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Qu'est-ce que l'IBPES et ses cris d'alarme sur la biodiversité ? [A vrai dire]

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Un nouvel acronyme a fait son apparition dans les médias : l'IBPES. Il colporte une nouvelle effrayante : un million d'espèces vivantes seraient menacées de disparition dans les prochaines décénnies... L'IBPES a pour vocation de réunir et diffuser toute la connaissance scientifique sur l'état de la nature et de la biodiversité. 

Un chiffre impressionant était à la une de tous les médias en ce début du mois de mai :  un million d'espèces menacées de disparition dans le monde. A l'origine, la présentation à  l'UNESCO à Paris d'un rapport de l'IBPES qui s'annonce comme l'outil de réference pour tous les défenseurs de la nature et de la biodiversité.

Mais à vrai dire qu'est ce que l'IBPES et d'ou vient ce chiffre alarmant ? 

L'IBPES est l'acronyme anglais de "Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques". C'est un organisme qui a été mis en place en 2012  sur le modèle désormais célèbre du GIEC, le groupe des experts sur le climat.
 
Son objet : fournir des informations scientifiques sur l'évolution de la biodiversité et des écosystèmes dans le monde. Son secrétariat est basé à Bonn en Allemagne. Il vit des contributions volontaires des Etats membres :  ils sont 132 aujourd'hui. 

 
Les experts qui se sont réunis pour cette évalution mondiale ont pris en compte les publications scientifiques, les données gouvernementales...  Eux n'ont pas été sur le terrain mais c'est une gigantesques synthèse de l'existant.
Jean-François Silvain, président de la Fondation pour la Recherche sur la biodiversité

Au total, 450 experts du monde entier ont analysé 15 000 sources pendant 3 ans pour en faire la synthèse. Et, dans un rapport de 1500 pages, ils ont sorti ce résultat frappant les esprits. 

Ces "experts" sont donc des scientifiques : biologistes, écologues, mais aussi anthropologues... Des universitaires généralement.

Si, pour le moment, la valeur scientifique du rapport ne fait pas l'objet de contestation, il reste maintenant à prendre les décisions politiques qui en découlent et pour lesquelles l'IBPES ne peut rien. 
 
Pour Hervé Kempf, rédacteur en chef de "Reporterre", un quotidien en ligne sur l'écologie, le rapport IBPES est un outil majeur, mais le niveau de mobilisation des "décideurs" est encore insuffisant.
 
On est dans un état d'arrieration politique sidérant dans deux grands pays au moins : le Brésil et les Etats-Unis, qui mènent des politiques qui sont non seulement d'indifférence, mais presque d'accélération de la dégradation... On a là des logiques de recherche de la croissance économique à n'importe quel prix. 
Hervé Kempf, rédacteur du quotidien en ligne "Reporterre"
Ce n'est pas la première fois que différents organismes ou conférences sonnent l'alarme sur la dégradation de la nature. Un moment fondateur fut le Sommet de la Terre de Rio en 1992, voilà déjà 27 ans... Depuis, les réunions se sont multipliées et la situation s'est encore dégradée. 

Le prochain grand rendez-vous est celui de la "Convention de l'ONU sur la diversité biologique". C'est en Chine, l'an prochain .Les observateurs optimistes espèrent que, -muni de ce rapport implacable- les participants aboutissent à un accord concret et contraignant pour les Etats.