en représailles à un tir de roquette, tuant une Palestinienne enceinte et sa fillette.

Entre le mois d'octobre 2015 et la fin de l’année 2016, les violences coûtent la vie à 240 Palestiniens et 36 Israéliens, selon l’AFP. L’État hébreu désigne la plupart des Palestiniens tués comme auteurs ou auteurs présumés d'attaques anti-israéliennes. Ces attaques sont souvent menées à l'arme blanche. Elles surviennent en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, à Jérusalem et jusqu'en Israël.

Affrontements meurtriers autour de l’Esplanade des Mosquées en 2017

Le 14 juillet 2017, trois Arabes israéliens tuent deux policiers à Jérusalem. Ils sont ensuite abattus sur l'esplanade des Mosquées. Israël assure que les armes utilisées avaient été cachées sur l'esplanade. L’accès à l’esplanade est ainsi fermé durant deux jours.

Deux jours plus tard, les autorités israéliennes décident de mettre en place de nouvelles mesures de sécurité sur le lieu saint. Des détecteurs de métaux et des caméras sont installés aux entrées. 

À la suite de cette décision, de nombreuses manifestations éclatent. Le 21 juillet des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens font trois morts palestiniens à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Sous la pression internationale, Israël retire finalement l’ensemble des nouvelles mesures de sécurité le 25 juillet 2017. 

Les manifestations pour le "droit au retour" en 2018 

À partir du 30 mars 2018, des rassemblements hebdomadaires ont lieu dans la bande de Gaza, le long de la barrière de sécurité gardée par l'armée israélienne. Les manifestants réclament "le droit au retour" des Palestiniens chassés de leurs terres depuis la création d'Israël en 1948. Ils réclament également la levée du blocus israélien autour de la ville en vigueur depuis 2007.

Le 14 mai 2018, le jour du transfert de l'ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, une soixantaine de Palestiniens sont tués par l'armée israélienne lors de manifestations dans la bande de Gaza.

Au total, de mars 2018 à décembre 2019, près de 350 Palestiniens ont été tués par des tirs de l'armée israélienne. Durant la même période, huit Israéliens ont été également tués, selon l’AFP. 

Affrontements violents à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza en mai 2021. 

Le 3 mai 2021, des heurts éclatent dans le quartier de Cheikh Jarrah aux abords de la Vieille Ville de Jérusalem-Est. Ces affrontements surviennent en marge d'une manifestation de soutien à des familles palestiniennes menacées d'éviction au profit de colons juifs.

À lire : #CheikhJarrah : "Nous ne partirons pas", l'appel de la militante palestinienne Mona el-Kurd

Les affrontements se propagent. Du 7 au 10 mai 2021, environ 900 Palestiniens sont blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées. Par "solidarité" avec ce soulèvement, le Hamas tire plusieurs centaines de roquettes sur Israël visant également Tel Aviv et Jérusalem. En représailles, l'armée israélienne déclenche une vaste opération de frappes aériennes et terrestres sur la bande de Gaza.

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Par ailleurs, en 11 jours, 25 Palestiniens sont également tuées par les forces israéliennes en Cisjordanie occupée, selon l’AFP. 

De violentes attaques depuis mars 2022. 

Le 22 mars 2022, quatre personnes sont tuées dans une attaque au couteau et à la voiture bélier à Beersheva, principale ville du désert du Néguev (sud d'Israël). L'assaillant est mortellement blessé par des civils armés.

Plusieurs attaques palestiniennes sanglantes sont ensuite menées en Israël et en Cisjordanie dans lesquelles 19 personnes, en majorité des civils, perdent la vie.
Au cours de la même période, au moins 55 Palestiniens ont été tués, principalement en Cisjordanie occupée. 

Opération "préventive" contre le groupe Jihad islamique en 2022

Le 1er août, les autorités israéliennes arrêtent l'un des chefs du groupe Jihad Islamique, Bassem al saadi, en Cisjordanie. Quatre jours plus tard, l'armée israélienne lance une opération présentée comme "préventive" contre le Jihad islamique. Plusieurs chefs militaires du groupe sont tués à Gaza, Tayssir Al Jabari et Khaled Mansour, selon l’AFP.

À voir : Israël accentue son offensive contre le Jihad islamique
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En trois jours, 44 Palestiniens, dont 15 enfants, sont tués dans des frappes israéliennes sur l'enclave de Gaza. 360 blessés sont récences sur la même période. Les 7 aout 2022, une trêve négociée par l'Égypte entre en vigueur.

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