Info

Proche-Orient : une réunion d'urgence du Conseil de sécurité à l'ONU sous haute tension

<p>Des roquettes sont lancés depuis la bande de Gaza vers Israël, le 10 mai 2021.</p>

Des roquettes sont lancés depuis la bande de Gaza vers Israël, le 10 mai 2021.

AP/Khalil Hamra

Les affrontements au Proche-Orient doivent "cesser immédiatement" car ils risquent "de déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable" dans la région, a averti le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, en ouvrant la réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

"Le carnage a continué aujourd'hui. Ce cycle insensé d'effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement", a insisté Antonio Guterres lors de cette session en visioconférence à laquelle participent plusieurs ministres.

Selon des diplomates, une déclaration du Conseil est négociée en parallèle mais l'appui à un texte des Etats-Unis, qui s'y sont refusés depuis une semaine, restait incertain dimanche matin.

"Les affrontements doivent cesser immédiatement. Les roquettes et les mortiers d'un côté et les bombardements aériens et d'artillerie de l'autre doivent cesser", a aussi affirmé le secrétaire général de l'ONU.

Voir aussi : Proche-Orient : Gaza sous les bombardements

Chargement du lecteur...

"Les affrontements risquent d'entraîner Israéliens et Palestiniens dans une spirale de violence aux conséquences dévastatrices pour les deux communautés et pour toute la région", a-t-il poursuivi.

La violence "a le potentiel de déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable et d’encourager davantage l’extrémisme, non seulement dans les territoires palestiniens occupés et en Israël, mais dans l’ensemble de la région", a-t-il mis en garde.

Certains ne veulent pas utiliser ces mots - crimes de guerre et crimes contre l'humanité - mais ils savent que c'est la vérité.                                              Riyad Al-Maliki, ministre palestinien des Affaires étrangères

Les Palestiniens accusent Israël de "crimes de guerre"

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad Al-Maliki a, lui, accusé Israël de "crimes de guerre" devant le Conseil de sécurité de l'ONU, en dénonçant "l'agression" d'Israël contre "le peuple" palestinien et ses "lieux saints".

"Certains ne veulent pas utiliser ces mots - crimes de guerre et crimes contre l'humanité - mais ils savent que c'est la vérité", a-t-il dit lors de la réunion en urgence du Conseil de sécurité.

Voir aussi : Gaza : le domicile du chef du Hamas bombardé

Chargement du lecteur...

"Israël est impitoyable et implacable dans la poursuite de sa politique coloniale", a-t-il ajouté, en réclamant au Conseil de sécurité "d'agir pour mettre un terme à l'attaque" d'Israël contre les Palestiniens.

"Combien faudra-t-il de morts palestiniens avant une condamnation?", a-t-il aussi demandé alors que les Etats-Unis ont refusé par deux fois depuis une semaine un texte appelant à la fin des affrontements, proposé par la Tunisie, la Norvège et la Chine.

"A partir de quel seuil vous scandalisez-vous?", a aussi lancé le ministre palestinien.

Le Hamas a choisi d'accélérer des tensions, utilisées comme prétexte, pour commencer cette guerre.                            Gilad Erdan, ambassadeur israélien aux Etats-Unis et auprès de l'ONU

Un conflit "prémédité" selon Israël

L'ambassadeur israélien aux Etats-Unis et auprès de l'ONU, Gilad Erdan, a accusé le mouvement palestinien Hamas d'avoir "prémédité" une guerre avec Israël et de vouloir "s'emparer du pouvoir en Cisjordanie", lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient.

"Le Hamas a choisi d'accélérer des tensions, utilisées comme prétexte, pour commencer cette guerre" avec Israël, a affirmé le diplomate israélien, en évoquant une "manipulation palestinienne".

Il n'y a "aucune justification au tir aveugle de roquettes contre des civils", a-t-il souligné. Les Palestiniens "utilisent des boucliers humains", augmentant le nombre de victimes civiles, a assuré Gilad Erdan.

Voir aussi : Israël au "bord d'une guerre civile" ?

Chargement du lecteur...

Il a réclamé au Conseil de sécurité de l'ONU de condamner les attaques à la roquette, alors que ses 15 membres peinent à s'entendre sur une déclaration commune depuis une semaine.

Selon l'ambassadeur israélien, qui a salué le soutien apporté à son pays par les Etats-Unis, l'Etat hébreu n'avait "pas d'autre choix" que de riposter aux attaques des Palestiniens pour les faire cesser.